JUTE
Il y a cinquante ans; k'uulustrie du jute n'existait pas en France ou du moins elle ny «i^t aucune importance. Pour l'année 1850-51 par exemple (année fiabsant le 31 mars), les exportations de jute des Indes anglaises s*etei%iftnt à 65,228,01 6 livres dont 63,273,168 livres -pour l'Angleterre^ H 1,146,320 livres (500,000 kilos) seulement pour la France.
Actuellement, l'industrie française demande aux Indes d^ quantités considérables de ce textile et, pour les dernières années écoulées, les importations ont atteint les chiffres suivants :
». QuanliU's iniporléo^ Quaaiilés utilisées par l'industrie
(C JiDinerce général) (Commerce spécial)
1894. . . 53,816,193 kil. 53,737,348 kil.
Cette industrie occupe, dans le département de la Somme surtout, un personnel considérable d'ouvriers; et cependant le jute est à peine connu du public français, car sa production est confinée exclusivement aux Indes anglaises et, en Europe même, sa manutention est très localisée.
Le jute ne sert pas seulement à la fabrication de ces sacs grossiers qui portent le nom de gunny-bags et qui servent à l'emballage du coton, du café et du riz. L'industrie européenne, avec toutes ses ressources, a su en tirer un parti plus varié.
On le mélange aujourd'hui au chanvre pour la fabrication des toiles grossières et des cordages; on en fait des velours et peluches pour ameublements, des tresses, des semelles, des lacets, des toiles pour la fabrication du linoléum, des tentures à bon marché, etc.
Le jute est fourni par des plantes appartenant au genre Corchorus de la famille des Tiliacées. Cette même famille fournit, dans nos pays tempérés, le tilleul, dontPécorce est actuellement employée en Russie pour les fibres qu'elle contient. Dans les pays tropicaux, les Greivia, Sparmanniay Triumfettay appartiennent aussi à la famille des Tiliacées et peuvent, comme • le jute, fournir xine filasse utilisable.
Les Corchorus sont habituellement de petits arbrisseaux ou des herbes sous-frutescentes à feuilles dentées. Les fleurs, généralement petites et jaunes, sont portées par des pédicelles courts, axillaires ou opposés aux feuilles. Le fruit est une capsule ou une siliqu^ suivant les espèces.
Les semailles se font en mars, avril ou même quelquefois mai et la récolte a lieu au moment de la floraison, c'est-à-dire environ 80 à 90 jours après les semailles. Le rouissage des tiges se fait en eau stagnante et la décorlication est opérée à la main.
En 1857 la culture du jute, presque complètement confinée au Bengale, y occupait déjà une superficie de 38,000 hectares dont la production annuelle en filasse pouvait être estimée à environ 7 millions de francs.
Actuellement, la superficie cultivée en jute, aux Indes anglaises, a considérablement augmenté et on peut l'estimer à plus de 750,000 hectares. Les exportations ont suivi la marche suivante :
1880 6,681,670 cwts (50 k. 400)
1895 12,976,791 cwts (50 k. 400)
C'est TAngleterre qui reçoit les deux tiers au moins du jute exporté de Tlnde et elle en réexpédie une partie sur le continent.
Mais rinde ne nous expédie pas seulement le jute brut; elle nous fournit aussi des sacs de jute.