XIV PRÉFACE
l'âme , évitant autant qu'on le peut les péchés véniels , et la pureté du corps. Le pieux écrivain termine en mettant dans la main de son lecteur la clef d'or du mystère de son salut , c'est-à-dire qu'il lui donne les signes auxquels il reconnaîtra, autant que cela est possible ici-bas, s'il est en grâce avec Dieu, et s'il peut compter sur l'inestimable bonheur de mourir dans ce saint état.
Le Père Nieremberg appartient à l'époque où la théologie en Espagne atteignait son plus haut degré de splendeur. Né au moment où Tolet, Molina, Valencia descendaient dans la tombe, il toucha au temps de Suarez, Arrubal, Vasquez, Granado, Ripalda, Ruiz de Montpya, Esparza et Lugo. Gomme celle de toute cette brillante et sainte école , la doctrine de Nieremberg est abondante , variée , sûre , et avant tout vivifiée par un suc puisé dans les rapports les plus intimes avec le ciel. Dans les œuvres considérables de cet auteur, et spécialement dans l'ouvrage le Prix de la grâce, tout révèle un esprit cultivé par une étude infatigable, une immense lecture, et en même temps un homme céleste, angélique.
Admirables par le fond dans n'importe quel idiome qu'on les traduise, parce que la doctrine en ellemême est ravissante , les livres du Père Nieremberg sont surtout beaux en espagnol. Là le style est un véritable enchantement. La langue espagnole s'y montre avec sa pompe et son abondance proverbiales , simple dans sa majesté, douce dans sa force, et délicieusement harmonieuse. Le Père Nieremberg, sans y