‹ La propagation du Christianisme dans les trois premiers siècles d'après les conclusions de M. HarnackChapitre 2 sur 9 · LES FAITS · texte numérisé non relu

LES FAITS

Notre première tâche consiste à établir les faits, à dessiner, d'après les textes, un tableau de la propagation du christianisme dans l'Empire. M. Harnack y consacre tout son quatrième livre (1) ; c'est d'ailleurs la partie la plus neuve, comme aussi la plus méritoire et la plus incontestée, de son œuvre. Il arrête son enquête au commencement du iv« siècle, c'est-à-dire au moment où le christianisme, après plus de deux siècles de persécution, s'impose enfin à la tolérance du pouvoir impérial et est élevé, grâce à Constantin, au rang de religion licite, en attendant de devenir bientôt religion privilégiée. La date n'est pas arbitraire; elle marque bien un tournant décisif dans l'histoire de la propagande

(1) Tome II do la seconde édition.

chrétienne. Car, depuis cette époque, il n'est pas douteux que la bienveillance du pouvoir et une situation désormais assurée n'aient apporté à la cause de PEglise un élément de succès aussi efficace qu'imprévu, et qui détermina bien des conversions ; mais précisément Faction de ces auxiliaires trop humains ne permet plus de discerner la part qui revient au prosélytisme religieux de celle qui revient à l'intérêt personnel ou à la pression politique. Si l'on veut juger de la vitalité propre du Christianisme et de sa force spontanée, il faut voir où en était la nouvelle religion lorsque Constantin vint la faire bénéficier du prestige et des faveurs d'un patronage officiel.

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