I. — LES ACHATS RATIONNELS
Nous avons déjà fait allusion à l'étude de l’Intendan: Général CHayRoU, parue dans la Revue de l'Intendance, sur ce sujet. L'auteur base sa thèse des achats rationnels sur l'application d’une règle administrative, d’après laquelle des échantillons semblables sont classés au cours d’une adjudication, en combinant les coefficients d'utilisation qui leur sont donnés par les experts et les prix stipulés par les soumissionnaires. Pour apprécier quelle est la soumission la plus avantageuse, chaque prix est divisé par le coefficient attribué à chaque échantillon d’après sa valeur d’uti-
P lisation, soit V: L'achat le plus avantageux correspond au
moindre quotient.
Plus on sera entraîné à calculer V et plus on aura de chances d’arriver à discerner, entre deux achats, quel est le plus avantageux. Il semble bien que l’énergétique doive faciliter ce calcul, ou, en tous cas, orienter vers la solution du problème. |
D'autre part, nous devons faire remarquer que l'auteur donne de la valeur d’utilisation, une définition qui se rapproche de celle que nous avons donnée de la valeur éner-
gétique de reproduction (1) : « La formule, ayant la pré- » tention de marquer la plus avantageuse pour un sujet » de deux solutions, doit, sous peine d’une insuffisance de » généralité, prévoir le retentissement possible de chaque » solution sur l'existence entière du sujet. » Cela l’amène à formuler les propositions suivantes (2) :
1° De deux actions A et B, la plus avantageuse est non celle d’où résulte immédiatement la plus grande valeur subjective, mais celle qui entraîne l’existence de plus grande valeur subjective.
Voici l'équivalent de ce que nous avons appelé l'utilité au 2 degré et cela nous rappelle la définition de la valeur d'usage de reproduction.
2° De deux actions A et B de valeur V, et V, et nécessitant la consommation de moyens de réalisation P, et Ps, Vpa el Vw représentant d’ailleurs les valeurs qu'on aurait
pu se procurer avec P, et P, s’ils n'étaient pas consommés . à réaliser A et B, l’action la plus avantageuse correspond à la plus grande des quantités V, - Va, Vy- Vs. Ces notions s’apparentent à la définition que nous avons donnée de la valeur d'usage de production et aux comparaisons que nous avons faites dans nos inégalités.
3° Si les deux actions A et B de valeur V,et V, nécessitent des moyens de réalisation de même espèce P,;et P, et À plus de chacun de ces moyens que B, l’action A est la moins avantageuse, si, avec la différence de moyens Pa - Py, nous pouvons nous procurer une valeur plus grande que V, - Vs.
4° De deux achats semblables, le plus avantageux est le moins cher, si, avec la différence des deux prix, on peut acheter des objets de valeur subjective totale plus grande que la différence des valeurs des achats considérés.
I est facile de voir que l'intervention de la notion d’énergie dans ces propositions les éclairerait et ferait apparaî-
() Intendant Général CHayrou, — Op. cit. page 77. (2) Idem, page 186.
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