‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 59 sur 90 · EXPORTATIONS DE LA REUNION · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS DE LA REUNION

1864 .... 18,245 kgr. de coton.

Les dernières statistiques ne signalent plus aucune exportation de coton.

Inde, — Les établissements français ne peuvent prétendre à une place importante dans la production du coton, car il n'y reste que fort peu de terres disponibles; les cotons produits sont de bonne qualité, mais il sont utilisés à peu près complètement par l'industrie locale.

IndO'Chine. — Notre vaste colonie de l'Indo-Chine, qui s'étend du 9° au 23® de latitude nord, conviendrait merveilleusement, en beaucoup de points, à la culture du cotonnier. Les essais entrepris jusqu'à ce jour sont déjà nombreux ; malheureusement, ici comme dans la plupart de nos colonies, on ne trouve pas le concours nécessaire des grands capitaux, seuls capables de féconder les entreprises coloniales.

Le coton est cultivé en petite quantité dans toutes les provinces de l'Annam et du Tonkin, mais surtout dans les provinces de Thûan-Khanh et du Than-Hoa; malheureusement, il est rare que cette culture soit faite dans de bonnes conditions;

les cultivateurs ont négligé de faire la sélection des meilleures sortes et les soins donnés à la récolte laissent le plus souvent à désirer.

Des expériences poursuivies au Jardin d'essai d'Hanoï prouvent que cette culture serait non seulement possible, mais encore fructueuse et qu'il suffirait de se procurer de bonnes graines pour obtenir d'excellents produits.

Dans la province de Thûan-Khan la récolte du coton vient, comme importance, après celle du riz et cette province, qui est située au sud de rAnnam,exporte annuellement environ 400,000 kilogrammes de coton à destination du Japon, où ce produit est plus particulièrement apprécié. Le transport se fait à l'aide de jonques chinoises, qui viennent prendre leurs chargements dans les ports de Phan-Ri et de Nha-Trang.

En remontant vers le nord on trouve encore des plantations de coton, mais de moindre importance, dans le Quang-Nam el dans le Nghê-An. Dans cette dernière province, il existe cinq marchés principaux où se traitent les affaires de coton. C'est surtout à la fabrication des cotonnades indigènes qu'est employé le coton de cette provenance.

La province de Than-Hoa est le plus fort pays producteur. On estime en effet la récolte annuelle à 600,000 kilogrammes de coton égrené. La plus grande partie est achetée par les Chinois de Nam-Dinh qui eux-mêmes l'expédient en Chine par la voie de Haïphong.

Les cultures du Tonkin sont moins importantes que celles de TAnnam. Elles se rencontrent surtout dans les provinces de Ninh-Binh, Hâ-Nam, Haï-Duong, Lang-Son et Cao-Bang.

Mais le coton du Tonkin est aussi apprécié des indigènes du Yunnam et il trouvera toujours, dans cette province, un débouché facile. Dans la seule année 1894, par exemple, le Tonkin à fourni au Yunnam 4,519 piculs (1,595 piculs de plus qu'en 1893) de coton, représentant une valeur de 79,709 taels (valeur

moyenne du iael=4 fr. 50 en 1894). Ce coton a été surtout transporté surles marchés de Yun-man-fou, Kin-Tsing, Tcheng- Kiang et Liu-Ngan.

Le gouvernement local s'efforce d'encourager la culture du coton et, par un arrêté en date du 7 octobre 1893, il a été décidé qu'une avance de 500 piastres serait mise à la disposition du Tong-Doc de la province de Hanoï, pour être répartie, à titre d'avance remboursable, entre divers villages qui se livrent à la culture du coton.

Dans ces dernières années une plantation de 800 hectares de coton a été créée par M. Bourgeois-MeifFre dans la province de Sontay, sur les bords de la Rivière-Noire. Une autre plantation a été créée depuis dans la province deNinh-Binh (plantation de M. Daurelle).

