‹ La Production et l'Échange au Point de vue énergétiqueChapitre 66 sur 145 · AUD · texte numérisé non relu

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> des bases psychologiques de la science de la civilisa- » tion, et c'est de ses bases énergétiques que nous nous > occupons ici »

Ce qui précède ne manque pas d'intérêt. On y voit poindre des notions auxquelles nous attribuerons dans la suite une importance capitale : celles des valeurs de production et de jouissance ; la première est d’ailleurs mieux précisée que la seconde, car OSTWALD esquive la définition de celle-ci, en l'appelant valeur subjective et en la repoussant dans le domaine de la psychologie, au lieu de chercher à l’éclairer au moyen de l’énergétique. Nous verrons, par la suite, sous quel vocable il convient de ranser ces notions et comment on peut les exprimer énergétiquement. Disons tout de suite que nous aurons à reviser et à compléter l’idée qu’en donne OSTWALD. Toutefois, nous devons retenir de ce qui précède deux affirmations. En premier lieu, tout produit a coûté au producteur une dépense d'énergie et représente pour lui, par ailleurs, un gain éventuel d'énergie. D'autre part, l'échange n’a lieu que si le gain définitif d'énergie est plus grand, grâce à l’objet reçu, qu’il ne l’aurait été avec l’objet donné.

Par contre, nous ferons remarquer dès maintenant que ces conditions ne sont pas les seules à devoir être remplies, pour que l'échange soit possible. Il en est d’autres que nous indiquerons. Ceci, joint à l’imprécision du langage employé par OSTWALD, montre que ce dernier ma pas fait de la valeur une étude approfondie et définitive.

Nous trouverons dans les considérations sur le même sujet, que nous emprunterons à Sozvay, plus de clarté et de précision, sans pouvoir en déduire encore, toutefois, la solution du problème.

À l’occasion de l'étude des relations existant entre Îles valeurs. physio-énergétiques des ‘objets et les valeurs transactionnistes, SoLvAY, remarquant que celles-ci dépendent généralement de Joffre et de la demande, écrit ce qui suit (1) : « Or, si l'on va au fond des choses, il faut

(1) Sozvay. — Notes sur des formules d'introduction à l’énergétique, déjà citées.

> reconnaitre qu'il ne peut y avoir d'autre valeur réelle, > fondamentale, des objets que celle qui résulte de leur » nécessité physio-énergétique finale, même si elle appa- > rait indirecte quand il s’agit, par exemple, d'objets rela- » tifs à la récréation de l'homme... En effet, la seule chose > qu'on puisse réellement payer en acquérant un objet de » consommation, ce sont les calories, c'est le travail phy- » siologique d'oxydation qu'il apportera directement ou » indirectement, normalement ou abusivement à l'orga- » nisme ; c'est l'accroissement de rendement en énergie » utilisable et il apparaît impossible de payer autre cho- » se. C’est donc cette valeur physio-énergétique qui, au » fond, implicitement ou explicitement. règle l'offre et la » demande. Et, à ce point de vue, les valeurs transaction- > nistes devraient, semble-t-il, être de simples représen- > tations énergétiques des choses et, par conséquent, il » devrait exister en principe un équivalent physio-énergé- » lique de la valeur transactionniste des choses. »

Laissons de côté, pour le moment, cette dernière proposition, dont la réalisation a tenté certains chercheurs, comme nous le rapporterons plus loin, et contentons-nous de noter la conclusion de SoLvay : € Ce qu'il importe de > constater, c’est que, sur ce terrain encore, la physio-éner- >» gie et la PSycho-énergie, par les variations de rende- > ment qui mesurent les phénomènes de plaisir et de pei- > ne, apparaissent comme les facteurs irréductibles et >» essentiels qui se trouvent à la base des phénomènes de » l'économie sociale. »

Nous retrouvons, sous une autre forme, l’idée que nous avons développée plus haut et, d'après laquelle, l'utilité peut se mesurer énergétiquement. Si l'énergie est dans Putilité, elle sera également dans la valeur.

Il y aurait peut-être lieu ici de situer la conception que les énergétistes se font de la valeur, parmi l’ensemble de celles qui ont été successivement proposées par les économistes. Nous croyons devoir renvoyer cet examen à plus tard. Nous PEnsons, en effet, que les quelques développements que nous venons de reproduire ne sont pas

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assez complets pour en déduire une théorie complète de la valeur du point de vue énergétique. Cette ébauche a besoin d’une mise au point, qui fera l’objet de chapitres ultérieurs. Ce n’est qu'après que nous pourrons utilement comparer les notions auxquelles nous serons arrivé, à celles qui sont à la base des théories modernes de la valeur.

D'ailleurs, pour être complet, nous ne pouvons clôre ce chapitre, sans avoir cité la formule que SOLvay a donnée du principe de la valeur et la critique qui en a été faite par WALRAS.

Pour SoLvaY, v — u x.E 3

v — valeur d’une chose.

u — coefficient de proportionnalité dépendant de l’unité de valeur adoptée.

d — désir qu'ont les hommes de posséder la chose qu’ils demandent.

h — nombre de ces hommes.

o — nombre d'éléments offerts de cette chose.

\Vazras démontre (1) que cette formule se confondrait avec la sienne, par l’adjonetion d’une fonction e, qui serait à u ce que E est à v, si SoLvay empruntait son étalon monétaire à une de ses marchandises.

Cette formule correspondrait alors à celle de WALRAS

Vs FR 4 Ry

Vache dans laquelle B est une marchandise ; À le numéraire ; V, et V,les valeurs respectives de B et À ; Recevih étant les raretés moyennes ou intensités moyennes des

(1) WaALRaS. — La caisse d'épargne postale de Vienne et le comptabilisme social. Revue d'Economie politique, 1898,

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