‹ La procession des chasses à Châlons, lundi et mardi de la PentecôteChapitre 3 sur 18 · DOCUMENTS INÉDITS · texte numérisé non relu

DOCUMENTS INÉDITS

OrDO EcCLESIEd) CaTHALAUNENSIS, XIII® SIÈCLE.

(Bibliothèque nationale : Fonds latin, FF. 95-99) (2).

Feria secunda Pentecostes .

Fini ta missa, signa nostra insimul pulsantur. Et nos cum processione ordinata cum crucibus et cereis et aqua benedicta et thuribulo usque ad pôrtam sitam super vicum publicum qui dicitur magnits viens pergi-

Le lundi de la Pentecôte,

Dès que la messe est terminée, on sonne toutes nos cloches. La procession se forme, et nous nous avançons avec les croix, les cierges, l'eau bénite et l'encensoir jusqu'à la porte qui s'ouvre sur la voie publique.

(1) Je laisse ses formes archaïques à Tortbographe latine ou française des documents qui suivent.

(2j Cet exemplaire de VOrdo de la Cathédrale, possédé aujourd'hui par la Bibliothèque nationale de Paris, a une histoire ; une note du quinzième siècle, écrite sur un des feuillets de garde du livre, en indique la provenance. Voir mon travail : Jeanne d'Arc en Champagne, note inédite d'un Contemporain de la Pucelle, etc. (1880), pages 5 et 6.

mus. Kl ibi, canonicis de insula pheretrum sancti Leudomiri secum deferentibus obviantes recipimus.

Et decanus vel ebdomadarius in capa de pallio(i) dictum pheretrum incensat et aqua benedicta aspergit.

Deinde canonici nostri illud humeris sustantantes, in ecclesiam nostram deducunt usque ad altare, cantando responsorium : Leudomire^ paterf^). Tune parvum pheretrum primo de ecclesia effertur ; secundo, pheretrum sancti Lupentii, cantando antiphonamO) : Hic est vir.

Postea effertur pheretrum sancti Leudomiri a canonicis de insula. Ultimo archidiaconi alieque persone ecclesie nostre pheretrum sancti Alpini elïerunt per

dite la grande rue. Nous recevons là les Chanoines de (Toussaint en) l'Ile portant avec eux la châsse de saint Lumier. Le doyen ou le semainier, revêtu de la chappe de soie, encense la susdite châsse, et Tasperge • d'eau bénite. Alors nos chanoines en chargent leurs épaules, et la portent dans notre église jusqu'à l'autel, en chantant le répons :

Leiidomire, pater. Aussitôt on sort de l'église d'abord la petite châsse, puis celle de saint Louvent, au chant de l'antienne : Hic est vtr, La châsse de saint Lumier vient ensuite, portée par les chanoines de l'Ile ; en dernier lieu, les archidiacres et les autres dis^nitaires de notre église s'avancent par

(1) Capa de pallio. Ces sortes de chappes étaient généralement d'étoffe de soie ou de matière encore plus précieuse. V. du Gange. V Pallium. Mais la chappe dont il est question ici était de soie. (V plus bas VOrdo de Toussaints.)

{^) Les antiennes et les autres morceaux liturgiques indiqués dans ce Cérémonial, appartiennent soit à l'ancienne liturgie châlonnaise, qui resta en usage dans le diocèse jusqu'au dix-huitième siècle, soit aux offices propres des abbayes de Châlons. On les trouvera réunis au n** III de l'Appendice.

(S) Les Ordo du Chapitre, de M'" Meignan et du Grand-Séminaire, mettent an£i>/ionam; celui de la Bibliothèque nationale écrit seul responsorium, et c'est à lort.

portam ecclesie dextre partis cum reverentia et honore, cantando ^. Sancte Pontif ex Alpine, Et tune nos et canonici de insuia, et canonici sancte Trinitatis et (canoniciki)) sancte Marie de vallibus cum processione ordinata sine thuribulo et aqua benedicta corpora sanctorum ad laudem Dei et patrie liberationem de claustro exeuntes per portam vicinam Loremeriis(*i) ad sanctum Petrum pergentes deportamus.