Au Cambodge, le coton ne vient pas moins bien que dans le reste de Tlndo-Chine; il donne d'excellents résultats dans tous les terrains bas ; la récolte était autrefois dirigée presque complètement sur le Japon par l'entremise des Chinois qui achetaient et expédiaient le coton non égrené ; mais, depuis six ans, il existe à Ksach-Kandal, à huit milles de Pnom-Penh, une usine pour Tégrenage du coton, sa mise en balles et la fabrication de l'huile avec la graine. L'établissement de cette usine a exercé une influence marquée sur le développement des cultures; la récolte du coton, qui était seulement de 30,000 piculs en 1889, s'élevait à 80,000 piculs en 1892, à 120,000 en 1895 età 135,000 en 1897 (9,000 hectares).

Les exportations de coton du Cambodge se sont abaissées dans ces dernières années :

tonnes.

Le tourteau de coton, résidu de la fabrication de l'huile,

est très demandé par les indigènes comme engrais pour diverses cultures.

En 1896, on en a livré -700 tonnes (1).

Comme on le voit par les chiffres ci-dessus, l'usine fondée par M, Praire fait' une concurrence sérieuse au commerce chinois, qui drainait autrefois tout le coton de la région pour l'expédier au Japon où il subissait, à l'arrivée, l'opération de Tégrenage. Depuis qu'une usine spéciale avait été fondée au Cambodge, les Japonais recevaient moins de coton par l'intermédiaire des Chinois, car une partie de la récolte était égrenée sur place et expédiée en Europe. Les droits d'entrée au Japon étaient de $ 394 par picul pour les cotons égrenés et de 5 pour 100 ad valorem pour les cotons non égrenés. En vertu d'une loi votée par la Diète Japonaise, ces droits ont été supprimés à partir du 1«^ avril 1896. Par suite de cette disposition nouvelle l'entrée au Japon des cotons non égrenés se trouvait favorisée, les Chinois pouvaient reprendre, dans de bonnes conditions, leur commerce d'achat de coton au Cambodge. Mais, sur la proposition du lieutenant-gouverneur, on a frappé les cotons non égrenés d'un droit de sortie destiné à combattre l'effet de la loi japonaise. Ce droit se compose :

1° D'une taxe locale de $ 22 ;

2*^ D'un droit de douane de 3 francs par picul.

Dans ces conditions, l'industrie de l'égrenage sur place se trouve replacée dans ses anciennes conditions; mais les cultivateurs de coton n'ont peut-être pas lieu d'accueillir cette mesure avec la même faveur que les industriels. Toutes les exploitations de coton du Cambodge sont très restreintes à l'exception d'une seule qui a été fondée en 1898.

En Cochinchine, la culture du coton se fait un peu partout,

(1) Renseignements puisés dans une lettre de M. de Dumast à la Société de géographie commerciale de Paris. Bulletin, 1897, p. 212.

mais surtout dans les arrondissements de Baria (700 hectares) et de Rentré (200 hectares). Sans aucun doute, on pourrait, dans cette fertile région, consacrer d'immenses territoires à cette culture. Des essais ont été poursuivis avec succès dan?î les arrondissements de Bien-Hoà, Travinh, Thudâumôt, Tayninhet Vinhlong. Dans ce dernier arrondissement, Vuni^-Iiem est la seule localité où on cultive encore un peu de coton, la nature de ses giongs se prêtant admirablement à cette culture.

Les cotons de Tlndo-Chine, trouvant un écoulement assuré en Chine et surtout au Japon, atteignent des prix élevés qui dépassent le plus souvent ceux des plus beaux cotons d'Amérique. Cette circonstance a pu faire croire qu'il ne serait jamais possible d'introduire ces cotons en France ; nous ne partageons pas cette manière de voir et nous pensons que les prix de revient et par conséquent les prix de vente, subiraient une baisse forcée si la culture venait à être faite dans de meilleures conditions et si on cherchait à obtenir un rendement maximum; les bénéfices réalisés à l'hectare n'en seraient sans doute pa§ sensiblement diminués. Il est en effet impossible, d'après les conditions actuelles de la culture, de dire quel pourrait être, avec plus de méthode, de soins et de science, le rendement d'une plantation de coton en Indo-Chine.

