LES BNFANT8 AUX TUILERIES
comme elles prennent déjà des airs mélanco* liques ! comme elles se rapetissent la bouche ! comme elles se tiennent roides! comme elles font des mines! que d'affectation, de mensonge, de vanité!
Un petit garçon est un petit garçon, Si vous lui mettez de beaux habits, il les déchirera, il les salira; il faut qu'il coure, quHl saute, qu'il s'amuse.
Une petite fille n'est qu'une femme plus petite! elle ne se transformera pas ; elle grandira, et voilà tout. Une petite fille de six ans est prête à tout.
Rien n'est si dangereux et si ridicule que de les accoutumer ainsi à chercher les regards, à faire de l'effet, à vivre sur un théâtre.
Ce ne sont plus des enfants qui s'amusent, ce sont des danseuses qui sollicitent des applaudissements.
Plus tard, on continue cette éducation théâtrale : le piano les accoutume à chanter en public comme elles y sautaient à la corde ; puis, quand elles sont entrées dans les devoirs sérieux du
mariage, elles ne pou vent vivre sans spectateurs, sans succès, sans applaudissements. .
Le silence et l'ombre les ennuient, elles veulent paraître, elles veulent jouer un rôle, elles veulent rencontrer les regards, faire parler d*elles, elles le veulent à tout prix.
Il faut dire cependant que le plus grand nombre recule encore devant le moyen extrême de donner de l'arsenic à leurs maris — pour forcer un peu la paresse de Tattention publique.