V*' LETTRE A SOPHIE
sa raison suffisante et ne soit qu'une chimère dans [' la] nature, et comment seroit-elle l'ouvrage « - des -» préjugés si les préjugés mêmes de l'éducation la détraisent. Si vous la voyez dans toute sa force chez les peuples ignorans et rustiques et si sa douce ]voix ne s'étouffe chez les (' peuples) plus cultivés que par les sophisme 1* de la raison).
'•'C'est ainsi que) les premières lueurs du jugement nous éblouissent et (''cachent) » d'abord » tons les objets à nos 'regards. (Mais) attendons que nos • faibles] yeux se {"raffermissent} et bientôt nous reverrons les mêmes objets aux lumières de la raison tels que nous les montrait d'abord île seul intérest dei la nature. Ou plus lot soyons plus simples et moins vains. Bornons-nous en 'sur tout)j aux premiers sentimens que nous trouvons en nous mêmes, puisque c'est toufours à eux que l'étude nous ramène quand elle ne nous a point égarés, f
!' Conscience, conscience instinct dirin^ "voix 1'" céleste' "1" modèle du f " 4 ro '-beaui; ["guide ('* unique) d'un e7re (intelligent et libre, mais ignorant et borné 'luge infaillible du bien et du mal. sublime émanation de la substance ("divine , qui rends l'homme semblable aux Dieux : c'est '■ loi seule '^ qui ''fais l'excellence de (-" ma ) nature.
Sans toi je ne (-' voisi [rien] en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer « -- d'erreurs en erreurs » (^^ à l'aide de ma raison).
' (sa).
» ;(de la)\
' nations plus cultivé[esT.
* [du raisonnement^
° ;si;.
* [confondent .
' (foiblessesi.
* [rouvrent ; (et) se fortifient".
' (sub LiMEl [immortelle et céleste].
'" (inl ERiEiRE 'instinct]).
" (sublime émanation).
" [(vrai)].
" [(guide que rien)].
'■* [assuré].
'' [mais intelligent et libre'.
'* éternelle].
'^ (qu'il doit Texc ellence).
'^ "montres .
" [sa .
" sens .
-' [isans cesser.
=' [à l'aide d'un entendement sans régie et d'une raison sans principe'.
^ Le f° 3''" est resté blanc: et les morceaux suivants sont isolés sur le f" 4.
fo 4 *" Il Attachez vous à faire les choses que vous aimez à voir faire aux autres.
t (Mais j'ai déjà dit que je l'oulois parler à vôtre cœur, et (' que je n'entreprenois) pas (de) dispuier avec les philosophes. Ils auroient beau [me] prouver qu'ils ont raison, je sens qu'ils mentent et je suis persuadé qu'ils le sentent aussi).
'°^r LETTRE 6
Enfin nous ai'ons un guide assuré dans ce Labirinthe des erreurs humaines, mais ce n'es! pas assés qu'il (- nous parle) il faut (^ l'entendre, il faut distinguer sa voix apprendre à) le connaître et le suivre. S'il parle à tous les cœurs « ô » [(ma chère)] Sophie, « * pourquoi donc v en a-t-il si » peu qui l'entendent. Helas, // nous parle la langue de la nature ['' que] tout nous ^ a, fait oublier.
[I^a conscience est timide et craintive, « ' /e v> monde et le bruit t'époul'antent (elle cherche la solitude et la paix) et les préjugés (" qu')on (■' prétend être son) ouvrage, sont ses plus mortels ennemis, elle fuit ou se tait deranl eux (et)
' [non].
^ [existe].
" [savoir].
' [(mais il)].
^ (et c'est... et).
' « elle » [cherche la solitude].
« [dont].
. » [la dit (être) 1'].
t Ojx a vu, plus haut, /» 2 ™, la rédaction définitive de ce développement.
vie LETTRE A SOPHIE 49I
leur l'oix bruyante ' empêche ila sienne) « - de ^ se faire entendre ». * Elle se rebute enfin 1^ après avoir été longtems ' éconduite '' elle ne nous parle plus elle ne nous repond plus et après 1' de\ si longs mépris "pour elle il en coûte autant ("pour) la rappeller («en » soi-mêmei qu'il en coûta pour ("M'en) bannir^.
