‹ La prix de la graceChapitre 14 sur 221 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

d'un trou assez grand pour y placer le poing. Il mortifiait en outre ses sens en ne leur permettant aucun plaisir innocent, et se refusant à voir, à entendre ce qui eût pu lui apporter de la satisfaction. Il récitait le plus souvent tout son office à genoux, et était continuellement dans une suave conversation avec Dieu. Tous les ans il consacrait quinze jours aux exercices de saint Ignace. On voyait à l'ameublement de sa chambre tout ce qu'il y avait d'exquis dans son amour pour la pauvreté. En vrai pauvre , il n'écrivait que sur de vieilles feuilles de papier ses admirables ouvrages. Il obéissait à son supérieur comme à Jésus-Christ, et ne savait rien faire sans sa direction. Quand un livre était achevé , il demandait humblement la permission d'en commencer un autre. En entendant louer ses beaux écrits , sa peine était vive ; tout honteux , il les méprisait, et témoignait en faire peu de cas. Sa mortification et son humilité prodigieuses embaumées dans l'amour de la Sainte Vierge lui faisaient une pureté angélique.

Le Père Vittelleschi , général de la Compagnie , satisfait de la manière dont il dirigeait le juvénat, lui envoya le brevet de recteur du noviciat de Madrid. Mais l'humble Père aimait mieux obéir à toutes les créatures que de commander à une seule. Plein do mépris pour lui-même, il se regardait comme un ignorant, incapable de remplir cette charge importante. Il s'excusa donc avec candeur sur son peu de santé, et eut la consolation de se voir employé aux missions. Il avait toiyours désiré être eavoyé dans les

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