‹ La prix de la graceChapitre 206 sur 221 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE ONZIÈME

exigée par l'immense distance qu'il y a entre les œuvres de là nature et celles de la grâce.

J'ai voulu foire cette remarque afin que les âmes qui sont en état de grâce, et qui sont par la grâce les épouses de Jésus-Christ, voient les faveurs que leur fait, même en cette vie, leur Époux bien-aimé, si elles lui sont fidèles , et pour qu'elles sachent que cette union et ce mariage spirituel avec Dieu ne manque pas d'incomparables plaisirs et de célestes délices , en comparaison desquels toutes les douceurs de la terre sont du fiel, et ses plaisirs des supplices. Mais l'âme qui est négligente dans le service de son Époux, et qui met son affection en autre chose qu'en lui , n'arrivera pas à ce bonheur; car Dieu est jaloux; lui seul veut être aimé, comme lui seul le mérite; lui seul a le droit d'être servi. Que l'âme connaisse donc ses obligations et ce à quoi il lui faut aspirer. Elle doit s'unir à Dieu par tout ce qu'elle est et tout ce qu'elle vaut , avec toute sa substance, tous ses accidents et ses puissances. Que son intelligence voie Dieu ; que sa mémoire conserve Dieu; que sa volonté ne veuille que Dieu, et qu'elle possède ce Dieu dans l'intime de son essence.

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