CHAPITRE PREMIER
La promesse de contrat crée pour celui à qui elle est adressée une situation stable. À la différence du destinataire d’une offre, il sait qu’il pourra conclure le contrat quand il lui plaira, car ie promettant est lié et ne peut pas retirer sa promesse. Cette sécurité juridique est pour le bénéficiaire un avantage considérable. Il peut examiner en toute tranquillité les avantages de l’affaire à lui proposée et lorsqu'il est décidé à lever l’option, C'est-à-dire à conclure le contrat définitif, il ne risque pas de se heurter à un refus du promettant, parce que celui qui a promis a émis un consentement irrévocable, La promesse de contrat est plus définitive que l’offre, et si les nécessités pratiques ont obligé la jurisprudence à reconnaître au destinataire d’une simple pollicitation un délai moral pour lui permettre d'examiner les propositions qui lui sont faites, il n’en reste pas moins que ce délai ne peut exister que dans des circonstances exceptionnelles et qu’il est strictement limité. Ici, au contraire, le promettant est à l’entière discrétion du bénéficiaire de la promesse. Mais s’il a consenti à aliéner
(Di) 1 ainsi une partie de sa liberté, c’est parce que son intérêt bien compris lui commandait d’agir ainsi, c’est parce qu’en échange, il en a retiré ou compte en retirer des avantages. A première vue, évidemment, l'opération ne semble procurer aucun bénéfice au promettant, mais cela tient à ce que cette contre-partie, qui existe dans tous les actes juridiques, est le plus souvent lointaine ou indirecte. Par exemple, le promettant peut avoir un gros intérêt à conclure le contrat et c’est à un moyen d’en faciliter la conclusion. En effet, le bénéficiaire traitera de préférence avec le promettant car il n'aura pas à renouveler avec une tierce personne le marchandage et les discussions qui lui ont permis d'obtenir les conditions fixées dans la promesse.