LETTRE
f ° 1 ro j Toute la moralité de la vie humaine est dans (' la volonté) de rhomme.
f S'il est vrai que te bien soit bien, il doit l'être au fond de nos cœurs comme dans nos oeuvres, et le premier prix de la (^ vertu) est de sentir qu'on la pratique. Si la bonté morale est conforme à nôtre nature t' homme ne sauroit être sain ni bien constitué ('s'il n'est pas) bon. Si elle ne t'est pas et que l'homme soit (fait pour être) méchant [* il ne peut cesser de l'être sans se corrompre. La bonté (* se?oit) en lui un vice de conformation "l] ['car] i! ("est) 'fait pour nuire {'" aux autres) comme ( " te) loup pour égorger sa proye.
' [l'intention].
^ [justice].
' [qu'autant qu'il est].
* [naturellement] (et se déprave quand il est... [devient] bon... [mots illisibles]).
» [(devient)... «ne» seroit en lui qu'un vice contre nature (et)] fait pour nuire,
« (ou de).
' let).
s (ne).
3 lait(e).
'" [à ses semblables].
■' [la].
'f Le début de la Lettre V a d'abord été esquissé à la suite de la Lettre IV, dont le Manuscrit est à Genève [4 B], f" 33''° : Toute la moralité (des actions) [de la vie] liuniaine est dans (l'estimation... la volonté) [les intentions] {de ceux qui les font) [des hommes]. Un espace de quelques lignes laissé en blanc, puis : S'il est vrai que le bien soit bien, il doit l'être au fond de (noire) [nos] cœur[s| comme dans (les actions de nôtre vie) [nos œuvres] et le premier pri.\ de la vertu est de sentir qu'on la pratique.
t Ici. en marge, sans aucun signe de raccord : Ses bonnes actions mêmes perdent leur prix au fond de son ame par le défaut du motif.
VP LETTRE A SOPHIE 481
(Et comme un loup pitoyable seroit un mauvais loup, 1 un homme humain seroit un animal ' dépravé - [' et la vertu seule nous laisserait des remords].
* Croiriez vous qu'il fut au monde une question rlus facile à résoudre (que celle-cil. v De quoi s'a?it- il pour cela sinon de rentrer en soi-même let) d'examiner tout intérest personnel à part, à quoi nos penclians naturels nous parlent. Quel spectacle nous Jlate le plus, celui des tourmens ou du bonheur d'autrui; [' qu'est] ce qui [* nous est] le plus doux à faire et nous laisse une impression plus a/rréablc après l'avoir fait d' ' un (' crime ou d'une noble? action). Pour qui nous 'intéressions) nous sur ('"nosi théâtres: esl-ce aux forfaits que (" n)ous '-pren(ons) plaisir, " esl-ce ("aux coupablesi que nous 'donnons des larmes ("'de '■ tendresse) et de pitié ; entre le héros malheureux et le tyran triomphant, duquel des « deux « '" nos voeax secrets nous raprochent-ils « ' ' sans cesse ^^ et qui de ■ " nous forcé de c'ioisir n'aimeroit pas mieux encore être le bon qui souffre que le méchant qui prospère tant l'horreur 1'-' du crime 1 l'emporte naturellement en nous sur celle (-- de -' tous les autres mauxi.
[l'o/Z-oH dans une rite ou sur un chemin (-* un) acte de violence et d'injustice à l'instant un -'•' mouvement de colère et d'indignation s'élève
' aussi .
• qu'un loup pitoyable].
' iVous semble-t-il, 6 Sophie, que cela puisse taire une quesUoni. ' Croriez (sici.
^ let).
* idonnel.
' uniei.
" ibienfait... bonne action) acte de bienfaisance ou d'un acte de méchanceté].
'■' interess[ez].
'» [vos].
" v'ous.
'- pren[ez].
" "(les mall'aiteurs ont-ils tous nos vœux secretsi].
" [à leurs auteurs punis].
'» donniez].
" [(d'attendrissementi .
" jpitiéi].
'* ]vosî.
'" [(incessammenti .
"• [vous].
" [de faire le mal].
" [(des) de l'endurer].
" (toutes).
" [quelque].
'" (dépit).
t Ici. en marge, d'une écriture plus récente : Oh Rentrons en 1 moi 1 nous même o mon bon ami. Examinons tout intérest ;/>?/ /A' un signe de raccord à personnel.
c!i( fo'id du cœur et nous parle à prendre la dejj'ense de l'opprime. ([' Un des tourmens] que l'état civil impose aux (-particuliers) est de voir ('incessamment) le mal et de noser ^ ni s'y opposer ni [^ s'en] plainlre ''. Mais [(quand)] ' le devoir naturel nous y « " porte ») ^ un devoir plus puissant nous retient {'" nous avons perdu) le droit de protéger l'innocence (et "c'est un crime '- dans l'ordre social ^^ de ••> s'opposer au mal qu'on voit îaire)].
[.li; contraire si quelque acte de clémence ou de générusité frape nos veux quelle admiration quel amour il nous inspire. Qui est-ce qui ne se dit pas à lui-même ; j'en voudrais avoir fait autant. Les âmes les plus corrompues ne sauraient perdre tout à fait cef" t heureux) penchant (au bien '^) ['■■ le brigand qui ["' dépouille les passons] couvre (" quelquefois) la nudité du pauvre '", il n'y a point de féroce assassin qui ne (coure) '■' sout(enir) un homme tombant en défaillance'\ les traîtres même et les perfides en (-" meditan t) [entre eux leurs] complots [^' se touchent dans la main] « se ^> donnent leur parole et respectent leur foi. (0) homme [-'- pervers tu as beau faire je ne vois en toi qu'un méchant [inconséquent et] maladroit car la nature ne t'a point fait pour l'être]].
On parle (beaucoup -''de la voix '■''des) remords qui punit en secret les crimes cachés et les met [si] souvent en évidence (par la terreur des coupables). Helas ! qui de nous ne connut /'amais -''cette voix importune. On parle par
' (il n'y a que l'ordre... la considération... c'est un des... [Le] plus grand supplice).
' [gens [bien] nés].
' [toujours].
5 (sans).
' (et de laisser les médians tout puissansl.
' [(ce penchant)].
^ ("(excite)].
' [(en vain)].
'" [et les loi.x nous ôtent].
" [dans l'ordre social].
'' [toujours sévèrement puni].
'^ [premier].
" (et celui qui).
'* (les brigans [voleurs]).
•^ (font tant de malheureux) [dépouille! nti].
" [pourtant].
1* (et tel assasin sur un grand chemin qui prend pitié).
'^ sout[ienne].
■" [(com PL0T.4NT) formant].
" (perfides).
-^ (qui que tu sois sonde ton cœur quelque pervers que tu puisses être sonde ton cœur, sonde).
■" [du cris des].
" (du).
"'' (ses).