‹ La "Profession de foi du vicaire savoyard"Chapitre 28 sur 176 · L IMPRESSION ET LA CONDAMNATION XLVII · texte numérisé non relu

L IMPRESSION ET LA CONDAMNATION XLVII

meur, mais son coéditeur. et cherchait seulement à lui \cndre le plus cher possible le droit d"imprimer VÉmile parallèlement à l'édition de Paris. Cette négociation est postérieure au traité de Duchesne avec Rousseau, puisqu'elle ne fut conclue que vers la mi-Novembre 1761 '. alors qu'un volume était déjà, en grande partie, imprimé. Ainsi, dès les premières épreuves, Rousseau aurait pu s'apercevoir que l'impression se faisait en France et qu'il y aurait, tout compte fait, deux éditions, l'une française et l'autre hollandaise: mais il semble que c'est assez tard seulement qu'il se rendit à l'évidence. Il s'en plaignit alors à Malesherbes, qui fut fort surpris qu'il s'en fût avisé si tard '-.

' Rey à Rousseau, Lettres du i5 Novembre 1761 [14 C], 134" : « .M. Duchesne aurait bien fait de s'adresser à moi pour le Traité de l'éducation... Il demande 2.C00 francs ici, à Amsterdam, qu'il n'obtiendra jamais»: et, du 7 Décembre, i36" ; « M. Jean Ncaulme. libraire, a donné pouvoir à M. Guérin pour conclure le marché avec Duchesne, ce qu'il a fait pour la somme de Hîoo livres ». Ce traité particulier devait être accompagné dune convention générale pour toutes les œuvres de Rousseau, car je retrouve ce fragment dans les papiers de Neuchàtel ^^14 B], i : « Nous soussignés, Nicolas-Bonavanture Duchesne, libraire à Paris, d'une part, Jean Néauime, libraire à .\msterdam, d'autre part, sommes convenus de nous communiquer de bonne foi la faculté d'imprimer, soit en société, soit chacun en notre particulier, les ouvrage.'; manuscrits, que l'un de nous, ou nous deux conjointement, pourrons acquérir de .\f. .lean-Jacques Rousseau, cito\-en de Genève ».

■ Malesherbes à Rousseau, Lettre du 14 Décembre [26 , II, 422 : « Je savais il v a longtemps que l'ouvrage s'imprimait en France ; je croyais que vous le saviez aussi ; c'est pour cela que j'ai oublié de vous le mander. » Et, la semaine précédente, Malesherbes insinuait déjà à Rousseau. 419 : « Je dois vous avertir que je doute que son marché ^de Duchesne^ avec Néauime existe, et que j'ai lieu de croire que c'est ailleurs qu'il fait imprimer ». Cependant, Rousseau écrit dans le NJ" Livre des Confessions, l\, 14 : « Durant tous ces essais [de Duchesne. sur le choix du caractère et du format', je vis bien que l'ouvrage s'imprimait en France ainsi qu'en Hollande, et qu'il s'en faisait à la fois deux éditions » : et, en ert'et, dès le 20 Novembre, il écrivait à Duchesne, IX, 282 : « Loin d'être fâché de votre traité avec le sieur Néauime, j'en suis charmé... J'espère que M. Néauime voudra bien soigner sa contrefaçon », ce qui semblerait impliquer, dans l'esprit de Rousseau, que Néauime n'imprimait pas sur le .Manuscrit et que Duchesne était à lui-même son imprimeur. Mais Rousseau gardait un doute, puisque, dix jours plus tard, dans ses Propositions au Sieur Duchesne '269], 599, il met cette condition au maintien de son traité avec lui : « Que, si le Sieur Duchesne a réellement un traité avec le Sieur Néauime, ce traité soit révoqué, et qu'il en soit fait avec moi un semblable, au moven duquel je me chargerai de l'édition étrangère, soit en Hollande, soit ailleurs..*... Bien entendu que je ne serai point tenu de suivre dans cette édition la lenteur du Sieur Duchesne ». Même dans le dernier mois de l'impression, Rousseau se figure que Duchesne s'est enfin décidé à faire imprimer hors de France : cf. sa Lettre à Moultou, du 25 .\vril 1762, .\, 320 : « Je crois que le libraire a pris le parti de revenir au premier arrangement, et de faire imprimer en Hollande, comme il s'v était d'abord engagé ». Tout le détail de cette alïaire n'est pas facile à élucider.

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