En tout cas, le coton produit trouverait toujours en Ciiine el au Japon des prix très rémunérateurs. On pourrait l'expédier soit sous forme de coton en laine, soit sous forme de filés, La province chinoise de Yun-Nam a en effet reçu à elle seule, dans Tannée 1894, des cotons filés n« 10 à n*" 20 pour une f^omme un peu supérieure à 2,400,000 francs et des tissus de cotons écrus, blanchis ou imprimés, pour 200,000 francs.

Etablissements français d'Océanie, — Nos colonies de la Nou* velleCalédonie et de Tahiti, situées toutes deux au voisinage du 20® de latitude sud, conviennent fort bien par leur climat

à la culture du coton et les cotonniers se rencontrent en effet à Télal spontané en beaucoup de points.

Nous ne citerons que pour mémoire la présence du cotonnier en Nouvel] oGalédonie, car on n^a jamais fait d'essai sérieux de culture dans celte colonie.

On sîgnHie surtout Hans les îles de TOcéanie deux espèces spéciales distinguées par Parlatore : le Gossypium Taiiense Pari, abondant à Tahiti et aux Iles de la Société y fut récolté par Fors ter j compagnon de Cook, dans son deuxième voyage autour du nioïidej et le Gossypium Sandwicence Pari., découvert aux îles Sandwich (22° de latitude nord) par Menzies, qui faisait partie de la célèbre expédition de Vancouver.

Les meilleures espèces peuvent prospérer dans nos colonies océaniennes, principalenieiU à Tahiti, Moorea, aux îles sous le Vent el aux Marquises^ où la culture du coton trouverait les conditions les plus favorables de sol et de climat et où les cotonniers sauva^^es poussent, dit Parlatore, comme de la mauvaise herbe.

Il est peu étonnant, dans ces conditions, que les premiers efforts de la culture coloniale se soient portés vers Texploi talion de cette plavite textile; dès 1864 une compagnie anglaise prenait rînitialîvc de cette culture et, au moyen de Timmigralion chinoise, créait, sur l'immense domaine d^ A iimaowo de vastes ptaulatioiis de coton qui furent une source de richesses pour la colonie; vers 1872, lorsque cette compagnie fut dissoute et les plantations abandonnées, la culture du coton, propagée par l'exemple, s'était déjà suffisamment répandue sur tons nos territoires, pour que la moyenne des exportations ail pu non seulement se maintenir, mais encore s'accroître notablement. En 1884 et en 1885 les exportations annuelles dépassaient tîOOjOOO kilogrammes.

A ce moment le coton de Tahiti était encore expédié à la Métropole, au moins en grande partie; mais depuis queTAn-

gleterre s'est emparée de ce trafic nous ne recevons plus rien ; les cultures ont périclité rapidement et les exportations décroissent tous les ans avec une telle rapidité, que pour Î894 elles ne s'élevaient plus qu'à 169,243 kilogrammes, se rcpartissant de la façon suivante (1) :

Pour TAng-leterre et la Nouvelle-Zélande.

Pour les Etats-Unis d'Amérique. . . .

8B,liti4 kilos.

Total 169,i*43 kilos.

D'ailleurs, le tableau suivant fournit le détail des exportations de coton depuis 10 ans pour Tahiti (Rapport de M. Finfipecteur Arnaud, Revue coloniale^ 28 avril 1898),

Années

Quantités

Valeurs

kilograinmes

francs

Les exportations de graines de coton se réduisent naturellement dans la même proportion et, pour l'annri^ 1897, elles s'élevaient seulement à 145,787 kilogrammes, représentant une valeur de 6,679 fr. 50.

(1) Il existait en 1895, dans les Etablissements français de l'OccaDie, quatre usines à égrener le coton : deux à Tahiti, une aux Heu MarqîUKrs et enfin une dernière aux îles sous le Vent.

ii^S LA PRODUCTION AGRICOLE ET FORESTIÈRE

L'absence de communications directes avec la France a complètement découragé les cultivateurs de coton de Tahiti ; par la suite, Tintervention des commerçants anglais a provoqué un avilissement des prix et peu à peu les indigènes abandonnent la culture du coton; peut-être ne serait-il pas très difficile de rétablir, dans ces colonies lointaines, une source de richesses qu'elles ont vu tarir si rapidement :

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