Intérim matricularii ecclesie nostre sedes préparant ad recipiendum corpora sanctorum, quas sedes débet mafifister fabrice; et illos

la porte du côté droit de l'église, portant avec respect et vénération la châsse de saint Alpin, pendant le chant du répons : Sancte pontifex Alpine. Alors, réunis aux chanoines de l'Ile, à ceux de la Sainte-Trinité et à ceux de Notre-Dame-en- Vaux, nous nous avançons en procession sans encensoir, ni eau bénite. Nous sortons du cloître par la porte voisine des Lormiers, nous dirigeant vers Saint- Pierre, et portant les corps des Saints, à la gloire de Dieu et pour la délivrance du pays.

Pendant ce temps-là, les marguilliers de notre église préparent l'estrade où doivent être placés les corps des Saints. C'est le maître de la Fabrique qui doit la procurer, aussi bien qu'il

(1) Les Ordo G S. el W M. ajoutenl ce mot.

(2J La porte près des Lormiers. Les Lormiers fabriquaient les petits objets de fer ou de cuivre qui entraient dans la composition des selles et harnais de chevaux. Lormarius, dit du Gange (verbo Lormarius). faber minutorum operum ferrariorum vel œneorum, quœ inserviunl frœnis, ephippiis et aliis hajus modi. On appelait aussi de ce nom les orfèvres. V. Du Gange, V merum el Liltré, v Lormei-ie.

qui portant pheretra ecclesie nostredebet(i) procurare.

Et monachi cum processione preparata corpora sanctorum in ecclesia sua, cantando ^. Concède^ deducunt. Et tune canouici nostri pheretrum sancli Elaphii de ecclesia efferunt cantando antiphonam : Confessor Dominii^) Elaphi. Monachi vero extra porta m sue abbatie nos couducunt.

Deinde ad sanctum Memmium pervenientes (ejusdem Ioci(3)), canouici de ecclesia egressi ad processionem nos recipiunt, et corpora sanctorum in ecclesia sua(4) recipientes, cantant ÇT. Concède nobis; et, finito responsorio, canouici nostri corpus beati Memmii cum sanctis Donatiano et Domiliano de sede sua levantes, pheretrum beati Memmii de ecclesia effe-

doit trouver les porteurs des châsses de notre église.

Les moines (de Saint- Pierre), rangés en procession, introduisent les corps des Saints dans leur église, en chantant le répons : Conrcède, Aloi*s nos chanoines sortent de Téglise ^abbatiale) la châsse de saint Elaphe, en chantant l'antienne : Corirfessor Domini Elaphi, Les moines nous accompagnent jusqu'à la porte de leur abbaye.

Quand nous sommes parvenus à Saint-Memmie, les chanoines de ce lieu, sortis de Tégiise au-devant de la procession, nous reçoivent et mtroduisent les corps des Saints dans leur église en chantant le répons : Concède nobis. Dès qu'il est fini, nos chanoines viennent lever le corps de saint Memmie et les corps de saint Donatien et de saint Domitien, et eux-mêmes trans-

it) L'extrait de notre OrJo fait par le chanoine de Toussaints porte debent.

[2) Con/essor Dei (M»' M...

v3) Ces deux mots manquent à la B. N.

(4) Sua manque dans les auUes exeuiplaires.

runt cantantes çr. Aime decus. Et intérim pheretrum sancti Memmii cum aliis septem(i) pheretris, pheretro sancti Memmii ultimo subséquente (2), ad nostram ecclesiam deducentes ad

portent hors de l'église la châsse de saint Memmie,en chantant le répons : Aime Decus, Cependant nous conduisons vers notre église la châsse de saint Memmie et les sept autres châsses;

(1) L'extrait de Tancien Ordo de la Cathédrale fait par le chanoine de Toussaints porte : Cum aliis sex pheretris ; ce qui me fait dire qu'originairement on ne portait que les reliques de nos Saints locaux, et que la petite châsse des Apôtres fut ajoutée dans la suite des temps! On trouvera un peu plus loin ce texte ancien.

