‹ La prix de la graceChapitre 81 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE ONZIÈME

quatrième était semblable à un aigle. Ces animaux avaient chacun six ailes , et ils étaient pleins d'yeux à l'entour et au dedans, et ils ne cessaient le jour et la nuit de dire à|haute voix : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu tout-puissant. Quel est le but de cette description si détaillée du trône de Dieu et de ces esprits célestes avec des circonstances si admirables , si ce n'est de nous donner à entendre combien Dieu est admirable dans sa sainteté ? En effet , laissant de côté les autres grandes perfections de Pieu et ses infinis attributs , saint Jean célèbre sa seule sainteté au moment où il manifeste le plus sa gloire et ses perfections; car tous ces objets qui font partie du trône divin et qui l'entourent ne sont autre chose que les symboles des perfections et des attributs divins. Le siège de Dieu, si sublime et si élevé, signifie le suprême empire et la majesté qu'il a au-dessus de toutes choses ; la pierre sur laquelle il semble assis , son immutabilité ; l'arc-enciel , son éternité ; les vingt-quatre sièges des vieillards signifient sa sagesse ; les sept lampes , sa providence ; le tonnerre et les éclairs , sa toute-puissance ; la mer , transparente comme le verre, son immensité par laquelle il est présent en tout lieu. Les Séraphins , en couvrant les pieds et la tète de Dieu , symbolisaient son infinité , selon la remarque de saint Cyrille , parce qu'il n'a ni commencement ni fin. Ainsi, parmi tant de perfections, qui étaient toutes infinies, et que les Séraphins admiraient avec les milliers d'yeux dont * ils étaient pleins » , ce qui ravissait le plus tous ces esprits , c'était la sainteté. Négligeant les autres attributs , ils célébraient celui-là pour tous ; ils l'admiraient , ils le chantaient , ils l'acclamaient sans cesser ni le jour ni la nuit , répétant : Saint , saint , saint est le Dieu des armées ; comme s'ils n'avaient rien de plus à louer dans la nature divine que sa sainteté , laissant les autres noms et attributs comme n'étant pas nécessaires à mentionner , du moment qu'ils

célébraient sa sainteté par cet hymne très-divin , et par cette répétition du nom auguste de saint.

Ceci se trouve aussi indiqué dans le psaume soixantequatrième, où les Septante lisent : t Il est digne de vous, ô Dieu , qu'on chante dans Sion des hymnes à votre louange. » Mais saint Jérôme lit de son côté : « Dieu , la louange vous tait dans Sion. » Ces deux sens si différents s'accordent ensemble , si Ton considère ce que nous venons de dire ; car on loue Dieu pour ce qu'il y a de plus beau en lui, c'est-à-dire sa sainteté, et avec cette louange on peut taire tous les autres attributs. Nous voyons la même chose dans le psaume quatre-vingt-douzième. Là , David considère la majesté de Dieu avec les nombreux attributs divins qui l'enrichissent , sa beauté, sa toute-puissance, son empire, son immutabilité, son éternité, son infinité, sa fidélité. Après les avoir contemplés tous , il conclut que la sainteté doit être l'ornement de la maison de Dieu , qui est Sion , sans faire mention des autres perfections divines. C'est pour la même cause que Dieu se glorifie tant de fois du nom de Saint d'Israël ; c'est en effet la plus grande louange qui lui appartienne ; et elle est telle qu'elle renferme tous ses autres attributs. David ayant à exalter la génération éternelle , dans laquelle le Père communique au Fils toute sa substance avec toutes ses perfections et ses attributs , ne mentionne que .la sainteté , faisant intervenir le Père éternel , qui dit à son Fils : * Je vous ai engendré de mon sein au milieu de l'éclat de la sainteté '. « Un autre texte, d'après l'hébreu , dit : * Dans des splendeurs de saintetés » , parce que c'est le plus glorieux nom parmi les noms divins, et qu'il domine tous les attributs de Dieu. Et ainsi il dit non-seulement « sainteté*, mais <t saintetés » au nombre pluriel ; car la nature divine est sainteté ; sa toute-puissance est sainteté ; sa sagesse est

* Ps., CIX.

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