CHAPITRE SEPTIEME
la grâce est non-seulement au-dessus de la nature créée, mais elle est une participation excellente et divine de )a nature incréée de Dieu.
Toutes les excellences de la grâce que jusqu'ici nous avons exposées sont très-grandes. Mais elles sont encore peu de chose , en comparaison de celles dont nous allons parler maintenant.
La grâce est supérieure à toute la nature , à tout ce qui peut être créé : voilà déjà une grande chose. Elle place l'homme dans un état surnaturel: ceci est plus grand. Elle le rend participant de la nature divine : c'est le comble. C'est beaucoup sans doute de placer l'homme dans un état surnaturel; mais l'établir dans un état divin est davantage encore. La grâce fait cela ; car non-seulement elle s'élève au-dessus de toute la nature, de la nature humaine et de la nature angélique , mais elle va jusqu'à réaliser dans l'être créé une très-excellente participation de la nature divine. Le premier qui nous signale cette sublimité de la grâce est l'apôtre saint Pierre, quand il dit que, par ses dons très-grands et ses précieuses richesses , nous devenons participants de la nature divine K Ce passage a été ainsi compris par saint Athanase , saint Augustin , saint Cyrille, saint Thomas et les autres Pères scolastiques, qui affirment que la grâce est une participation très-excellente de la nature divine , non une participation quelconque, mais dans un suprême degré et en tant que Dieu surpasse tout autre être , c'est-à-dire jusqu'à l'infini.
La grandeur qui se trouve ici est tellement merveilleuse
1 S. Petr., II, I, 4.