GUYANE
Les exportations de produits agricoles sont actuellement insignifiantes. Après avoir, plus que toute autre colonie peut-être, suscité de» légitimes espérances, la Guyane ne connaît plus guère aujourd'hui que l'exploitation des mines d'or et toute la main-d'œuvre disponible se dirige vers les placers, attirée invinciblement par l'espoir d'une fortune rapide. Dans aucun pays on n'a négligé, à un plus haut point, ce qui fait la force d'une colonie : la nourriture et le bien être matériel des habitants. Les cultures vivrières ont été complètement délaissées; il n'existe aucun sanatorium ^ du moins à notre connaissance et, si on en excepte la route qui fait le tour de l'île de Cayenne, les voies de communication font complètement défaut.
Il y a un peu plus de cent ans, en 1797 et 1798, débarquèrent à la Guyane près de cinq cents déportés, qui périrent successivement de chagrin, de maladies, et dedénûment dans les déserts de Sinnamary, d'Approuage et de Conamama, comme, quelque quarante ans auparavant, avaient misérablement péri les quelques colons installés à Kourou. En 1814 la Guyane nous fut rendue etj en 1820, on y transportait des agriculteurs
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cluTiois cl malais qui eurctit le sort des premiers. Cependant. trois ans plus lard, en 1823 et en 1824, de nouveaux immigra nt.s c»n^inaireâ du Jura^ venaient s'installer à Mana; mais ils élaient presque tous étrangers à la culture et le gouvernement dut bientôt les rapatrier. L'année 1828 vit une nouvelle tentative de colonisation, sous la direction de M"^'' Javouliev, supérieure générale de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny; les 39 cultivateurs qu'elle avait amenés la quiltèrenL à la fin de leur engagement, en 1831 ; mais elle ne perd il [las courage et elle obtint Tenvoi d'un terlain nombre de noirs libérés, qui vinrent, à l'établissement des bords de la Mana, se préparer, par le travail, à la liberté dont ils devaient jouir. Cette tentative, un moment couronnée de succès^ fut la dernière. Dès la découverte des mines d'or les travaux agricoles furent définitivement abandonnés. Actuellement^ dans les pénitenciers, on organise, il est vrai, des plantations; mais ces essais agricoles,' limités au territoire de ces établissements, n'auront jamais une grande importance. Cependant, nous avons visité, à une dizaine de kilomètres de Cajenne, une très ancienne plantation de cacaoyers qu'un F'rançais courageux s'était mis en tête de reconstituer. Vains efforts peut-être, car la rareté de la maind'œuvre est un obstacle bien difficile à surmonter !
EXFiJttTAiUîNS OE ï'aODUlTa AGRICOLES ET FORESTIERS EN 1898
Cac^o en fèves .... 14,8i7 kil.
Vanille . J — 50^
Café en fèves 429 —
Bois de rose . , . . . 28,932 —
Uoucou eu pfitc .... 1,842 —
Rlmm et tafia 7,540 —
Essence de bois de rose . 073 —
Balata 400 —
Les exportations de la colonie entière ne correspondant même pas à ce que pourrait facilement produire et exporter un seul petit planteur d'une colonie agricole !(V. p. 354' 3o9, etc.)