SI
Sdo
i.ooo
>i.8ii
.. 36.io8
>.oi5
ii4.o5i
L'égalité ne se maintint pas longtemps entre ta France et l'Angleterre, celle-ci prit peu à peu de l'avance sur sa rivale dans l'importation du coton d'EgypIe. A la mort de Méhémet-Ali, l'influence de la France en Egypte perdit beaucoup de sa prépondérance ; les relations commerciales entre les deux pays se ralentirent. Mais, surtout, c'est entre l'époque où le Jumel fît son apparition et celle oii éclata la guerre de Sécession que l'industrie cotonnière prit, en Angleterre, son plus grand développement. La filature et le tissage, tout en étant une industrie relativement ancienne en Angleterre, étaient loin d'avoir, au commencement du xi\* siècle, l'importance qu'elles avaient prise en 1860. Aussi, à mesure que se développait la consommation de coton brut faite par l'industrie anglaise, augmentait l'importation de coton d'Egypte en Angleterre. Néanmoins, c'est la guerre de Sécession qui consacra définitivement la prépondérance du commerce anglais dans l'exportation de ce produit : le brusque défaut de l'approvisionnement américain força l'industrie an^aise à tripler, .\ quadrupler son approvisionnement de matières premières auprès des autres marchés producteurs. Les autres Ëtats agirent de même, mais dans la mesure où les y forçait le besoin de leur industrie. L'industrie an^aise était celle qui soufTraît le plus de l'interruption des affaires , qui exigeait le plus de matière première pour reprendre le travail; ce fut elle qui importa le plus de coton d'ËgypIe. Nous ne possédons pas les tableaux de l'exportation classés par pays de destination , pour les années de la guerre, mais, d'après M. de Regny, les nations qui reçurent les plus gros chargements de colon, de 1863 à 1869, sont, dans l'ordre suivant, l'Angleterre, l'Italie, la France. Voici, d'après M. Ronchetti, les chiffres de l'importation du coton, en France et, en regard, les chiffres de l'importation totale de ce produit par Alexandrie.
«NHËBS.
COTOn IHPORTÉ EN FHAITCB.
COTON EXPORTÉ BULKUNDBI*.
runes.
i5.3oa.556 13.868. 08a
«o.5ao.,96 t15.576.313 71. 989.51a 6'i.A'i8.5'i3
i8fl3
En comparant le cbiffre des kilogrammes importés en France avec celui des kilogrammes exportés d'Alexandrie, en prélevant pour t'ilalie une part à p(;u près égale à celle de la France et, pour les autres Étals, une part égale à la moitié, on peut se faire une idée de ce qu'a importé l'An^eterre. Quatre ans après la guerre, en 1870, l'exportation du coton se répartissait ainsi , d'après M. de Regny :
qnintHi (kuiUn).
g / Ao^elerre 1 , 667 . 385
5 l France 186-/136
g 1 Italie i43.<|64
^ I Autriche. <l 1 . t Ao
" / Russie 63.676
2 \ Antres pays 16.890
Total de l'eiporUtion 3.168.181
L'Angleterre a donc importé, en iSyOïles à/5 delà récolte. Il faulremar^ quer aussi les progrès de la Russie, qui, avant la guerre de Sécession, ne participait à ce commerce que pour une part bien moindre. Voici, pour l'année 1 87 1 , un tableau de répartition dans lequel la part des divers Etats réunis est à peu près égale au tiers de celle de l'Angleterre.
qiiiiilHi (kuttn).
Aoglelerre 1 . Aoi). '179
Autriche 116. 867
France 135-954
Italie 167.073
Russie Il -i3o
Turquie k. S06
Syrie. 1 5o
Total de l'exporta lion 1 -845. '■53
Depuis 1 87 1 , la répartition des récoltes de coton entre les pays importateurs a subi des fluctuations fréquentes. L'Augleterre a toujours conservé, sur les autres marchés acheteurs de coton , une avance considérable- La
France se classe au second rang; t'AHemagnc, au troisième; au C|uatrième figure un Etat qui, jusque vers i88g, n'a presque pas importé de coton égyptien, parce qu'il est lui-même un des plus grands producteurs du inonde : les Etats- Unis. Ensuite vient la Russie qui , clic aussi , n'entrait pas en ligne de compte. Il y a relativement peu de temps, parmi les importateurs de coton d'Egypte; puis l'Italie, la Belgique, etc. Le tableau suivant rend compte de ces résultats :