‹ La promenade des AnglaisChapitre 14 sur 22 · SUR LA PAUVRETÉ VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

SUR LA PAUVRETÉ VOLONTAIRE

ceux qUi îie le soiit pas, ils ont consenti â ne le paraître pas eux-mêmes.

Ils ôiit adopté les habits de drap de couleur sombre, les pantalons et les bottes.

ils fie se sont plus permis que des luxes timides, faciles â atteindre ou à contrefaire:

Les bottes vernies, dont tout oomniis tnar*' . chand se régale le dimanche pour cinquante céiitimes, et les gants jaunes, qui côûteht cinquaiïte souSj et dont on trouve le semblant pour virfgtrieuf sous et môme au-dessous ;

Lés cigares à cinq sous, que tel einployé de ministère se contente de porter à ïa bouche ^aris le f ùiiier, qu'il allume dans les grandes occasion^ quand les spectateurs sont nombreux et géiïs comme il faut, et qu'il éteint ail Coin de la première rtié.

Ifei les gens riches mettaient des souliers de velours, il n'y aurait pas moyen de faire comme eui^, parce que la JDremiéré paire dé souliers de vélour^ reviendrait â l'imitateur à huit ou dix riiille francs, attendu qu'il est j liste d'y comprend dre le prix de la voiture et des chevaux, sans

lesquels il n'y a pas moyen de porteF des souliers de velours.

Si, au lieu de cigares à cinq sous, puisqu'ils veulent absolument fumer, ils avaient des pipes d'une grande richesse : ou la pipe turque, dont le bouquin d'ambre peut valoir cinquante francs, et que l'on peut encore enrichir de brillants émaux; ou la pipe allemande, ornée de peintures précieuses,

La grande pipe de cerisier ou de jasmin ou le narghilé, dans lesquels les jeunes gens riches et élégants fumeraient, dans leurs calèches, du tabac parfumé, auraient un tout autre air que les cigares à cinq sous et môme à dix sous, le plus haut point de luxe en ce genre.

Mais j'ai beau prêcher, le genre humain a de tout temps été mené par les sots et par les bossus ; il en ^era de même jusqu'à la consommation d^s siècles, ce qui est évident, surtout aujourd'hui que l'on a inventé le gouvernement des majorités.

Page 1