‹ La "Profession de foi du vicaire savoyard"Chapitre 18 sur 176 · LA REDACTION ET LES SUGGESTIONS CONTEMPORAINES XXXIII · texte numérisé non relu

LA REDACTION ET LES SUGGESTIONS CONTEMPORAINES XXXIII

affaires ». Ce sont là des formules qui trahissent une information très indirecte et même imprécise. Rousseau aura pu confondre deux noms analogues: il aura pu surtout être desservi par des souvenirs déjà vieux de trente ans. Il avait jadis entendu parler de quelque desservant de Savoie dont l'inconduite avait fait scandale. Pourquoi ce prêtre trop sensible n"aurait-il pas été cet abbé Gâtier, dont les « i^rands yeux bleus » semblaient révéler un tempérament romanesque ? Fn tout cas, cette défaillance, si « naturelle », d'un cœur aimant méritait bien d'être attribuée au Vicaire savovard, à ce « bon prêtre ». qui, pour être prêtre, n'en était pas moins « homme ». et qui prêchait à son jeune disciple le Dieu de la Nature et du cœur? Plus tard, en rédigeant ses Conjessions. il crut pouvoir restituer à Gàtier l'aventure de son Vicaire ; et, pas un instant, sans doute, il ne se rendit compte que cette conjecture, peut-être téméraire, pouvait passer pour une calomnie. D'avoir apporté une nuance au portrait du prêtre idéal demeurait à ses veux un honneur enviable, dont personne ne pouvait faire fi, même si cet honneur était injustifié : véridique ou non, devait-il se dire à lui-même, « je me flatte que l'imitation n'a pas déshonoré ses modèles » '.

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