SCÈNE vn
ATHÉNÉ (seule)
Chaque parole du Titan m'irrite et je l'écoute Il porte eu lui, je ne sais quelle flamme, une ardeur généreuse, un tel souci d'autrui, un tel oubli de soi,
qu'il s'agisse de Zeus ou bien des Éphémères, que je reste attentive et muette à ses dires pervers.
— Mon esprit se refuse à décider entre mon Père et lui. Juger Zeus, le condamner peut-être, moi, sa fille ! Impiété! ce Daïmon n'est qu'un factieux,
un habile, qui devançant les Dieux auprès de rÉphémère, veut nous ravir le sceptre de la Terre Si ses actes sont fourbes, ses paroles démentes, par sa mère Thémis inspiré, il connaît l'Avenir. Prométhée seul avec Apollon, reçut le don de prophétie. Gomment me dérober au trouble qu'il me jette ? — - Je donnerai mon nom à une ville d'éphémères î j'habiterai, joyeuse, le temple qu'ils me dédieront Alors, farouche et passionnée pour mon peuple et ma ville On me verra lutter contre mon Père môme
— Je ne puis à cette heure l'interroger ; l'ivresse du triomphe escarboucle ses yeux. Pour mériter ici, mon renom de sagesse,
ne rien trahir de mon penchant, ni du devoir
je me retire du conflit ;
que la volonté du Destin s'accomplisse î
THÉÂTRE DE LA ROSE f CROIX