‹ La prix de la graceChapitre 89 sur 221 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

En quel sens la grâce , qui est une participation de la nature divine, est infinie.

Voici une autre particularité , une autre grande excellence de la grâce qui mérite d'être considérée attentivement : la grâce, étant une participation à la nature divine, n'a ni bornes ni limites. De même que la nature divine est infinie, ainsi la grâce, qui est une si notable participation d'une chose infinie, n'a pas de bornes, ni de mesure limitée quant à son accroissement. * La grâce de Dieu, dit saint Chrysostôme, n'a pas de fin; toujours elle s'augmente '. » C'est un privilège singulier de cette très-noble qualité; car toutes les natures des choses » créées en dehors de Dieu ont des limites dont elles ne peuvent sortir. Le feu a des degrés déterminés de chaleur, et la neige des degrés déterminés de froid, que ni l'un ni l'autre ne dépassent jamais. L'ange a aussi la limite marquée de sa sphère, en dehors de laquelle il ne peut aller. Mais la grâce n'a pas ce défaut d'étendue; elle n'a pas par elle-même de terme et ne connaît pas de bornes; elle peut croître de plus en plus .et s'augmenter, sans excéder ce qui convient à sa nature, comure le prouve saint Thomas 2 en parlant de la charité. Or, la raison qui vaut pour la charité vaut pour la grâce, plus même pour la grâce que pour la charité, si réellement ces deux habitudes sont différentes. Voici la raison que donne le saint docteur. Il n'y a rien par quoi la charité et la grâce se puissent limi-

1 Hom. ix, ad Rom.

a îî, 11, q.24, art. 7.

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