‹ La production agricole & forestière dans les colonies françaisesChapitre 67 sur 90 · NOUVELLE-CALÉDONIE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-CALÉDONIE

Notre colonie de la NouvelFe-Calédonie comprend : la Nouvelle- Calédonie propren^^ent dite, les îles Loyalti, l'île des Pins, Tîle Ouen, les îles Belep, Huon et Charterfield, l'archipel des îles Wallis, le groupe des îles Futuna et celui des îles Kerguelen. Enfin l'archipel des Nouvelles-Hébrides dépend aussi de la Nouvelle-Calédonie.

Superficie Populalion

Nouvelle-Calédonie. . 1,196,000 hectares 63,000 habîlariLs

Nouvelles-Hébrides. . 1,515,000 — 72,000 -^

Ile des Pins .... 15,000 — s

Ile Loyalti 278,000 — ^

La Nouvelle-Calédonie, proprement dite est formée d'une première ossaturede terrains primitifs, sur laquelle reposentd'abord des micaschistes, des schistes argileux et ardoisiers (nord) ou des schistes feldspathiques (sud) avec du calcaire siliceux. Les grès et les autres dépôts carbonifériens reposent sur les étages précédents et sont recouverts eux-mêmes par des roches porphyriques et enfin par des calcaires argileux blancs ou colorés par de l'oxyde de fer.

Le climat de la Nouvelle-Calédonie est très sain ; la température moyenne de l'année à Nouméa a été de 23^7 pour un certain nombre d'années; la température varie de 13° à 25^ pendant la saison froide et de 22^ à 38° pendant la saison chaude (octobre à fin mars). C'est une de nos rares colonies où la population blanche puisse s'acclimater facilemeul et, à ce titrcj on peut la considérer comme une colonie de peuple-

ment. Mais il ne faudrait pas s'exagérer cependant la capacité de travail d'un Européen à la Nouvelle-Calédonie ; elle est bien certainement très inférieure à celle du même homme en Europe.

Avant 1895 on comptait 130 familles établies à la Nouvelle- Calédonie sur des exploitations agricoles. Depuis 1895 jusqu'à 1899, 285 nouvelles exploitations agricoles ont été fondées. Vingt-neuf familles sont reparties en France, ce qui représente une proportion de non-réussite de 10 pour 100 (1).

La culture du café est actuellement la plus importante de l'île et, en 1899, l'administration de la colonie évaluait à 4,730,000 le nombre approximatif des caféiers plantés. Les premières plantations de café furent entreprises il y a une quarantaine d'années dans les vallées de Canala et de Nakéty ; actuellement, il en existe un assez grand nombre sur divers points de l'île (2), La France a reçu de sa colonie, en 1894, 70,700 kilog. de café en fèves, 207,681 kilog. en 1896,253,499 kilog. en J897 et 341,689 kilog. en 1898. Il faut ajouter à ces chiffres les quantités consommées sur place pour obtenir la production totale qui est encore, comme on le voit, assez restreinte. La baisse des cafés n'est pas sans inquiéter actuellement fes planteurs de la Nouvelle-Calédonie ; on les engage à cultiver, en même temps que le café, les denrées secondaires telles que le maïs, les haricots et manioc; mais nous doutons que les résultats de ces cultures secondaires soient de nature à satisfaire les espérances qu'ils avaient conçues à leur arrivée dans la colonie.

(1) Revue Coloniale, octobre 1899, p. 586.

(2) D'après des renseignements qui nous ont été communiqués, on trouve en certains points et à peu de profondeur, un sous-sol composé de serpentine; c'est un inconvénient très grave pour une culture comme celle du caféier, car la racine pivotante de Tarbuste ne doit pas être arrêtée dans son développement.

Le maïs est ia céréale la plus cultivée en Calédonie ; il sert à la nourriture des chevaux et des bœufs ; mais il entre peu dans l'alimentation de l'homme. On peut en faire deux récoltes par an.

On cultive aussi les haricots, les pois, la patate, la pomme de terre, le manioc, le tabac, etc. ; mais uniquement pour la consommation locale.

La vigne n'est encore qu'à la période d'essai ; les résultats obtenus permettent cependant d'espérer que cette culture pourra être fructueuse, de même que celle des arbres fruitiers.

La canne à sucre se rencontre partout, chez les indigènes et, à Bourail, un industriel a remis en marche l'ancienne usine de l'administration pénitentiaire pour la fabrication du sucre et du rhum.

On commence à s'occuper de la vanille et de l'indigo ; enfin on poursuit des essais de culture de riz.

Dans ces dernières années, les colons ont été encouragés, par l'administration, à s'occuper de la culture des plantes à caoutchouc et le gouvernement les a aidés, en leur donnant, d'abord gratuitement et à titre d'essai, puis plus tard à titre onéreux, le nombre de graines nécessaires.

Le cocotier se rencontre partout ; il pousse de préférence dans les sols sablonneux salés ou voisins de la mer et le coprah, que fournit le fruit, constitue l'un des principaux articles d'exportation de la Nouvelle-Calédonie ; la colonie en a exporté 1,130,883 kilos en 1898; mais cette quantité pourrait être facilement augmentée.

Le tableau sommaire que nous venons de tracermontre que

l'agriculture calédonnienne est encore très peu développée

et qu'elle est à peine sortie de la période de début. Mais,

depuis près de dix ans, le principal objectif poursuivi par

l'administration et les colons paraît être de développer les

exploitations agricoles ; c'est dans le but de provoquer et de Lecomte. 14"

favoriser ce mouvemenl que V Union agricole calédonienne a été fondée.

Le Jardin d'essais actuel ne répondant, ni par son emplacement, ni par la qualité de ses terres, à ce qu'on. est en droit d'attendre d'une institution de ce genre, l'administration a décidé qu'un nouveau jardin serait créé prochainement sur lesterres de la ferme d'Yakoué.

La main-d'œuvre est surtout assurée par les condamnés, les. libérés et les indigènes des îles Loyal ti ou des Nouvelles-Hébrides. En réalité, il y a pénurie de main-d'œuvre à bon marché.

L'élevage tend à se développer ; le cheval rend déjà dans les^ exploitations d'inappréciables services; le mouton a été acclimaté récemment.

Les forêts de la colonie sont très riches; mais, faute de chemins d'accès, elles sont relativement peu exploitées. Le santal,, devenu rare, se vend très cher. L'Exposition permanente descolonies possédait une belle collection d'échantillons de bois de la Nouvelle-Calédonie et une étude très importante et trèscomplète en a été faite autrefois par M. le général Sebert.

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