litres
DANS NOS COLONIES i 3^1
En 1836 la surface cultivée était de 1571 hectares el do 131 -> en 1841.
Années Export, de sucrr
En 1878 la Guyane ne comprenait plus que 120 hectares de cannes; les exportations se réduisirent à 58,800 kilog, de sucre, 3360 litres de mélasse et 34,850 litres de rhum. L'année 1882 vit disparaître la dernière sucrerie.
La culture de la canne à sucre a été reprise dans ces dernières années parle service pénitentiaire pour la fabrictttion du rhum. Les exportations de cette denrée coloniale se sont élevée.s à 7546 litres pour 1898. On voit que l'industrie de la carini^ n'existe réellement plus à la Guyane.
Réunion. — On estime que la Réunion comprenait^ il y n
une dizaine d'années, 65,000 hectares cultivés, dont plus de
39,000 hectares occupés par la canne à sucre (1) ce qui repré-
sente une proportion de — . En 1882 la surface des piaula-
tions de cannes s'était élevée à près de 50,000 lieclores ; niciis elle n'a fait que décroître depuis ce moment.
La culture de la canne a dû être importée à la Réiuiiurt vers le milieu du xni® siècle ; mais elle ne se fait eu grand que depuis la fin des guerres de l'Empire. Peu à peu elle n reruplan' les autres cultures jusqu'à une altitude de plus de 800 mètres.
Les procédés culturaux laissent complètement à (tésirer H
(1) Les statistiques coloniales publiées parle Minisièrr tlofs <ifj]oi*it;s t^ii 4889 assignaient à la Réunion une surface totale de 174^^87,000 lieel;irrs ce qui représenterait un carré de plus de 1300 kilomplrcs de rùlé! Oti comprend difficilement une erreur aussi considérable dans unr puhtication de celle nature.
c'est seulement dans ces dernières années qu'on s'est décidé à généraliser l'emploi des machines agricoles. Quant aux engrais ils sont trop peu utilisés pour une culture comme celle de la canne qui devrait ètre,àrheure actuelle, une culture particulièrementintensive. La Réunion, favorisée pendant toute la première partie du xix* siècle par des tarifs plus avantageux que ceux des autres colonies françaises (Lois du 27 juillet 1822 et du 26 avril 1833) vit la production du sucre s'accroître d'année en année. Les exportations à destination de France, qui étaient seulement de 6,667,000 kilog. en 1827 passèrent à 17,628,000 en 1830, 18,173,000 en 1836, 20,814,000 en 1840, 26,010,000 en 1845, 18,825,000 en 1850,48,815,000 en 1855,56,000,000 en 1860, 33,000,000 en 1865, 30,783,000 en 1875, 20,400,000 en
Exportation de sucres tic la Réunion depuis .1827. 1880 et 35,800,000 eu J885. Mais le chiffre des exportations
pour la France ne représente qu'une traction très irréçulièrede la production. Ainsi, en 1880, laproduction élait de 29,329,412 kilog. dont 20,400,000 seulement exportés à destination de France. Pour Tannée 1888 la production totale a été de 36,627,513 kilog. de sucre brut et 1,000,000 kilog. de sucre terré. Dans Tannée 1896 la Réunion a exporté 44,878,999 kilog". de sucre représentant une valeur de 10,617,677 fr. et en 1897, 44,914,900 kilog. valant 10,894,645 fr. En 1896 la Réunion avait expédié 696,000 kilog. de sucre à Madagascar; en 1898, les commerçants de Maurice ayant forcé leurs approvisionnements sur divers points de la côte malgache, la Réunion n'a plus fourni que 99,823 kilog. Mais cette situation a dû être modifiée par les nouveaux tarifs douaniers.
Quant à laproduction de rhum et tafia, qui était seulement de 2,478,948 litres en 1878, elle s'élevait rapidement à 7,490,000 Htresen 1883 et,en 1897, les exportations atteignirent 17,558,323 litres et 1,823,000 en 1898. La consommation locale représente d'ailleurs encore un chiffre sérieux. Madagascar, qui recevait le rhum de Maurice, le reçoit actuellement de Ja Réunion depuis l'application du tarif général en 1897 à Madagascar (1).
Malgré cette apparente prospérité, la culture de la canne et l'industrie du sucre se trouvent à la Réunion dans une mauvaise situation, car le prix de la main-d'œuvre est relativement élevé et les méthodes de culture ne sont peut-être pas irréprochables. Notre colonie a besoin de tenter un effort sérieux, dans la voie des améliorations culturales, si elle veut soutenir la lutte de plus en plus difficile contre le ttot grandissant de la production du sucre de betterave dans les régions tempérées.
Madagascar, — La culture de la canne est pratiquée depuis fort longtemps; les Malgaches désignent la plante sous le nom de Fary.
(1) Les exportations pour les colonies françaises se montent à G03,ii04 litres pour 1898.
136 LA VRi>l>LL:TiOri£ AGHICÛLE ET FORESTIÈ«E
A lai cdle orientale, le jus de la canne seri à la préj>aralion criîne boisson que les indi^'^ènes désig;nent sous le nom de BMsaAelm. Dans Tlmerinaj les Hovas concenlrenl le jus et le foM cristalliser pour obtenir une sorte de sucre qui se vend sur tous les marchés sous la Forme degalettes^ contenant une forte proportion de niélasse*
En 1842, un négociant de la ïtéunioii organisa deux sucreries à Maiianjary^ de concert avec le gouvernement malgache ; les [ïreinicrs résullalîï furent très satisfaisants ; mais les plaiitalions furent saccagéiïs, quelques années aprèSj au cours d'uiit^ révolte des ouvriers; la guerre consomma la ruine de cet établissement.
