‹ La prix de la graceChapitre 97 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE. - CHAP. QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - CHAP. QUATORZIÈME

d'un membre de la famille de Jésus-Christ qu'étant méchant, il est esclave du démon. Ce qui ne serait pas digne d'un homme, qu'on ne le puisse jamais dire d'un frère de Dieu; et ce qui serait indigne d'un ange, que jamais on ne le puisse dire de l'homme. Puisque nous sommes plus honorés que les anges, nous devons être meilleurs qu'eux ; nous y sommes obligés par cette très-haute participation de Dieu, et par l'honneur qu'a reçu notre nature dont Jésus-Christ est un membre, le membre le plus noble puisqu'il est notre chef, et qu'il n'est pas moins qu'un Dieu.

Saint Jean Chrysostôme va nous apprendre ce à quoi nous oblige un si grand honneur : « Honorons notre chef; pensons sérieusement à qui nous appartenons, et de quelle tète auguste nous sommes le corps : toute créature est soumise à sa domination. Assurément nous devons nous efforcer de nous montrer meilleurs que les anges. Que dis-je, meilleurs : beaucoup plus excellents que les archanges eux-mêmes, car il nous a accordé un incomparable honneur dont ils ne jouissent pas. Dieu, comme le dit saint Paul, n'a pas «pris la nature angélique, mais il a voulu descendre de la race d'Abraham. Il n'a choisi ni une Puissance v ni une Domination, ni une Vertu, ni enfin une nature d'ange ; c'est notre nature qu'il a prise et restaurée; et il l'a fait asseoir sur son trône. Que dis-je? Cette précieuse pourpre de sa chair; il a mis toutes choses à ses pieds. » Le saint docteur ajoute : « Je vous en prie, honorons donc cette parenté légitime et étroite que notre chair a contractée avec Jésus-Christ. Craignons qu'il n'y en ait quelques-uns parmi nous qui soient retranchés de son corps; qui fassent quelque chute; qui se rendent indignes d'un si noble chef. Si quelqu'un nous mettait sur la tête un diadème , une couronne d'or très-précieuse, que ne ferions-nous pas pour paraître dignes de ces pierres d'un si grand prix, bien que mortes et sans âmes? Aucun

diadème n'a été déposé sur notre tète; mais nous avons quelque chose de bien plus excellent : Jésus-Christ s'est fait notre chef, et nous n'estimons pas une telle couronne ! Ce chef auguste, les anges, les archanges et toutes les Puissances du ciel l'entourent d'honneur, et nous qui sommes le corps de cette tète, nous ne la vénérons pas ! Quelle espérance nous reste donc d'arri er au salut éternel? Souvenez- vous de ce trône royal; rappelez à votre mémoire la grâce si excellente de l'honneur qui vous a été fait. Cette pensée peut nous causer encore plus d'effroi que si nous mettions l'enfer devant nos yeux. Quand bien même il n'y aurait pas d'enfer, depuis que Jésus-Chrisl nous a fait un tel honneur, quels tourments ne mériterait pas la profonde ingratitude dont nous nous rendrions coupables en devenant pécheurs, et ainsi indignes d'une pareille gloire ? Quel châtiment ne devrait-on pas souffrir en punition de si peu de reconnaissance ? Pensez en vousmême auprès de qui est votre chef, et cela suffira pour vous porter à accomplir toute espèce d'oeuvre de piété et de vertu, car votre chef est la chose la plus proche de Dieu; il se tient à la droite du Père, assis sur un trône au-dessus des Principautés, des Puissances et des Vertus. Serait-il possible que le corps d'un tel chef fut outragé et foulé au pieds par le démon ! Oh ! qu'il n'en soit pas ainsi , et que désormais le corps de Jésus-Christ ne subisse plus cette injure. Les plus grands serviteurs de Dieu honorent en tremblant votre chef; et vous jetteriez son corps sous les pieds de ses ennemis ! Quel juste châtiment vous mériteriez ! Si un homme enchaînait les pieds de son roi, est-ce qu'il ne serait pas condamné comme traître à la peine capitale? Et vous jetez le corps tout entier de Jésus-Christ aux démons; et un si grand crime ne vous cause pas d'horreur ! » Saint Jean Chrysostôme dans ce passage nous explique quel cas nous devons faire àe la faveur insigne que D ieu nous a accordée de s'unir à

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