‹ La prix de la graceChapitre 49 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE SIXIÈME

la pauvreté et les tribulations. Le même apôtre 1 assure qu'aussitôt que Dieu l'a appelé par sa grâce, il a répondu sans prendre conseil de la chair et du sang, et sans écouter leurs exigences. Et il faisait cela si sincèrement qu'il se glorifiait , comme il le dit ailleurs f dans ses infirmités et les maux dont son corps était affligé. Le chrétien doit se considérer comme transformé en une nouvelle créature, comme appartenant à un autre pays et soumis à d'autres lois, animé d'une autre vie et d'un autre esprit, méprisant tout ce qu'on apprécie en ce monde, estimant tout ce qu'on y méprise. * Car en Jésus-Christ , dit l'Apôtre , la circoncision ne sert de rien, ni l'incirconcision , mais l'être nouveau que Dieu crée en nous 2 . » Tel est le bienfait de la grâce qui donne aux hommes un nouvel être , un être au-dessus de la création. C'est pourquoi l'on doit regarder ceux dont on peut croire pieusement qu'ils la possèdent comme des gens d'une autre nature plus divine, et comme les créatures d'un autre monde plus excellent, et sans comparaison supérieur à celui-ci. En effet, comme Ta dit saint Grégoire de Nazianze, t de même que Dieu nous a créés, ainsi après nous avoir créés il nous a restaurés et formés de nouveau , nous donnant un cachet plus divin qui surpasse de beaucoup la première création » . Or f si , par le bienfait de sa création et de sa formation primitive, l'homme a été créé pour être le roi de la nature, à quelle grandeur ne s'élèvera-t-il pas par la seconde création qui est plus divine et plus excellente ?

« Gai., i.

2 Gai. vi , 15.

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