‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 37 sur 90 · K95-IH9B · texte numérisé non relu

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En cemomenl la production dépasse la consommation ; mais il t'st possible d'augmenter la consommation, car elle n'est que de 12 k, par tète en France alors qu'elle s'élève à 39 k. en Anvfleterre. Si par un usage plus étendu du thé et du café on arrivait h élever la consommation à 25 ou 30 kilogs, la situation pourrait ï^'améliorcr,â la condition de ne pas donner d'exliMision nouvelle à la production.

Wmr montrer rintluence que la léjjislation peut exercer sur Fifidustnedu suertïj il nous suffira dédire que la diminution des primes d'exportation en 1898 a eu pour effet de diminuer ntjtablerncnt les expéditions de sucre indigène :

Années. Exportations de sucre de betterave. Production totaJc de

cj ,■' . ^ ^ ■" rr ^ ^^ Fronce;

Sucre brut. Sucre raffine,

1897. . . 329.796 tonnes H5.537 tonnes 851.675 tonnes

Aucune législation ne touche en effet à des intérêts plus variés, plus complexes el plus importants que celle du sucre ; t^t dans aucun pays elle n'a mis en présence, avec plus d^acuile (jue dans le nôtre, de légitimes revendications.

C/est qu'en effet le problème est loin de se présenter ailleurs avec la même complexité : T Au triche, la Russie, TAlIemagiu^ ne sont pas des puissances coloniales et elles ne produisent que du sucre de betterave; TAngleterre, qui est la métropole coloniale par excellence, ne produit pas de sucre de Betterave; mais elle possèdedes colonies tropicales qui fournissent en quantiTé le sucre de canne. Seules la Hollande et la France produisent à la fois du sucre de cannes dans leurs colonies et du sucre de betteraves dans la métropole; mais la superficie de laHollamle est si restreinte et les plantations de betteraves y sont si peu développées que Tantagonisme des deux productions est loin de se présenter dans ce pays avec la même importance que chez nous.

En France 27 départements sont intéressés à la culture de la betterave et cette exploitation occupe environ 30 -000 ou vrîer.«i; des capitaux considérables sont engagés dans la culture pnv premement dite ou dans la fabrication du sucre; rindustrie du raffinage, confinée presque exclusivement à Paris et dans quelques grands ports de commerce, est Fune des pina considérables du pays, par l'importance des usines et par le nombre des ouvriers employés. D'autre part, dans nos trois anciennes colonies de la Guadeloupe, de la Martinique et de \n Réunion l'exploitation de la canne à sucre constitue la source primordiHhîj

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pour ne pas dire intitjue, de la richesse publique et le principal farleur de prospérité. Enfin, Timpôt sur les sucres indigènes, coloniaux ou élrang^ers^ représente une partie respectable de nos rcceltes budy^étaires. A ces divers points de vue la question du sucre se présente donc comme Tune des plus importantes dans le domaine économique.

La producliofides sucres indigènes, du jour où elle est née, se trouvait en concurrence avec l'industrie du sucre de canne; etle était en conflitavec F industrie du raffinage qu'elle menaçait de ruiner, du moins dans les ports; enfin la marine marchande ne voyait pas sans effroi se dresser une industrie métropolitaine qui menaçait de lui enlever une partie du fret dontelle a besoin. Cependant ce n'mi pus le péril colonial qui a été pour la production indijçène la menace la plus sérieuse; les sucres de betterave produils'dans divers autres pays de TEurope lui faisaient, à un moment donné, une concurrence sérieuse et elle n'a dû son sahit qu'à des mesures fiscales onéreuses pour le Trésor.

Cette multiplicité d'intérêts en présence explique'amplement les changements successifs et souvent contradictoires d'une léïïi^islation quia dû se pi ier aux circonstances et qui se présente à nous comme un appareil compliqué qu'il est nécessaire de surveiller a chaque instant.

Dans cette succession de lois, de décrets, d'arrêtés qui tantôt se c4>mplèLent tantôt se détruisent, il existe cependant un enchaînement naturel et logique; mais pour le saisir avec netteté il faudrait exposer la (juestion en détail, préciser les causes et mettre en lumière les effets, dans leur ordre chronologique : C'est une tâche que nous ne pouvons entreprendre ici et nous restreignons volontairement notre étude à la statistique de la production, iiny ajoutant un résumé aussi succinct que possible des progrès qui ont été accomplis ou qu'il serait désirable de poursuivre dans le domaine plus restreint de la culture et de ramëlioratian de la canne à sucre.