Quand )e vois chacun de nous sans cesse occupé de l'opinion publique étendre pour ainsi dire son existence tout autour de lui sans en réserver presque rien 1" en 1 son propre cœur, je crois voir un petit insecte former de sa substance une grande toile par (les fils dei laquelle [seuls] il paroit sensible tandis qu' '-on le croiroit mort dans son trou. La vanité de l'homme est la toile d'araignée qu'il tend sur tout ce qui l'environne. [L'une est aussi solide que l'autre] (le) moindre fil qu'on touche ilei met '^ en mouvement il mourroit ('* d'épuisement) si Ton laissoit la toile tranquille, et ('^ quand) d'un doit on la déchire il '° achève de s'épuiser plus tôt que de ne la pas refaire à l'instant. Commençons par [''redevenir] nous, par i"*rentreri en nous, par circonscrire nôtre ame des mêmes bornes que la nature a données à notre être, commençons en un mot par nous rassembler ou nous sommes afin ['" qu'en] cherchant à nous connoitre tout ce qui nous compose vienne à la fois se présenter à nous. Pour moi je pense que celui qui (^"connoitl le mieux en quoi consiste le moi humain est le plus prés de la sagesse et que -' comme le premier trait d'un dessin se (-- compose) des lignes qui le terminent la première idée de l'homme est de " le séparer de tout ce qui n'est pas lui.
Mais comment se fait cette séparation. Cet art n'est pas si difficile qu'on pourroit croire, ou du moins la difficulté n'est pas ou on la croit, et (-* tient)
' [étouffe la sienne et l'J.
' [id'avoirl].
• [is'élever dans nos làmesi cœursi].
* lApr Es).
^ [à force d'être].
^ "elle se rebute à la tin".
' [un".
» (il).'
^ (de mot inachevé) 'de].
"> [la].
" [dans].
" (ill.
" [l'iun et l'autre) insecte].
'* ]de langueur].
•5 [si].
'* acheve[(ra plus tôti].
" (rentrer eni.
'" [nous concentrer].
" (que dans la recherchei.
^ [sait].
" (le premier moyen de nous [bien] connoitre consiste à nous bien rassembler!.
" [forme].
" (bien connoitre les bornes de la nature humaine).
" [dépend].
plus de la volonté que des lumières, il ne faut point un appareil d'études et de recherches pour y parvenir. Le jour nous éclaire et le miroir est devant nous; mais pour le voir il faut jetter les yeux '.
[t Le moyen de les y fixer est d'écarter les objets qui nous en détournent. Recueillez vous - cherchez la solitude voila d'abord tout le secret et par celui-là seul on découvre bientost les ' vôtres. Pensez-vous [en effet] que la philosophie nous apprenne à rentrer en nous mêmes. TAh combien * l'orgueil sous son nom nous en écarte !j C'est tout le contraire ma charmante amie, il faut commencer par rentrer en soi-iméme) pour apprendre à philosopher]. f 1 ^° Il Ne vous effrayez pas je vous conjure; je n'ai pas dessein de vous
[° reléguer] dans un cloistre et « " d'imposer à » une femme [" du] monde une vie d'anachorète. La solitude dont il [* s'agit] est moins de [faire] fermer votre porte et de rester dans votre appartement que de tirer votre ame de la presse comme disoit l'ahbé Terrasson f et ('■' de la) fermer '" aux passions étrangères qui l'assaillent à ».haque instant. .Mais l'un de ces moyens peut (d'abord | aider à l'autre, surtout au commencement; ce n'est pas l'affaire d'un jour de savoir être seul au milieu du monde et après une si longue habitude [" d'exister dans tous] ('- les objets) qui vous entoure(nt) le recueillement de vôtre cœur doit commencer par celui de vos sens. Vous aurez d'abord assès affaire à contenir vôtre imagination sans être obligée encore de fermer vos veux et vos oreilles. Eloignez les objets qui doivent vous distraire; jusqu'à ce que leur présence ne vous distraise plus. .Alors vivez '^ (s'il le fauti sans cesse au milieu [d'eux], vous saurez bien quand il le faudra vous y retrouver avec vous (même). [Je ne vous dis [donc] point quitez la société; je ne vous dis pas même renoncez à la dissipation et aux vains plaisirs du monde. Mais je vous dis aprenez à être seule sans ennui. Vous n'entendrez jamais la voix de la nature. Vous ne vous connoitrez jamais sans cela. Ne craignez pas que [l'exercice de] ces ('* petites) retraites vous rende
' (en écar tant).
' [ne fuyez)].
^ Sic. // y a là sans dnute tin laptsus de plume : vôtres pour autres.
* (la voi X).
* (confi ner).
^ (de (faire d't [réduire]).
' (d'un).
' (est que stioni.
" [d'en].
"> [l'abord].
" (de vous trans porter ?).
'- [ce (qui)].
" (au milieu).
'* [courtes].
t // semble qu'il J'ai /le place)- ici cette addition marginale, que ne précède ni ne suit aucun signe de raccord.
t Sur cette citation, cf., à la Bibliographie, la note du n" 212.