(2) L'ancien Ordinaire de Tabbaye de Saint-Memmie, dont nous publions plus bas le cérémonial pour la procession des châsses, marque ici une particularité intéressante. On possédait encore, parait-il, le bâton pastoral du saint Apôtre de Châlons, comme le texte suivant semblerait l'indiquer : Hector parochiœ sancti Martini defert ante capsam sancti Memmii croceam stMm. « Le curé de Saint-Martin de Saint-Memmie porte, à la Procession, devant la châsse du Saint son bâton pastoral. •»

Un autre texte du même Ordinaire nous confirme dans ce sentiment. A la procession du lundi des Rogations, où les chanoines de Saint-Memmie se rendaient à la Cathédrale, le curé de la paroisse Saint-André, dont le siège était l'église abbatiale de Saint-Memmie. portait la crosse ou bâton pastoral de notre Saint, et le curé de Saint-Martin, la petite châsse dite de Saint-Memmie, probablement à cause des saintes reliques qu'elle renfermait : Prima die Rogationum, post missam, très pueri in albis ante allare ; duo ferant cruceSt et alius laternam. Et post eos rector parochiœ et curatus sancti Martini in capis de pallio indiiti tenent reliquias. Rector parochiœ istius ecclesiœ baculum sancti Memmii, et curattts sancti Martini scriniolum sancti Memmii Voir, plus loin, au n* V, le texte in extenso.

Voir aussi le Catalogue des cures du diocèse de Chantons, imprimé par ordre de M" de Choiseul- Beaupré, évêque, comte de Chaalons, etc. In-4», ChoaUms, Seneuze, 1749, pages 3 et 4.

A Sainl-Meinmie, il y avait deux paroisses : Saint-André, litre

pontem Nauted) slatioaem facimus; et ibi decanus ecclesie nostre capa de pallio indutus unumquodque pheretrum incensal et aqua benedicta aspergit.

Quo facto, illi qui portant pheretra nos expectant donec eos transierimus. Et cum pervenerimus ad vicum qui vergit(2) ad Fratres minores, cantor incipit : Te Deum laudamusi^) , E. dum cantatur, intrantes claustrum nostrum, per vicum mûris civitatis vicinum euntes, in ecclesiam nostram venimus per portam majorem. Et ibi episcopus indu-

celle de saint Memmie marche la dernière. Nous faisons une station au pont de Nau. Là le doyen de notre église, revêtu de la chape de soie, encense les châsses, Tune après l'autre, et les asperge d'eau bénite.

Après cette cérémonie, les porteurs des châsses nous laissent le temps de passer devant eux. Et lorsque nous sommes arrivés à la rue qui conduit aux Frères Mineurs (Gordeliers), le chantre entonne Te Deum laudamus.

Pendant qu'on le chante, nous entrons dans notre cloître, et, suivant la rue qui côtoie les murs de la ville, nous arrivons à notre

attaché au prieuré conventuel, ayant pour curé le Prieur de l'abbaye, et Saint-Martin, dont le curé était à la nomination de l'abbé de Toussai nts.

(1) Le môme Ordinaire de l'abbaye de Saint-Memmie. ajoute ces mots qui donnent la raison du chant du Te Deum k cet endroit : Ad pontem Naudse. ubi beatus Memmius puerum suscitavU. C'était là. d'après la tradition, qu'availeu lieu le miracle de la résurrection du flls du gouverneur.

(2) Qui vertitur (Chapitre); quo itur (T. SS ;; qui vertit (G. S et W M.).

(3) L'Extrait du plus ancien Ordo de Cbâioiis, par le chanoine de Toussaints^ dit : Cantore incipienle Te Deum, per novum castellum divertenles ad ecclesiam nostram redimus, et ibi episcopus

lus capa de pallio unum quodque pheretrum incensaiis et aqua benedicta aspergeas in ecclesiam beati protomartyris Stephani deducit, et in sede (suad)) preparata sanctum Memmium cum sociis suis in dextra parte facitcollocari, Pheretrum sancti Alpini in sedis medio situatur cum duobus pheretris ecclesie nostre ; pheretrum sancti Leudomiri el sancti Elaphii in sinistra parte ponuntur, ita quod(2) pheretrum sancti Leudomiri vicinius est nostris pheretris. Et in majori pulpito(3) debent accendi duodecim cerei.

église par la grande porte.

Là, Tévêque revêtu de la chappe de soie, après avoir encensé et aspergé chacune des châsses, conduit saint Memmie et ses compagnons dans l'intérieur de Téglise du premier martyr saint Etienne, et le t'ait placer à droite sur l'estrade qui a été préparée. Au milieu, il fait mettre la châsse de saint Alpin avec les deux (autres) châsses de notre église; les châsses de saint Lumier et de saint Elaphe sont placées à gauche, de telle sorte que la châsse de saint Lumier soit la plus rapprochée des nôtres(4). Et sur le grand jubé, on doit allumer douze ciersresis).

