II
^ Cf., plus loin. pp. 145 et 2H3 de cette édition.
' Cl'., plus loin, dans cette Introduction, pp. li, lxix-lxx.
* Les éditeurs de la Correspondance ont placé au début de Novembre i-tK) un fragment de Lettre à M **» (X, 234-235), où Rousseau, faisant allusion aux théories irrélij;ieuses de Wolmar, laissait entendre qu'elles trouveraient une réponse dans la
XXXVI INTRODUCTION
du 2 1 Décembre 1760 : « Je ne mMmagine pas, lui écrit-il, que mon Traité de l'Éducation puisse être imprimé dans le rovaume, au moins pour la première fois, sans 'une mutilation à laquelle je ne consentirai jamais, attendu que ce qu'il faudrait ùter est précisément ce que le livre a de plus utile » ^. Cette allusion précède de dix-huit mois à peine l'apparition de VEmile. Heureusement les Manuscrits nous permettent de remonter plus haut, et de fixer une date très probable à la rédaction primitive du morceau.
Sous sa forme définitive, on le sait, la Profession de foi coniicni, à plusieurs reprises, la réfutation des doctrines d'Helvetius : Sou\erainetc de la sensation dans la vie spirituelle, passivité du juijement, assimilation de l'homme aux animaux, puissance sensitive de la matière, inintelligibililé de l'idée de liberté, suprématie de l'intérêt en morale, — quelques-uns des paradoxes les plus audacieux du livre De ilîspnt sont un à un examinés et réfutés par le \'icaire ^. Or, toutes ces attaques contre Helvetius manquent dans le plus ancien Brouillon de VEmile. Par deux fois, il est vrai, en relisant ce Brouillon. Rousseau a noté en marge quelques formules d'Helvetius qu'il se proposait de réfuter 3; mais ce sont là de très brèves références, ajoutées après coup. qui devaient amorcer de nouveaux développements, et qui laissent intact le corps même du texte. Il semble donc qu'on en puisse légitimement conclure que cette Rédaction de la Profession de foi est antérieure, sinon à l'apparition de l'ouvrage d'Helvetius, du moins à sa lecture par Rousseau. Nous ne savons pas quand Rousseau a lu le livre De l'Esprit. Celui-ci avait paru dans les premiers jours d".\oùt ijSH. Le 22 Octobre, Rousseau ne l'avait pas encore lu ^. On peut conjecturer que l'année ne s'acheva pas sans que Rousseau ait fait connaissance avec cette œu\re
Profession de fui. » Il reste là-dessus, écrivait-il. d'importantes vérités à dire, et qui doivent être dites par un croyant. Je serai ce croyant-là ; et, si je n'ai pas le talent nécessaire, j'aurai du moins l'intrépidité ». Cette lettre est adressée à Duclos, mais elle est mal datée. Le texte complet en est conservé à Neuchâtel [12 A], Rousseau y annonce à Duclos l'envoi de la VI' Partie de la Nouvelle Héloïse : la Lettre est donc postérieure à celle du 19 Novembre 1760 (X, 242), écrite au même Duclos, en lui envoyant la V* Partie, et doit se placer à une date sensiblement voisine de la Lettre à Guérin,
' Cf., plus-loin, dans cette édition, les pp, 79-S-, iSg-iô?, 177-179, 185-191, 243, 2h3. 2119, et les notes qui s'v rapportent, où l'on trouvera cités les textes d'Helvetius.
' Cf., plus loin, dans cette édition, pp. 184 et 5o2-5o3.
■* Lettre à Vernes, \, 196.