Une autre sucrerie avait été organisée à Maliasoa près de Tamatave; le gouvernement nialgaclie tenta de la faire diriger par des indigènes; mais il dut bientôt recourir à des étrangers. Trois nouvelles usines furent installées dans la même région etj en 1883, au commencement des tiOiiitilitéSy cette industrie était en pleine prospérité.
Muy fille. — L'une des plus anciennes cultures de Mayotte est bien certainement celle de la canne à sucre qui a dû y être importée de la Réunion et de Maurice. Malheurousementj la monoculture y a provoqué la dégénérescence des cannes primitivement cultivées cl on a introduit, il y a quelques années, les variétés Louisieret Fort-Makay, de Maurice, pour remplacer les cannes rnbanées. En 1883, il existait 1850 hectares de cannes répartis sur IH habitations, fournissant 3^700,000 Idlogrammtis de sucre et 100,000 litres de rhum. En 1888^ la superficie cultivée était de 1418 hectares (en 14 ha hita lions), produisant 3,100 tonnes de sucre. En 18iJ8 (DipL and cous, Rep., n^ 2,330), ces exportations se sont élevées seulement à l2,300 lonnrs de sucre et 04,388 litres de rliujn-
Sainte Marie de Matiafjasc(U\ — -jO hectares en t88ii, 8 seuhMïM^nl en 1H88.
r.jS3W(Pîftî3BKr..»»iï'T3^ :
Inde française. — La culture de la canne est très peu développée dans rinde française et la production insignifiante. . hidO'Chine. — La canne est cultivée dans toutes les parties de rindo-Chine; mais cette culture est très restreinte et le pays ne produit qu'une petite quantité de sucre. « En Cochinchine, c'est surtout la province de Bien-Hoa qui produit de la canne. Au Cambodge, on en cultive une petite quantité sur les bords du Grand Fleuve et dans les environs de Pnom-Penh. Dans l'Annam, on la voit sur la lisière élevée des plaines. Au Tonkin, elle est cultivée un peu partout, sur les bords du Fleuve Rouge, du Thaï-Binh et de leurs affluents (1). »
En 1888,1a surface cultivée en canne à sucre en Cochinchine était de 6,474 hectares.
C*est surtout à Tétat naturel que la canne est consommée dans le pays ; on la vend coupée en morceaux sur presque tous les marchés cambodgiens ou annamites.
La Chine fournit à notre colonie presque tout le sucre nécessaire pour la consommation locale.
Nouvelle-Calédonie. — La canne est cultivée dans l'important pénitencier de Bourail et Tusine à sucre de Bacouya fournit la cassonade et le tafia nécessaires pour les besoins de rétablissement. C'est en cela que se réduit presque exclusivement la culture de la canne en Nouvelle-Calédonie.
Tahiti, — Les diverses variétés de cannes que Ton rencontre à Tahiti ont été énumérées plus haut et on voit que Tune des plus cultivées dans nos autres colonies porte précisément le nom d'Otahiti.
Le gouvernement français, considérant qu'il est de la plus grande utilité d'encourager la culture de la canne, a accordé, en 18S7, une prime de 1,0Û0 fr. à tout habitant de Tahiti qui défricherait au moins 4 hectares de terre et les planterait de
(1) De Lanessan, V Indo-Chine française, p. 270. Lccomte. 0'
i38 L\ PRODUCTION AGRICOLE ET FORESTIÈRE
canne à sucre. Il allouait, de plus, une prime de 6,000 fr. à celui quij le premier, aurait fabriqué dans son usine 25,000 k. de sucre ; enfin une prime à l'exportation de 5 fr. pour 100 k. de sucre, à parlir d'un minimum de 2,500 k.
Les premières plantations furent faites dans la vallée de Fautahua, Len indigènes cultivent aussi la canne dans les districts de Tiarei, Hitiaa et dans Tîle Moorea. Sa production n-d jamais été considérable ; elle est insuffisante pour la consommation locale, car, en dehors d'une certaine quantité de sucre blanc en morceaux, importée de France, de San-Francisca et de la Nouvelle-Zélande (soit au moins 50,000 kilos), le paysreçoit 40,000 ou 50,000 k. de sucre brut des mêmes provenances. Pourtant la production de sucre de canne est prospère et se développe d'année en année. Elle pourrait être considérable et suffire non pas seulement aux besoins du pays, mais encore produire un mouvement d'exportation sérieux si la main-d'œuvre était moins onéreuse.
l*riODUCTI(J^ DE SUCRE
. 24,200 kil.
105,360 kil.
, llâ,0:iO —
ism. .
En 1899, la récolte prévue était de 200,000 kilos. Le sucre de Tahiti est de preniii^re qualité.
Le rhum fabriqué dans la colonie est excellent ; malheureusement le prix de revient est assez élevé, de sorte que la produclion est limitée par la consommation locale. A peine sorti de Talambic, le rhum est livré à la consommation parce que les distillateurs n'ont pas les capitaux nécessaires pour le lais>îer >'ieillir en tïUs.
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