U) Extrait du chanoine de Toussaints el M»' M. (i) Le môme Extrait et W M. portent : Itaque.

(3) Pulpitum, ambo, jubé. Y. du Gange, V» Pulpitum.

(4) Les reliques étaient ainsi disposées en trois groupes sur l'estrade :

«e GROUPK. if' GROUPE. 3e CROUPB.

Saint

%u>tien

Saint llemmifl.

Saint Domiiieu.

Petile Cijâste.

Saint Alpio.

Saint Loii\eiil.

Saint Lumier.

Sunt Bb|)lie.

(5) OÙ était alors le jubé? Vraisemblement, il séparait le chœur du sanctuaire à l'intersection de la nef et des transepts, comme semblent l'indiquer, d'une part, l'absence des colonnettes et, d'autre part, la représentation des deux ligures humaines en style du XIIP siècle, placées sous les chapiteaux à cet endi-oit. Plus tard, après l'incendie de 1668, le jubé fut reporté plus bas, à l'entrée du chœur actuel, à la travée qui le précède.

Post hec cantamus |ir. Sini Iwnbi vestin precincti. Et oblationes factas ad pheretrum sancti Memmii et sancti Alpiai débet habere thesaurarius sancti Memmii, qui débet sacriste et matriculariis ecclesie nostre^i) cenam illa nocte : de carnibus arietinisadalouax, postea pastilles de puUis cum vino sufficienti, ultimo vinum Bemanseii) cum pomis de giraudelloi3) vel de durello. Et débet cuilibet al tari ecclesie nostre quinque candelarum petias(4) ministrare, et episcopo octoginta. Et ad matutinas débet candelas ministrare per chorum nostrum.

Ad vesperas super psalmos de feria antiphona :

Nous chantons ensuite le répons Si7it lumhi vestri prœcincti. Les offrandes qui sont faites à la châsse de saint Memmie et à celle de saint Alpin appartiennent au trésorier de Saint-Memmie, qui doit offrir ce soir-là au sacristain et aux marguilliers de notre église un souper ainsi composé :

Aloyau de mouton, hachis de poulets, avec une bonne mesure de vin, et pour finir, du vin de Beman, et des pommes de Giraudelle ou de Durelle. Il doit en outre donner cinq piècesii) de cierges à chaque autel de notre église, et quatrevingts à Tévêque. A matines, il doit fournir les cierges pour notre chœur.

Aux vêpres, les psaumes sont de la férié, avec Tan-

(1) B. N., G. s. et M»' M.

(2) Bemense (G. S. el M»' M.) ; Bibemmse {Ord" S. Memmie) ; Bernause (Chap.). Ne serait-ce pas le vin du crû de Bernon, vin bien connu encore à Epernay, ou plutôt un vin du Vicus Bernvm, situé dans le pays de Vertus^ et que Charles -le-Chauve donna par charte de 860 à l'église Saint-Etienne de Châlons ? (Voir deux chartes de Charles-le-Chauve sur ce sujet, Collection de Champagne, t. IX, p. 91, et Fradet, Mémoires manuscrits, pages 113-117.)

(3) Sic B. N., G. S. et W M.; Giroudello (Chap.).

(4) Cinq pièces de cierges : cinq cierges.

Dum œmplerentur^ yinnus :

Beata nobis gaudia^ versus :

Spiritxis Domini replevit. Ad Magnificat^ antiphoaa : Non enim misil, Duo pueri cantant Benedicamus. Dumcantatur Magnificat^ chorialis mit lit aiium presbyterum ad incensandum corpora sanctorum cum ebdomadario.

Finitis vesperis, cum processione ordinata cum crucibus et thuribulis et cereis, chorus dexter per partem dexteram cum una cruce»

cum uno cereo et (unod)) thuribulo, et chorus sinister per partem sinistram similiter exeuntes conveniunt(2) ante sanctos. Tuuc chorialis incipit antiphonam de sancto Memmio : Memini, Et dexter chorus intoiiat Magnificat, Et dum cantatur Magnificat, duo presbyteri incensant corpora sanctorum, et chorialem, et personas. Fiiiito Magnificat, cantamus (3) antiphonam.

tienne : Ciimcompl€renlur\ l'hymne : Beata nobis gaudia; le verset : Spirittis Domini, A Magnificat y Tantienne : Non enim misit.

