LA STATUE DE SAINT PAUL
Jean Pillot aurait peut-être répondu quelque chose; mais il vint en ce moment un ami de maître Nicolas, et Jean s'alla coucher le cœur bien gros : il connaissait l'inflexible respect do maître Nicolas pour la parole donnée, et il venait de perdre à tout jamais l'espoir d'ôtre répoux de Noëmi.
Le personnage qui venait d'entrer était un vieillard fort estimé pour sa science et ses connaissances en tout genre, Nicolas Rémy avait eu pour héritage une bibliothèque très-nombreuse dont il ne se servait guère, vu qu'il n'était nullement clerc et ne lisait un peu facilement que dans les livres de dépense et do recette; mais il prêtait avec plaisir ses livres à son vieil ami, qui passait ses journées entières et une partie de ses nuits à lire et à étudier. Il venait rapporter les livres qu'il avait empruntés la veille, et en prendre de nouveaux.
Le lendemain matin, Jean et Noëmi se trou^
vèrent ensemble dans la* boutique; la fille de
maître Nicolas apprit alors le mauvais accueil
qu'avait fait son père à l'amour du jeune commis.
— Hélas ! dit Jean^ il voulait me chasser;' pour ne pas être exilé loin de vous, pour continuer à vous voir,, j^ai promis de renoncer à mes si dou* ces espérances, et de ne jamais vous parler de mion amour.
-^ Jean/ reprit Nocmi y un serment est saeréy et Dieu maudit ceux qui ne le respectent pas. Remercions-le d^avoir permis que nous ne soyons pas séparés. J'obéirai à mon père, puisqu'il ne veut pas que vous soyez mon époux ^ mais, malgré sa sévérité^ il est bon, et jamais il ne me commandera d'en épouser un autre; à Tavenir, notis ne parlerons plus des proj^s que sa volonté a détruits.
Et elle tendit la main à Jean.
CeluÎHîi allait la prendre, lorsque rhommë vêtu de gris entra ; il avait oublié la. veiUs un vcdume très-important, et dans lequel il espérait trouver des documents très-rares. No&ni rougit^ et Jean laissa tristement retomber sa main.
-^ Jean^ man fils, dit rhomme vota de gris, va voir si mon compère Nicolas dort encore, et