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VALEURS COUTS DE PRODUCTION ET DE REPRODUCTION

Pour Primus, qui recoit b, la valeur de b est une limite supérieure, elle représente le gain maximum en énergie de la nature de a qu’il doit à b. Par suite, la quantité d'énergie a, qu’il cèdera, ne pourra jamais dépasser cette valeur.

Pour Secundus, au contraire, qui donne b, la valeur de b est une limite inférieure ; elle représente la quantité d’énergie de la nature de a qu’il aurait pu produire à la place de b. Donc, la quantité d'énergie a qu’il recevra, ne pourra jamais être inférieure à cette valeur.

Nous touchons ici du doigt, semble-t-il, la raison pour laquelle la notion de valeur a été l’objet d’interprétations divergentes. ‘: .

Le principe de la valeur est le travail, ont dit les uns : or, ceci est le point de vue de celui qui donne. Nous venons de le voir pour Secundus.

Le principe de la valeur est la peine épargnée, disent les autres ; ceci est le point de vue de celui qui reçoit. C’est le cas de Primus, dans l’exemple ci-dessus.

Peut-on admettre une tellc conception hostile à l’unité de la valeur. Rien ne sembie devoir nous en empêcher, au

SIREN ATEN

contraire. Nous avons tous l'intuition qu’au cours de l'échange il existe une certaine marge, à l’intérieur de laquelle peut se déplacer le prix. Toutes les discussions, souvent si âpres et qui finissent cependant à la satisfaction des deux parties, montrent que le prix se fixe à l’intérieur de deux limites. C’est donc bien qu’il n’y a pas un seul prix auquel on accepte de vendre, mais des prix limites, que l’on ne veut pas dépasser. Cette idée offre d’ailleurs un certain air de parenté avec la définition que M. Cozsox (1) donne de la valeur d’usage. Celle-ci est, d’après lui, représentée par le prix limite que chaque partie envisage, audessus ou au-dessous duquel elle ne saurait traiter, suivant qu’elle est acheteur ou vendeur. Cette situation, empruntée à l'échange collectif, se retrouverait donc dans l'échange individuel.

De son côté, M. Axsiaux définit, comme il suit, la valeur d'usage (2) : « Ce que l’on appelle valeur d'usage n’est sou- » vent autre chose que la notion, généralement assez » vague d’ailleurs, du coût de remplacement (de reproduc- » tion) d’un bien de consommation plus ou moins lente... >

Nous croyons, par suite, pouvoir conclure que les valeurs que nous venons de mettre en évidence sont les valeurs d'usage, exprimées énergétiquement, des quantités d’éner-, gie échangées. On peut même préciser que l’une d'elles, celle du vendeur, représente le coût de production de l'énergie cédée, l’autre, celle de l’acheteur, son coût de reproduction.

En effet elles mesurent le sacrifice consenti ou celui qu’il faudrait subir. Si Primus ne donnait pas à, il pour-

rait produire V4, et, si Secundus devait reproduire a, il ne

pourrait produire V,,. Les inégalités (7) et (7 bis) peuvent donc s’écrire :

Valeur coût de AC reproduction de l'acheteur:

NC Valeur coût de

PRES production du vendei

() Cozson. — Cours d'Economie Politique. Théorie générale des phénomènes économiques. Paris, édition définitive, page 211, ' (2) ANsIAUX.:— Traité d'Economie Politique, tome I, Paris 1920,

page 102.

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D’ailleurs, il semble bien être admis généralement que, si chacun gagne dans l’échange, c’est parce que chacun attribue à un même objet une valeur différente. L’originalité de notre théorie serait de montrer que cette appréciation est fondée sur quelque chose de réel.

Par suite, nous sommes en droit d'accorder une certaine confiance aux conclusions que nous avons tirées de l’examen de l’inégalité, mais bien des difficultés restent encore

à résoudre.

Il est admis, en effet, que la valeur est un rapport.

« L'idée d’une valeur absolue, dit, en substance, M. CoL- » SON, est une idée contradictoire, dénuée de sens. L’ex- > pression de valeur intrinsèque, telle qu'on l'emploie gé- » néralement par opposition à l'idée de valeur relative, > manifeste un oubli complet du sens du mot valeur, puis- > que ce mot implique une idée de relation » ().

Ceci est exact, quand il s’agit de la valeur d'échange. Quand nous définirons ceile-ei, nous verrons qu’elle se traduit effectivement par un rapport. La signification du mot valeur dans l’expression valeur d’usage est différente, car, au moyen de celle-ci, on apprécie, on évalue l'avantage attendu du bien que l’on reçoit. Une autre difficulté provient de ce que la concrétisation de la valeur d'usage en énergies heurte des idées établies. La valeur d'usage se définit, en effet, par l’utilité et nous semblons y contredire. Or, ce n’est là qu’une apparence. Sans doute, nous n’envisageons pas l'utilité pour chacun des intéressés des masses d'énergie que nous appelons leurs valeurs d'usage. La raison en est que notre hypothèse nous dispense de nous en occuper pour le moment. Nos inégalités établissent, en effet, ‘seulement une comparaison, un bilan. Quelle que soit l’uti-

lité pour Secundus de Va, et de b, il est bien certain que

jamais b ne pourra dépasser Vo, ; puisque Secundus don-

nerait ainsi plus qu’il n'aurait gagné.

Nous verrons tout à l’heure que cette comparaison n’est pas suffisante pour déterminer la quotité de b. Nous ferons

(1) Cocson. — Op. cit. page 34.

OT (ou

alors appel à l'utilité, pour essayer d’imaginer le processus selon lequel cette quotité de b se détermine.

Nous en concluons qu’au cours de l’échange, l’homme doit évaluer des énergies, puis des utilités. Nous ne faisons donc pas abstraction complète de ces dernières. On peut toutefois se demander, comment nous pouvons apprécier ces quantités d'énergie qui, d’après l’énergétique, mesurent les utilités et les valeurs ? Les appréciations de l'utilité, nous disent les économistes, sont subjectives. On ne peut les mesurer. Nous envisagerons cette objection un peu plus tard quand, ayant établi une formule d’équilibre du prix, elle s’imposera à nous avec une force encore accrue.

De même, nous réservons pour un chapitre ultérieur examen de l’échange collectif et l’interprétation du rôle des intermédiaires que nous ne saurions aborder maintenant, car nous n'avons pas encore le moyen de le faire,

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