Deux enfants chantent le Beiiedicamus, Pendant le chant du Magnificat, le choriste envoie un autre préLre encenser les corps des Saints avec le semainier.

Après les vêpres, nous formons la procession avec les croix, les encensoirs et les ci^ges; le chœur de droite s'avance par le côté droit avec une croix, un cierge et un encensoir ; le chœur de gauche, par le côté gauche, et dans le même ordre ; et nous nous réunissonsdevant les Saints.

Alors le choriste commence l'antienne de saint Memmie : Memini. Et le chœur de droite entonne Magnificat; fit tandis qu'on le chante, deux prêtres encensent les corps des Saints, puis le choriste et les digni-

(L) B. N., G. S. et M'' M.

(2) Conveninius (Chap., et aliij.

(3) Recanlainus (G. S. et W M ), dans le sens de nuire Duplicatur anliphona.

Postea chorialis dicit versum : Ora pro nobis, béate Memmi ; et presby ter ebdomadarius(i) orationem de sancto Memmio, in fine cujus dicit : Per Christum Dominum nostrum, Iterum chorialis incipit an tiphonam :

Fulgebunt Justi\ postea di-

cit versum : Letamini in Domino. Et alius presbyter, orationem de sancto Lupentio cum alia oratione de sanctis confessoribus, quas orationesconcluditsubuno :

Per Dominum, Uni^ puer dicit Benediccrnivs, Deinde eo ordine quo venimus in chorum, redimus.

Matutine pulsantur ante solis occubitum(-2). Ad matutinas cantant duo subdiaconi invitatorium : Cuncti-

taires. Quand le Magnificat est fini, nous chantons Tantienne. Ensuite le choriste dit le verset : Ora pro nobis, béate Memmi, et le semainier récite Toraison de saint Memmie, à la fin de laquelle il dit : Per Christum Dom^inum, nostrum,. Le choriste commence encore Tantienne:

Fulgebunt justi, ensuite il dit le verset : Lœtamini in Domino, et un autre prêtre dit Toraison de saint Louvent, avec une autre oraison des saints confesseurs. Ces oraisons, il les termine dans cette seule conclusion : Per Dominum, Un enfant dit Benedicamus, Nous retournons ensuite au chœur dans Tordre où nous sommes venus.

Les matines sont sonnées avant le coucher du soleil.

A matines, deux sousdiacres chantent Tinvita-

(1) Et post ebdomadarius (G. S. et M»' M }; et presbyter(Cbap.)

(%) En face de ce passage, l'Ordo de la Bibliothèque nationale porte cette remarque, en écriture du XIV siècle, au sujet de l'heure inusitée des matines au mardi de la Pentecôte '- Scilicel quod matutine dicuntur fi/nito completorio, feria secunda Penthecostes,

potentemO); sex antiphone in quibus tantum thoni finiuntur^-sex psalmi, sex lectiones : (Dum portas urbis{%)^ versus et responsoria erunt de sancto Memmio.

Sextumresponsorium: Concède nobis. In tertio nocturno, antiphone et très psalmi et versus ut in die Penthecostes. Très lectiones fiunt de evangelio quod est :

Amen, amen dico vobis, Tria(3) responsoria cantantur, scilicet Facta autem, — Spiritus sanctus procedenSy — Advenit ignis divinus. Tertium et sextum et nonum responsorium non

toire : Cunciipotentem, Six antiennes chantées sur autant de tons, six psaumes, six leçons commençant par ces mots : Dum portas urbis^ avec les versets et les répons, seront tirés de Tofflce de saint Memmie. Le sixième répons est : Concède nobis. Au troisième nocturne, les antiennes, les trois psaumes et les versets sont comme au jour de la Pentecôte. Le^ trois leçons sont de TEvangile : A^tnen, amen dico vobis. On chante les trois répons, à savoir, Facta autem ^ — Spiritus sanctus procedens^ — Ad-

il) Notre Ordo a remarqué que le mode de célébration des matines du mardi est également inaccoutamé; il observe bien, après tierce da landi de la Pentecôte, que pendant la semaine de cette fête les matines et les autres heures canoniales sont chantées comme ce jour-là; mais il ajoute : Prœter matutinas ferie tertie que variantur pro presentia Sanctorum. Et en effet les malines du mardi de la Pentecôte deviennent un office à neuf leçons, par l'adjonction des deux premiers nocturnes de la fête de saint Memmie, qui ouvrent matines, ce jour-là.

