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En Chine, une centaine de spahis d'escorte

certainement enlevé, si le général Ducrot ne lui avait pas ouvert les yeux sur le danger et fait passer la rivière. Le lendemain son successeur, le général de Galliffet, conduisit les fameuses charges des chasseurs d'Afrique, aussi mal conçues quejyaillamment poussées, ce qui n'est pas peu dire. A Coulmiers le général Rcyau, septuagénaire malencontreusement tiré du cadre de réserve, mena neuf régiments de cavalerie à l'attaque de Saint-Sigismond, défendu par quelques centaines de fantassins allemands. Deux heures plus tard il reculait avec ses escadrons désorganisés ; et le soir on n'eut pas de cavalerie pour achever la victoire. Le chef d'escadron Lambilly s'élançant à la poursuite des fuyards avec les cinquante cavaliers qui formaient l'escorte de l'amiral Jauréguiberry ramena 2 canons, 25 caissons, 30 voitures et 130 prisonniers, dont S officiers. Qu'auraient fait les 36 escadrons si maladroitement gaspillés le matin à l'attaque d'un village barricadé. Le programme des dernières grandes manœuvres de cavalerie reposait sur des données tellement peu pratiques, tellement peu en rapport avec les réalités de la guerre, qu'on en a ri à nos dépens dans toute l'Europe. La cavalerie française attend encore ses Lasalle et ses Montbrun : quant aux Westerman et aux Murât, il n'y faut même pas songer.

Ce n'est pas que les Murât, ou même les Bessières aient abondé chez l'ennemi. Les hommes de talent y étaient rares ; mais les chefs possédaient à fond le métier, et avaient médité les règles de l'art. Une de ces règles, énoncée par Bonaparte, est que toutes les

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armes doivent être employées par grandes masses pour produire tout leur effet. Cela est vrai surtout pour l'artillerie. A Wagram, Napoléon faisait ébranler par 100 bouches à feu le centre ennemi, avant d'y lancer Macdonald; à Waterloo, l'attaque contre Finfanterie anglo-allemande i fut préparée par le feu d'une batterie de 78 pièces. Les Allemands ont imité ces exemples. AReischoffen,Kirchbach réunit en une seule batterie 84 de ses 90 canons, et foudroya Wœrth durant trois quarts d'heure avant d'engager son infanterie. Il en fut de même partout; la Prusse dut en grande partie ses victoires au judicieux emploi de son artillerie qui était plus nombreuse, tirait plus vite et portait plus loin que la nôtre. Elle a encore amélioré son matériel. Ses officiers de batterie, moins savants peut-être que les nôtres, sont plus exercés h la pratique sur le terrain. Les manœuvres et les exercices à feu de l'artillerie allemande sont vraiment dignes d'admiration. Gomme on l'a vu, cette artillerie comprend 300 batteries attelées et 1,800 canons. L'artillerie française est forte de 2,166 pièces de campagne, réparties en 361 batteries. Les canons

1. A force d'entendre les Anglais s'intituler les vainqueurs de Waterloo, on a fini par les croire. En réalité ils ne formaient, à Mont Saint-Jean, qu'un corps auxiliaire. Sur 69,000 hommes que commandait Wellington au début de la bataille, 24,000 seulement, c'est-à-dire un tiers, étaient Anglais. Après que Bulow eut amené ses 30,000 Prussiens, les Anglais faisaient moins du quart de l'armée alliée, et un peu plus du cinquième après l'irruption des 15,000 hommes de Ziethen et de Pirch, qui décidèrent la déroute de l'armée française. Sur 22,000 hommes perdus par les ennemis, 7,200 étaient Anglais. Dût cette vérité blesser le très sensible amour-propre de nos voisins d'outre -Manche, Waterloo est une victoire allemande.

sont en acier et se chargent par la culasse. Pour la portée (4 à 6,000 mètres) et la justesse du tir, nos pièces de 0,08 et de 0,09 ne le cèdent en rien à celles de l'ennemi. Officiers et soldats n'ont pas dégénéré depuis la dernière guerre où, malgré l'effrayante infériorité de leur matériel et le manque de direction supérieure, ils ont vaillamment lutté contre l'artillerie allemande. Presque toutes les bouches à feu conquises par les ennemis ne sont tombées entre leurs mains qu'après les capitulations de ces généraux qui ont livré leurs canons, comme ils ont livré leurs drapeaux, livré leurs armées, livré les places fortes, livré la France. Quand des canons ont été pris sur les champs de bataille, les affûts étaient brisés, les chevaux éventrés par les obus, les artilleurs tués sur leurs pièces. Canonniers français, vous n'avez pas failli.

Ce n'est pas votre faute si vos chefs ne savaient plus se servir de l'artillerie ; ce n'est la faute de personne, c'est le résultat des guerres d'Afrique. En Algérie les canons n'étaient le plus souvent qu'un embarras. Comme on n'avait pas d'artillerie ennemie à contre-battre, on diminua de plus en plus le calibre des pièces. Le canon de 4, bon en lui-même, fut employé dans une proportion excessive. L'obusier de montagne prit les dimensions d'un joujou. Quand un corps expéditionnaire eut à traîner \ 2 ou 15 canons à travers le désert ou les montagnes, ce fut beaucoup. C'est ainsi qu'on oublia l'emploi de Farme par grandes masses. A Gravelotte, où les canons allemands écrasèrent notre infanterie., notre réserve générale

d'artillerie, 16 batteries, demeura toute la journée inactive. Vers le soir 2 batteries furent envoyées au maréchal Canrobert à Saint-Privat, le reste (84 pièces) ne tira pas un. seul coup de toute la bataille ; pendant ce temps les batteries engagées manquaient de munitions ! Espérons qu'il n'en sera pas ainsi dans la prochaine guerre.

L'Allemagne possède 74 compagnies de pionniers et de pontonniers, et 9 compagnies pour le service des chemins de fer, en tout 83 compagnies actives. La France a 80 compagnies de sapeursmineurs, 4 compagnies pour le service des chemins de fer et 26 compagnies actives de pontonniers1, rattachés à l'artillerie on ne sait trop pourquoi. Ceux qui ont vu les travaux exécutés par les deux armées durant la guerre, sont demeurés convaincus que nous n'avions rien à envier aux Allemands. L'unique différence serait peut-être que le génie français est plus méthodique et le génie allemand plus pratique. Celui-ci cherche à faire vite, celui-là cherche à faire bien. On pourra trouver aussi que 26 (28) compagnies de pontonniers sont un nombre excessif et que, pour le service des chemins de fer, 4 compagnies seraient insuffisantes si l'on occupait une grande étendue de territoire ennemi. Il est vrai que, suivant toute apparence, nous ne sommes pas sur le point d'avoir à souffrir de cet inconvénient.

Jusqu'ici les deux armées se valent ; l'armée française a même une supériorité numérique assez

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