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réalité la représentation de Prométhéo enchaîné sur son rocher et nourrissant un vautour de ses entrailles renaissantes — immortale jecur ; seulement, on avait remplacé Toiseau par un ours qui dévora Laureolus vivant.
C'est mieux que de voir Batty égratigné par un de ses lions, — ô vous qui suivez ce genre de spectacle dans l'espoir de le voir dévorer !
Enfin, — et, ici encore, je cite textuellement mon auteur, junctam Psisiphaen dictœo crédite tauroy etc.
« Ne rgvoquez plus en doute, dit RXartial, l'histoire de Pasiphaô et de son taureau; car César Domitien nous en a donné le spectacle dans ce cirque dû à sa munificence. » (J'adoucis le texte.) C'était un remarquable coquin que ce Martial; en accablant Domitien de louanges écœurantes, il se permettait d'appeler Néron
un tyran et d'en parler légèrement; mais Domitien mort, le poôte découvrit que c'avait été un despote cruel, et il ne lui ménagea pas la vérité, reportant son encens du côté de Nerva et de Trajan, qui détournèrent le nez avec dégoût.
Ce genre d'écrivain est une espèce de monstre heureusement rare, et Ton aurait peut-ôtre quelque peine, de notre temps, à en trouver vingtcinq.
Parlons un peu, ô Parisiens mes amisl de vos courses, de vos courtisanes, de vos voitures.
Vous faites ce que vous pouvez, je le sais; mais, enfin, il est bon de vous montrer le but, car vous ne serez la Ville — Urbs — que lorsque vous aurez atteint ce but. Qu'est-ce que vos fameXix huit-ressorts? qu'est-ce que leâ sottises que vous faites pour vos amantes publiques, à côté de Marc- Antoine , un des maîtres du monde, qui se faisait promener dans Rome, avec la comédienne Cithéris , sur un char traîné par des lions ?
Héliogabale avait, lui, des chars tirés par quatre éléphants; d'autres, par quatre lions; d'autres, par quatre cerfs ; d'autres, par quatre femmes nues, et cela roulait sous des portiques où le sable était remplacé par de la poudre d^or et d'argent.
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Et VOUS n^en êtes encore qu^au macadam et aux danseuses décolletées par en haut et par en bas jusqu'à la ceinture, et aux femme» du monde portant des fers à cheval aux oreilles; des femmes ferrées, c'est déjà quelque chose, mais des femmes chevaux. . . quelle distance !
Parlons des chevaux.
Lorsque j'ai lu dans les journaux que de jeunes sportmen s'étaient montrés au Champ de Mars de Paris avec des voiles bleus et verts, lorsque quelques spécimens se sont fait voir à Nice, je n'ai pu croire d'abord que ces voiles eussent pour but de préserver du hâle les teints délicats de ces hommes; je les ai* pris pour des drapeaux, des cocardes, un signe de ralliement; j'ai cru que nous allions voir renaître, à propos des courses, les factions, bleue et verte, qui animèrent tant les Romains sous les Césars, et sous leurs successeurs jusqu'à Justinien ; en effet, la faction bleue ou venète et la faction verte ou prasine avaient des partisans opposés, acharnés, ennemis.
De la faction rouge et de la faction blanche^ il
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n'était mention qu'accessoirement, quoique cependant Félix, célèbre cocher de la faction rouge ^ étant mort, un de ses partisans se jeta sur le bûcher qui consumait son corps, et n'en fut retiré que fort roussi.
Je suppose qu'il y avait bien un peu do « politique » là-dessous. La couleur qu'adoptait l'empereur avait naturellement un grand nombre de dévots, mais aussi quelques adversaires qui arboraient la couleur contraire. Il suffît qu'une fois le bleu ait été opposé au i?ert pour qucla lutte se soit trouvée établie à jamais entre ces deux couleurs venète et prasine.
Domitien ajouta deux nouvelles factionSj la pourpre et la dorée ; mais elles paraissent ne pas avoir réussi , et lui-même protégeait la faction verte.
César Néron était partisan de la faction verte, et conduisit lui-même un char dans le cirque vôtu de la livrée prasine.
Tandis que Caracalla s'y montrait avec la livrée venète, Héliogabale était si passionné pour les verts ^ qu'il dînait et, couchait dans leiir
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écurie. Il donna à Euthychius, cocher verty près de 400,000 francs.
On tua Héliogabale lorsqu'il allait faire consul le cheval Incitatus, appartenant à la faction prasine; j'avoue que j'ai toujours regretté cette fin prématurée qui arrêta la carrière politique d^Incitatus.
Incitatus avait une écurie de marbre, une auge d'ivoire, des couvertures de pourpre, des colliers de perles, etc.
La veille des courses, des soldats veillaient pour qu'aucun bruit ne troublât le sommeil de ce favori.
A Paris, au moment des succès de Gladiateur, le public du sport a parlé, il est vrai, du sénat, mais .seulement comme devant être ouvert au maître du cheval.
Vitellius, qui, dans sa jeunesse, avait pourtant servi de cocher à Caligula, et avait en conséquence porté la livrée verte, était bleu au fond du coeur, et dut son premier commandement à l'amitié et à l'influence de T. Vinius, tout-puissant alors et bleu comme lui.
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Une fois empereur, il s'empressa de se venger d'avoir été prasin malgré lui, et fit tuer des gens qui avaient mal parlé des venètes.
Vérus, qui partagea l'empire avec Marc-Aurèle, était un vert ardent, et, un jour, pendant les jeux, — les bleus j irrités de sa partialité et de ses injustices en faveur des verts, l'accablèrent pu- Wiquement d'injures.
Est-ce cette avanie qui inspira à Marc- Aurèle une pensée q\ie l'on trouve dans ses écrits :
a J'avais appris do mon gouveriieur à ne ja- . mais prendre parti dans les courses du cirque pour les verts ou pour les bleus; ni dans les combats de gladiateurs pour les grands ou les petits boucliers. » «
Ce Vérus portait toujours sur lui l'image en or d'un cheval de la faction prasine appelé Ptéris {VOisesLu) ; il lui érigea un tombeau sur le Vatican ; du reste. César Auguste en avait élevé un à son cheval, ainsi que César Adrien au sien, qui s'appelait Borysf/iène. Tous ces gens-là avaient vu les hommes de telle façon à leurs genoux, qu'ils