‹ La "Profession de foi du vicaire savoyard"Chapitre 35 sur 176 · I. Le Manuscrit corrigé des V"^ et VI' « Lettres à Sophie · texte numérisé non relu

I. Le Manuscrit corrigé des V"^ et VI' « Lettres à Sophie

On a vu que, dans l'automne de 1 767, peut-être même un peu plus tôt. pour se « délasser de son travail de copiste »- — il recopiait alors la Julie de .Mme d'Houdetot. — Rousseau avait commencé, pour elle aussi.

' Confessions, VIII, 80.

• A M"' d'Houdetot. Lettre du 28 Janvier 1758 [34]. 23/.

LVIII INTRODUCTION

des Lettres morales. Sans doute le projet fut accueilli sans enthousiasme, car Rousseau l'abandonna : ou plutôt l'élargissant, il transforma ces « Lettres » sur la morale, en un discours sur la morale et ses fondements, c'est-à-dire sur la Religion et sur le code des devoirs qu'elle soutient. Bien des paroles qu'il avait adressées à Sophie pouvaient être reprises par le Vicaire. Retournant donc au brouillon de ses Lettres, il les retoucha pour les utiliser. Les appels à « Sophie ». à « ma chère amie » turent supprimés. Au-dessus, en surcharge, il écrivit « bon jeune homme », « ô mon bon ami » : « remplacement symbolique », dit très justement M. Ritter : « l'image de Mme d'Houdetot s'est effacée dans le cœur de Jean-Jacques .: le disciple idéal vient prendre sa place » '. Lne bonne partie des \'^ et V'I'^ Lettres à Sophie a ainsi passé dans la Profession. Le brouillon de ces Lettres est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque de Neuchàtel sous le n" 7890. Avec elles, se trouve une autre Lettre, à laquelle Rousseau n'a pas donné de numéro d'ordre, et qui est également adressée à Sophie, comme l'a montré M. Ritter. Au dos de cette dernière, une main du XYlIl"^ siècle, peut-être un secrétaire de Du Peyrou, a écrit : « Brouillon de quelques Lettres de J. J. Rousseau à une dame de ses amies ». Les deux Lettres qui nous intéressent forment deux petits fascicules indépendants, chacun de quatre feuillets petit in-4" ciSoXiHo). Chaque côté de ces feuillets est également partagé en deux, la partie de droite contenant le texte primitif, la partie de gauche les additions ou corrections. Rousseau a écrit au recto et au verso. Ces ¥■= et VI"^ Lettres ont été publiées, ou plutôt reconstituées et un peu simplifiées, par .^L P^ugène Ritter, en 1888, dans les Verliandltingen der neununddreissigsten t'ersainm/uiig deutscher Pbilologen und Scliulmaenner in Ziirich et reproduites par lui, en if)o6. dans les Annales J. J. Rousseau 3i\ On en trouvera plus loin, aux .Appendices. \, le texte intégral, il est difiicile, dans l'état actuel de ces brouillons, de discerner, avec une entière certitude, ce qui appartient à la rédaction primitive des Lettres à Sophie et ce qui a été ajouté ou modifié en vue de l'insertion dans la Profession de foi. — D'après une note marginale du premier Manuscrit de VEmile -, où Rousseau se rappelle à lui-même qu'il veut mettre dans la bouche du N'icaire ce qu'il avait écrit à Sophie, on pourrait supposer que cette revision des V'= et \'L' Lettres est postérieure aux premiers plans et

' .l.-J. Rousseau et A/"" d'Huudetot '49], II, 111.

^ F" 164" : cf., dans la présente édition, p. 234. Ce premier .Manuscrit est le Mantiscril l'civre, qui est décrit plus loin au 5 3.

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