‹ La prix de la graceChapitre 212 sur 221 · Rom., vui · texte numérisé non relu

Rom., vui

ce que possèdent les autres. La grâce nous donne de plus grands titres pour que nous puissions nous dire et être réellement les maîtres de toutes choses , pour que le monde entier nous appartienne. Et ainsi, non-seulement le juste a dans la grâce et dans la vertu de plus grandes richesses que la possession de toute la terre , quand bien même la terre serait d'or; non-seulement il a le bon usage de toutes les créatures; mais en même temps il a sur elles un genre de domaine de grande excellence, et cela à beaucoup de titres.

Le premier titre , c'est qu'il est véritablement enfant de Dieu. Le Seigneur l'a adopté pour son enfant chéri , lui donnant le droit d'héritage à son royaume et à tous ses biens; et comme Dieu est Seigneur et monarque universel , il communique à son enfant la dignité de ce domaine et cet empire sur toutes choses. Judith appelle Dieu Seigneur de l'univers; celui qui est son enfant sera aussi maître de toute la terre ; car ce qui est au père est au fils, et cela est beaucoup plus vrai par rapport à Dieu , car il n'est pas nécessaire que ce Père céleste meure pour que son enfant hérite. Le Père étant éternel, il donne au temps opportun l'héritage à son enfant. Jésus -Christ, notre rédempteur; n'a pas dit : « Bienheureux les pauvres d'esprit parce que le royaume des cieux sera à eux » , mais « parce qu'il est à eux ». Et il n'a pas promis uniquement dans les béatitudes le royaume du ciel , mais aussi la possession de la terre. Dieu est le Seigneur du ciel et de la terre, et ainsi ses enfants véritables seront les seigneurs de la terre et du ciel. Considérant cette puissance et seigneurie des justes qui sera consommée au ciel parce qu'ils sont les enfants de Dieu , saint Anselme dit : * C'est un si grand honneur, que l'esprit humain ne le peut comprendre. Mais prenons un exemple. Voici un roi qui veut honorer

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