COMBUSTIBLES ET ÉLECTRICITÉ
Dans ce qui précède, l’appel à l'énergie est, en somme, voilé et ceux-là même qui pratiquent des prix en relation directe avec des éléments auxquels adhère de l'énergie, ne s’en rendent pas compte. I n’en est plus de même, si nous envisageons les combustibles et l’étectricité.
Les combustibles sont achetés en vue d’un usage bien déterminé. Ils doivent, par leur combustion, dégager des calories dont l'utilisation est prévue, qu’il s’agisse de chauffage domestique, de cuisson des aliments ou de machines thermiques. Toute insuffisance en pouvoir calorifique se traduit par une perte pour l'usager. Celui-ci est donc fondé à ne vouloir payer un combustible qu’en raison directe de son pouvoir chauffant. Or, ce pouvoir peut se déterminer par l’expérience ou par l'analyse. En effet, si des expériences de chauffage peuvent permettre de déterminer empiriquement les services que l’on est en droit d'attendre d’un combustible déterminé, l'analyse et les expériences de laboratoire permettent de serrer le problème de plus près. Aussi, tous les grands consommateurs emploient-ils ces moyens, pour déterminer la valeur des combustibles qu’ils achètent, et basent-ils leurs prix sur le pouvoir calorifique
que possèdent ceux-ci. A titre d’exemple, nous citerons emploi, qui est fait depuis longtemps, de la formule de GoUTAL, pour baser le prix des combustibles sur la mesure des calories que ceux-ci peuvent fournir.
Sans doute, on ne doit pas considérer, dans un combusüble, que le pouvoir calorifique. La vitesse plus ou moins grande avec laquelle cette chaleur est débitée est intéressante pour l’acheteur, car cette vitesse doit varier suivant Pusage auquel on soumet le combustible. Il en résulte que la teneur en carbone brut, la teneur en gaz volatils, le pouvoir cokéfiant, l’existence de substances accélérant ou retardant la combustion, influeront sur le choix d’un charbon, mais de deux charbons ayant une composition identique, c’est celui qui aura le pouvoir calorifique le plus grand qui sera payé le plus cher. Ceci s'applique d’ailleurs aussi bien aux combustibles liquides qu'aux combustibles solides. |
De même que l’on achète le plus souvent des calories, il y a des cas où l’on est appelé à acheter des unités de froid ou frigories. La valeur d’un fluide frigorigène, à employer dans les machines frigorifiques, sera en rapport, en effet, avec le nombre de frigories qu’il fournira. Ces unités représentent, en quelque sorte, de l'énergie négative, puisqu'elles se définissent par la quantité d'énergie nécessaire pour abaisser la température d’un kilogr. d’eau d’un degré.
Si nous nous tournons du côté de la lumière, nous verrons qu’une substance luminescente (certains sels ou gaz raréfiés) a d'autant plus de valeur qu’elle augmente davantage la part d'énergie rayonnée, transformée en énergie lumineuse. Si l’on proportionne le prix au nombre d’unités de flux émis, c’est encore ici l'énergie qui sert de base au prix.
Enfin, l’usage de payer l'électricité d’après le nombre de
kilowats consommés, est trop courant pour qu’il soit né- :
cessaire insister sur ce point. Ici, il s’agit de l'énergie pure. sans mélange à des substances hétérogènes lui servant de support où de masque. Que cette énergie soit transformée
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en énergie de mouvement, en énergie lumineuse ou en énergie calorifique, le consommateur paie exactement l'énergie qu’il a utilisée. Nous trouvons réalisé ainsi l'idéal de l'échange, tel que l’imagine l’énergétique. Il est vrai que cette réalisation est rendue facile par la nature même de l'électricité et par son aptitude à se transporter et à se transmettre. N’étant pas obligée de se cristalliser, en quelque sorte, pour être maniable, mais pouvant au contraire être mise telle quelle à la disposition du consommateur, rien ne s'oppose à l'évaluation des quantités dépensées,