(2) Les leçons de la seconde fête de Saint-Memmie (16 décembre) commençaient ainsi. Cette indication manque à VOrdo B. N.

(3) Au temps pascal, les matines ne comprenaient que trois leçons et trois répons dans la liturgie châlonnaise du moyen âge ; la réforme de 1736 avait conservé cet usage On chantait le troisième répons avant le Te Deum, comme le neuvième dans l'office à neuf leçons.

cantanlur a binis. Te Deum venit ignis divinus. Le laudamus canitur. troisième, le sixième et le

neuvième répons ne sont pas chantés à deux. On chante le Te Deum,

Aux laudes, il n'y a que l'antienne : Dùm complerentur; hymne : Veni Creortor; verset : Spmtvs Domini replevit, A Benediclus^ l'antienne : Amen^ amen dico vobis. Le prêtre seul encense l'autel d'abord, puis saint Memmie, et les autres saints. Ensuite il revient au chœur et encense le choriste et les autres dignitaires.

Après la première oraison, on dira l'antienne :Sen^oJam fatiscescenSj qui sera suivie de l'oraison de saint Memmie. On termine par l'antienne des confesseurs : Sint lumbi vestrij et par les oraisons, comme on l'a fait aux vêpres.

Mardi de la Pentecôte,

Prime, tierce et la messe sont sonnées et chantées plus tôt que de coutume. A

Super laudes una antiphona : Dum complerentur, ymnus : Veni creator, versus :

Spiritus Domini replevit. Ad Benedictus antiphona : Amen, amen dico vobis, Sacerdos solus incensat primum altare, postea sanctum Memmium, et alios sanctos.

Postea redit in chorum et incensat chorialem et (alias(i)) personas. Post primam orationem dicetur antiphona : Senio jam faiiscescens^ et oratio de sancto Memmio. Deinde de confessoribus dicitur antiphona Sint lumbi vestri^ et orationes ut in vesperis.

Feria tertia.

Prima, tertia et missa pulsantur et cantantur maturius solito. Ad missam

(1) Alixts manque à la Bibliothèque nalionale^l à Texcmplaire de M" M.

ébdomadarius tenel chorum, et cantatur sollempniter. Missa est : Accipite ; Epistola : Cum audissent apostoli. Primum alléluia :

Emitte; secundum alléluia :

SpiriiusDomini, Sequentia :

Aima c/iontô(i).Evangelium :

AîneUy amen dico vobis, Offertorium : Portas celi Communio : Spirilus qui a Pâtre, Dum cantatur missa, canonici sancti Memmii et monachi sancti Pétri venientes de ecclesiis suis ante corpora Sanctorum décantant responsorium : Alm^ decuSj et orationem dicit abbas sancti Memmii vel prior.

la messe, le semainier officie, le chant est solennel. L'introït de la messe est : Accipite; Tépître : Cumaïuiissent apostoli. Le premier alléluia est Emitte; le second alléluia : Spintus Domini ; prose : Aima chorus; évangile : Amen, amen dico vobis; offertoire : Portas cœli; communion : Spiritics qui a Pâtre, Pendant qu'on chante la messe, les chanoines de Saint-Memmie et les moines de Saint-Pierre arrivent de leurs églises et chantent devant les corps des Saints le répons : Aime decus; l'abbé de Saint- Memmie, ou le prieur dit Toraison.

Finita sexta, sanctos ec- Après sexte, nous repla-

(1) Au missel de Châlons de 1543, la Prose indiquée le mardi de la Pentecôte est celle du jour de la fête : Yeni, Sancte Spiritus, avec les collectes et autres oraisons de saint Memmie et de saint Louvent, martyr, et une oraison collective pour les saints pontifes Donatien, Domitien, Alpin, Elaplie et Lumier ; ce qui marque une fois de plus le caractère particulier de la procession. Ces trois oraisons sont précédées, audit missel, de la rubrique suivante : Hodie in ecclesia cathedrali, propter presentiam corporis beati Memmii, primi pasloris ejusdem ecclesie, et aliorum sanctorum in predicta ecclesia exislentium^ he fiunt comme morniiones : V de s. Memmio, l/o/es^a fis tue\ 2" de s. Lupentio, martyre,- Proj»ifïar«; 3* Leieiur £:cc/esta pro aliis SS. PonliOcibus).

clesie nostre in locis suis(i) reponimus, cantantes antiphonam sibi competentem.

