PRÉFACE. XIII
biens surnaturels et spirituels, les biens temporels, et donne même en cette vie le bonheur compatible avec notre position d'exilés. De là une différence capitale entre celui qui est en état de grâce et celui qui n'y est pas ; entre la faveur de Dieu et celle des hommes. De la sorte , il n'y a pas de félicité véritable sans la grâce; le plus grand des malheurs est d'en être privé. C'est alors que le Père Nieremberg, afin d'enflammer les désirs du lecteur , met sous ses yeux tout ce qu'ont fait les saints pour acquérir la grâce, pour témoigner l'estime qu'ils lui portaient.
Cinquième livre. Ici le pieux fidèle ne soupire plus qu'après ce bien incomparable. Il est temps de lui enseigner les quatre dispositions pour obtenir la grâce : la foi, la crainte de Dieu, l'espérance et la contrition ; deux moyens pour la conserver , la pénitence et la sainte vie ; différents degrés pour l'accroître et la porter au comble , consistant à ne pas la tenir oisive , mais à lui faire produire les œuvres qui se rapportent aux douze fruits du Saint-Esprit ; à ne pas se contenter des œuvres ordinaires des vertus infuses, mais à accomplir aussi par les do as de l'Esprit-Saint les œuvres héroïques des huit béatitudes; à monter plus haut encore, et à mener sur la terre la vie du ciel , s'employant tout entier à cet exercice angélique de l'amour de Dieu , qui est un effet et une œuvre propre de la grâce; et cela avec toute l'intensité, toute la ferveur et la diligence dont on est capable. L'auteur ensuite donne trois moyens pour conserver les richesses ainsi acquises ; la vie de foi , la pureté de