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Faidherbe» Gampague de l'armée du Nord

180 LA PROCHAINE GULRRE

Le général Borel, commandant du 111e corps, était en 1870 colonel et chef d'état-major de la garde nationale de Paris ; c'étaient là des fonctions assez pacifiques.il fut, durant la guerre, chef d'état-major de l'armée de la Loire ; puis de l'armée de l'Est ; et plus tard de l'armée de Versailles. Un chef d'étatmajor a surtout chance de se distinguer lorsqu'il n'est pas sous les ordres d'un général trop capable. Sous ce rapport M. Borel a été tout particulièrement favorisé de la fortune, puisqu'il eut pour chefs M. Bourbaki et M. Mac-Mahon. Néanmoins il a peu fait parler de ses talents militaires. Ministre de la guerre en 1878, il trouva moyen de paraître insuffisant, même après MM. de Cissey et du Barail. Le poste qu'il occupe lui fut donné comme « compensation » lorsqu'il quitta le ministère. Cette idée de distribuer les grands commandements, comme fiches de consolation, aux ministres remerciés, pénétrerait malaisément dans les cervelles allemandes.

Le vic corps est confié au général Glinchant. Brillant colonel au Mexique, il commandait une brigade à Metz. Lorsque l'armée ouvrit enfin les yeux sur le compte de Bazaine, déjeunes officiers, parmi lesquels était l'infortuné Bossel, formèrent le projet de sauver l'armée en déposant le maréchal et les chefs de corps complices ou témoins complaisants de ses menées. Pour entraîner les hésitants il fallut pouvoir mettre en avant le nom d'un général. On croyait que le général Clinchant avait de l'énergie, mais on s'aperçut vite à quel point on s'était trompé. Changarnier le fit venir et l'apostropha en ces ter-

mes : « Je n'aime pas les braillards, général1, faime mieux voir l'armée perdue, que sauvée par /'indiscipline. » Au lieu de jeter d'un revers de main ce vieux haillon dans un coin de la pièce et de n'écouter que la voix du patriotisme et de l'honneur, M. Clinchant courba la tête et se soumit. Il s'échappa d'Allemagne et fut mis, en décembre 1870, à la tête duxxe corps qui fit partie de l'armée de Bourbaki. Lancé de front à l'assaut de positions inabordables, le xxr corps fut repoussé avec de grandes pertes. Après le faux suicide de son chef, M. Clinchant prit le commandement et il aurait sauvé l'armée, si la nouvelle de l'armistice n'avait pas arrêté ses mouvements. Prévenu trop tard, ainsi que Garibaldi, que l'armistice ne s'étendait pas à la région de l'est, M. Clinchant fut obligé de se jeter, avec ses troupes, sur le territoire helvétique.

Ce désastre, amené par l'impéritie d'un autre, ne peut être en rien imputé à M. Clinchant qui déploya dans ces tristes circonstances beaucoup de vigueur et d'habileté. Mis à la tête du ve corps de l'armée* de Versailles, il ne s'acquitta ni mieux ni pis qu'un autre de cette tâche peu difficile. Ce général n'a peut-être point l'énergie morale, si différente du courage physique, et si rare chez les militaires qui redoutent par-dessus tout l'initiative et la responsabilité, mais c'est du moins un militaire de talent et qui rendrait d'éminents services, au second rang.

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