PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE ONZIÈME
beaucoup; une chose de tant de valeur demande à être mise à profit par nous.
Il ne suffit pas de ne pas perdre la grâce ; il ne suffit pas de la garder; mais il faut la faire fructifier et l'accroître de toutes nos forces. Que celui qui est saint, dit le Seigneur, se sanctifie encore. Celui qui a donné les talents veut qu'on les augmente de plus en plus. Nous devons avoir pour la grâce les saintes sollicitudes que le prophète Isaïe et l'apôtre saint Jean nous montrent dans les Séraphins qui acclamaient la sainteté de Dieu avec un cœur brûlant de désirs et battant de toutes ses forces. C'est pour cela qu'ils volaient avec les ailes du cœur, et rafraîchissaient ainsi l'ardeur de leur amour. Loin de nous toute défaillance , toute lâcheté, quand il s'agit d'estimer, de défendre et d'acquérir une chose si précieuse ! Notre âme doit aspirer à la sainteté, et il faut que nos yeux et tous nos membres la désirent. Le dessus de la porte du temple fut ébranlé par les voix des Séraphins qui acclamaient la sainteté de Dieu. Que ces acclamations fassent aussi impression sur nous; soyons ébranlés comme les portes du temple, pour que, enflammés d'une charité et d'une ferveur séraphique, nous nous approchions de plus en plus de Dieu, et nous perfectionnions notre esprit. « Dans ces sublimes puissances », dit saint Cyrille, en parlant des Séraphins, & il n'y a pas de froideur parce qu'elles sont très-proches de Dieu; ainsi nous, de la même manière, par la foi et la bonne vie conforme à la loi de Dieu, unis à lui, nous nous perfectionnons, brûlant du feu de la ferveur et embrasés de la charité 1 . *
1 S. Cyril., in Isaïam y lib JL