ECHANGE D'UN OUTIL CONTRE DES ÉNERGIES
Cet échange demande à être traité plus en détail que le précédent, car, ici, nous ne voyons intervenir les énergies dans l'échange que d’un côté, puisque de l’autre se présente
un objet matériel. Cependant, ce cas entre dans le précédenteone
En effet, l'emploi de l'outil économise des énergies humaines et ce sont celles-ci qui vont jouer le rôle antagoniste dans l'échange.
Supposons que Primus fabrique un outil et le vende à Secundus qui le paiera en énergies industrielles, parce qu'il consacrera les énergies humaines, économisées grâce à l’ouüil, à produire un supplément d'énergies industrielles.
Données A — outil que Primus donne à Secundus en échange de b. a — énergie humaine gagnée par Secundus, grâce à l'outil A.
b — énergies industrieiies, que Secundus donne à Pri-
mus comme prix de A.
Cr, = énergie humaine totale, dont dispose Primus, grâce à. b.
Ca, = énergie humaine que Primus a dépensée, pour fabriquer A.
Cy, — énergie humaine, que Primus aurait dû dépenser, pour produire b.
Ka, — Coefficient de production de loutil À en énergie humaine pour Primus.
Ka = Coefficient de production de Poutil A en énergie: : humaine pour Secundus.
Ks — Coefficient de production de Secundus en énergies industrielles.
Kr,= Coefficient de production de Primus en énergies industrielles.
CT. = Energie humaine totale, dont dispose Secundus grà- ; ce à À.
Ca,— Energie humaine que Secundus aurait dépensée À pour fabriquer A.
C,.— Energie humaine dépensée par Secundus, pour produire b.
Nous attirons l’attention sur les coefficients K;, et Ka, que nous avons appelés coefficients de production de l'outil A en énergie humaine. Cela signifie que tout se passe comme si Primus, en donnant l’outil, donnait les calories humaines Cr, que cet outil économisera et qui, sans lui, auraient été dissipées sans profit. On peut donc considérer Primus comme ayant produit lui-même ces calories. Or, il
a dépensé, pour fabriquer l’outil, une certaine énergie Ca. Il semble donc que c’est celle-ci, affectée d’un coefficient approprié K;, qui a produit les calories envisagées. Le même raisonnement vaut pour Secundus, qui reçoit l’outil. S'il avait voulu fabriquer l’outil, bien qu’il ait pour cela moins d'aptitude, il aurait dépensé une énergie Ca. La production des calories économisées, par la suite, grâce à l'outil, semblerait le résultat de la dépense de cette énergie affectée d’un coefficient K,.
M. Divisia a donné de l’ophélimité des biens indirects une définition analogue à celle que nous donnons ici, de la productivité du fabricant de l'outil. Il s’exprime ainsi : () « Nous pouvons appeler ophélimité d'un bien indirect, » pour un individu, le produit de l’ophélimité du bien di- > rect qu'il sert à produire, par son coefficient de produc- » tion par rapport à ce bien. » ILy a analogie avec ce que nous venons d'exposer mais, dans notre cas, il s’agit de productivité et non d’ophélimité. Nous dirons par exemple : la productivité indirecte de l'homme due.à l'outil est égale au produit de sa productivité directe par le coefficient de production de l'outil.
Etablissons maintenant l'inégalité relative à Secundus.
Si Secundus avait dû fabriquer l'outil, avant de s’en servir, il aurait dû dépenser pour cela C, .
Donc C;, est le gain en énergies humaine dû à l’outil et K%, Ca, le gain en énergies industrielles.
(1) Divisia, — Op. cit., page 395,