‹ La prix de la graceChapitre 57 sur 221 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

A quel sublime degré Von participe par la grâce à la nature divine, et comment aucun être ne lui est comparable.

L'excellence de la grâce , en tant qu'elle nous fait pariciper à la nature de Dieu , est si prodigieuse et si divine [u'un tel point demande à être étudié avec un soin tout pécial, et à être éclairé par la lumineuse parole des locteurs scolastiques. Tous sont d'accord à dire que la jrâce n'est pas une participation de Dieu dans un degré [uelconque, mais dans un degré très-excellent et souve- •ain, dans un genre de perfection suréminente, qui est en )ieu non virtuellement, mais formellement. Les savants comprennent cette proposition, mais nous allons l'expli- [uer pour tout le monde par un exemple. La nature du ioleil peut être participée de différentes manières , parce lue le soleil contient virtuellement certaines qualités, et il ;n possède d'autres formellement. Il contient virtuellement différentes influences; et les vertus minérales avec lesquelles il produit dans la terre les métaux, les pierres, iont le soleil n'a pas en soi les qualités , il les a seulement virtuellement en tant qu'il est la cause de ces effets. Mais, outre cela , il a d'autres qualités plus nobles , qu'il ne se contente pas de produire en dehors de lui-même, mais dont il tire sa propre beauté et son éclat, objet d'admiration pour le monde ; ces qualités sont dans le soleil en leur véritable être et leur vraie forme; elles s'appellent lumière, pureté, blancheur éblouissante, beauté. Par elles, le soleil réjouit toute la nature , enchante les regards et fait sentir à tous sa bienfaisante influence. Or , de même qu'il y a dans le

soleil ces deux genres d'excellences ou de qualités, ainsi il y a deux manières d'y participer : la première pour les métaux et les autres corps inférieurs qui participent seulement aux qualités virtuelles ; la seconde pour les étoiles et les autres météores eélestes qui participent aux qualités propres du soleil, à celles qui sont en lui avec leur même forme, comme la lumière et la pureté. Ainsi , bien qu'il y ait en Dieu virtuellement beaucoup d'excellences auxquelles on peut participer, puisqu'il est cause de toutes les excellences qui se trouvent dans les créatures , il y en a d'autres qui sont formellement en Dieu lui-même, qui sont très-excellentes et admirables , et qui sont le propre de son être infini et de sa nature. Or, l'excellence de la grâce consiste en ce qu'elle participe à la nature de Dieu de cette manière supérieure et à ce degré suprême, participant à sa nature elle-même en cet attribut, ou en ces attributs qui sont en Dieu formellement et rendent son être infini, admirable, unique , très-parfait , et excellent au-dessus de toute excellence. C'est ce que déclarent, de différentes manières, les docteurs scolastiques.

Dieu a l'être par lui-même i et dette propriété de n'exiS* ter que par soi-même , exclusivement pYopte à sa souveraine majesté, s'appelle aséitéi Or, la participation de la nature divine par la grâce eSt, selon un grand nombre de théologiens , la participation à l'être que Dieu tient dé son essence même, principe et source des perfections de Dieu et de l'infini qui se trouve en toutes ces perfections. Ainsi la grâce est une participation de cette très-excellente perfection de Dieu qui consiste à être, un être très-parfait, non participant ni dépendant de quoi que ée soit ; contenant en lui la plénitude de l'être;* étant à cause de cela un abîme et une mer de4outes les perfections possibles , et possédant

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