Le mark vaut
allemandes avaient une longueur de 31,636 kilomètres, soit 59 par 1,000 kilomètres carrés.
Les chemins de fer français présentaient à la même époque un développement de 23,793 kilomètres, ou 45 kilomètres par 1,000 kilomètres carrés. La France est donc sensiblement en retard sur son ennemie.
Si les chemins de fer sont plus multipliés chez nos voisins que chez nous, cela tient un peu à ce que l'établissement en est moins coûteux. Le sol de T Allemagne est moins accidenté que celui de la France. Au premier abord cela peut faire croire l'invasion de la France moins facile que celle de l'Allemagne. Un coup d'œil jeté sur la carte fait reconnaître que c'est là une illusion.
Berlin est à 660 kilomètres de notre frontière. Pour y arriver il faut forcer quatre lignes de déferise successives , enlever ou neutraliser dix à douze grandes forteresses.
Une invasion partant du territoire français peut débuter de deux façons :
Ou bien une seule armée débouche entre Metz et les Vosges, et s'avance ayant à gauche Metz, Thionville et Sarrelouis, à droite les montagnes à travers les défilés desquelles l'ennemi peut tomber sur son flanc et sur sa ligne de retraite : en outre elle aura plus tard la chaîne vosgienne à conquérir.
Ou bien, deux armées prenant pour bases d'opération Belfort et Nancy débouchent simultanément sur les deux revers des Vosges. La première doit enlever ou masquer Neuf-Brisach et Strasbourg, la
seconde bloquer Metz et Thionville. Cela fait, elles arriveront sur la ligne de défense formée parla Sarre et par la Queich, que garnissent Sarrelouis, Deux- Ponts, Landau et Gemersheim. Elles seront séparées par les Vosges et exposées isolément aux coups d'un ennemi concentré dans les montagnes, vers Bitche ou Pirmasens. En août 1870, les 230,000 hommes qui formaient l'armée française, en prenant ainsi une position centrale dans les Vosges, auraient pu accabler Tune après l'autre les deux armées allemandes séparément moins fortes, au début des hostilités, que toute notre armée du Rhin.
La Sarre-Queich forcée, les armées envahissantes peuvent se réunir le long du Rhin, de l'embouchure de la Queich à celle de la Nahe. Là, le fleuve est large et profond, Gemersheim, Spire et Mayence en défendent le cours; il faut prendre ou masquer ces places, puis passer le Rhin. On arrive alors dans la longue et sinueuse vallée du Mein, dont le sol onduleux se prête bien à la défensive. Aucune forteresse ne défend la grande route de Hanau à Cronach. Vers le milieu du bassin, le cours de la Saal J pourrait seul offrir un obstacle un peu sérieux.
A. Cronach, on se trouve au pied du Frankenwald, chaîne peu élevée que traversent trois défilés faciles à défendre. Les défilés franchis, on arrive dans les plaines arrosées parla Saale et par l'Elster. Ce pays, sorte de vestibule commun aux bassins de l'Oder, de l'Elbe, du Wéser et du Rhin a toujours été un