Deinde sanctum Leudomirum, postea sanctum Elaphium, postea sanctum Domitianum et Donatianum, et ultimo sanctum Memmium de ecclesia nostra efferimus(2).

Postea cum processione ordinata, et nobis precedentibus, et corporibus sanctorum subsequentibusO), ad ecclesiam Omnium Sanctorum in insulam descendimus, ibique abbas de insula et canonici sui cum summa veneratione sanctos Dei recipientes in ecclesiam suam deducunt, ij^. Concède nobis cantantes. Et sanctum Leu-

çons les Saints de notre église, et nous chantons l'antienne propre à chacun.

Nous transportons ensuite hors de notre église d'abord saint Lumier, puis " saint Elaphe, ensuite saint Donatien et saint Domitien, et enfin saint Memmie.

La procession se forme, en tête de laquelle nous marchons; les corps des Saints viennent après, et nous descendons dans l'Ile vers l'église de Toussaints. L'abbé de l'Ile et ses chanoines introduisent dans leur église, avec un profond respect, les Saints de Dieu, en chantant le répons : Concède nohis^ et

(1) Sic G. s. et M»' M. — La B. N. et le Chap. mettent noslris.

(2) M»' M. : Deferimus,

(Bj L'extrait d'un plus ancien Ordinaire de la Catliédrale de Châlons, fait au is*" siècle par le chanoine de Toussaints, nous fournit, dans le texte que voici, un éclaircissement au passage obscur que l'on a lu plus haut : His expletis, cum processione prœcedenliuni clericorum et monachorum subsequenlium, corpora sanclorum nobiscum déférentes, in insulam descefidiinus, elc A la suite de ce premier document, nous donnons un morceau important de c( t ancien Ordinaire. Cf. Ordo de s. Memmie, plus loin, p. 74.

domirum in sede sua repo- ils remettent à sa place nunt(i). saint Lumier.

Deinde cum sanctis ad ecclesiam béate Marie de vallibus pergentes, a canonicis ejusdem ecclesie super pontem stantibus cum processione recipimur. Et sanctum Memmium cum aliis (sanctis(2;) in ecclesiam suam deducunt, ç^. Aime decus décantantes. Et dum hec flunt, canonici ejusdem ecclesie circa claustrum suum cum corpore beati Memmii processionem faciunt. Et revertentes in média ecclesia orationem de sancto Memmio dicunt.

Et sic omnibus rite peraclis, canonicis sancti Memmii et monachis (3) sancti Pétri cum sanctis suis ad ecclesias suas revertentibus, nos similiter ad ecclesiam nostram redimus.

Nous allons ensuite avec les autres Saints à Téglise de Notre-Dame-en-Vaux, et nous sommes reçus processionnellement par les chanoines de cette église, qui nous attendent sur le pont. Ils conduisent saint Memmie et les autres saints dans leur église, enchantant le répons : Aime decus; et pendant ce temps, ils portent le corps de saint Memmie processionnelle ment autour de leur cloître.

Revenant ensuite au milieu de l'église, ils disent Toraison de saint Memmie.

Et toutes choses étant terminées selon l'usage, les chanoines de Saint-Memmie et les moines de Saint- Pierre reprennent avec leurs saints le chemin de leurs églises, et nous retournons

(1) On trouvera plus loin le cérémonial particulier usitéàTonssaints et à Salnt-Memmie dans cette circonstance, d'après les documents manuscrits de ces abbayes.

(^) Sanctis manque à B. N.

(3) Les n.anuscrils de la B. N., Cliap., etc., portent canonici, monàchi; c'est une faute.

Et cum choruni intraveri- de même à la nôtre. Quand mus, succentor incipit anti- nous sommes entrés au phonam : Sancte Stéphane, chœur, le sous-chantre comsine versu et oratione. mence Tantienne : Sancte

Stéphane, qui séchante sans verset ni oraison.

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