DANS NOS COLONIES ISf

Guadeloupe. — Sur 42.667 hectares cultivés, la colonie de la Guadeloupe et dépendances comptait, au 31 décembre 1888, .23.856 hectares de cannes à sucre. Mais en 1896 celle superficie tombait à 19.994 hectares. C'est assez dire que cette cul- -ture est de beaucoup la plus importante de la colonie.

L'industrie du sucre existe depuis fort longtemps à la Gua- <leloupe et nous avons pu voir, non loin dcBasse-TerrejPendroil où le R. P. Labat avait installé une usine à sucre.

Dès le commencement du siècle les exportations étaient •déjà considérables et, en 1839,1a superficie cultivée en cannes é. sucre s'élevait à 24.810 hectares, comprenant 620 habitations et 44.615 esclaves. Les principaux centres de culture étaient >alors :

Le Moule . .

2881 hectares

Anse Bertrand.

1792 hectares

Petit-Canal .

Port-Louis

Saint-François

Grand-Bon r^.

Sainte-Anne .

Saint-Martin .

Cinquante ans après, au 31 décembre 1888, la superficie lotalf -consacrée à la canne était de 23.856 hectares se répartissanl 'Comme il suit :

Sainte-Anne .

3100 hectares

Port-Louis

1175 hectares

Le Moule . .

Anse Bertrand

Saint-François

Petit-BoLirm" .

Abymes . . .

Petit-Canal .

im) —

Sainte-Rose .

Lamentin

IKXJ —

Marie ( Grand-Bourg* . 15()() hectares

Galante ( Ca peste rre . . li^iSl

Comme on le voit, la distribution, en undemi-sièclt^ s'était quelque peu modifiée.

D'après la statistique établie à la date du T' janvier 1896 la

rîtniie A snore n'oœupait plus que 19.944 hectares (contre 2L38i en 1893) répartis entre 510 habitations et occupant un p^r.soniiel de;29>92a ouvriers. Les cultures secondaires, telles quL' café et cacaOj prennent de plus en plus d'importance et les [ilantatîquHi de cannes sont peu à peu transformées.

Depuis 18l(j, date de la reprise de possession de la Guadefoiipe piir la Frari.^e, les exportations de sucre oiM toujours été considérables.

ExportaUan des sucres de la Guadeloupe depuis 1816.

Mallieureusementj si les exportations se sont élevées d'une l'aron g;énérale et si elles comportent surtout des sucres turbines (40,088.000 kilog- sur 40.126.000 kilog. en 1897;, tandis rjue les sucres bruis constituaient il y a un peu plus de 40 ans le total des exportations, les prix se sont abaissés très notablement et la valeur de la bonne 4® qui était de 60 fr.66 en 1860 d-sceiidait à 44fr,66 en 1870, à 49 fr.30 en 1872 et à 25 fr,. en 1880. '

Les iinporlations en France, pour 1898, ont Hé les suivantes :

IMPORTATIONS

Sucres en po

i Com. ar^Tn^ral. Com. spécial.

, ) de l'étranger 3.50^.300 kîK 2.683.(117 kil. udre { ^

/j X 1 des colonies | .^^ ^^,^ ^„„

(de canne) | „ . M00.a28.iO0

françaises Sucres raffinés, de canne .

Gomme on le voit, les colonies fniac^aisivs anl fourni les 97/100 du sucre importé pour la couRûiinnalion di^ la métrol>ole. La Guadeloupe est comprise dans le Lrïtal ries Importations de sucre en poudre pour 36.l60,a20 kîloç. Malheureusement, nous sommes obligé de faire nrmarrjiier que sur cess importations, plus de 28 millions de kiiog, (les 7/9} ont été amenés en France par des navires étrangers.

Les exportations de mélasses, qui atteîo^naient 5,228.804 litres en J820 se sont abaissées à 2JJ27.409 litn^s en 1830, à 1.152.171 litres en 1840, à 1360 litres en 1850 pour remonter à 51.432 litres en 1860, 417.892 li(res m 1870, 31.066 litresi en 1880, 1.379.997 litres en 1890, i. 000.708 litres en 1897 et 3.196.156 litres en 1898.

Les exportations de rhum et tafia sont de plus en plus con^îidérables, au moins depuis 1850.

Périodes.

Mûyenneâ ânnucites.

320, (M 10 litres i(XÏ.Um> - 401.000 -^ 250.000 — i)i2.0(Xi — l.20l.<XM) — 1.806.000 —

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