‹ La prophylaxie actuelle de la diphtérieChapitre 29 sur 38 · LES JOURS SUIVANTS · texte numérisé non relu

LES JOURS SUIVANTS

La prophylaxie se borne à continuer la surveillance quotidienne 1de toutes les gorges (des sujets sains aussi bien que des porteurs de germe), afin de dépister, dès leur apparition, les moindres signes pouvant traduire une diphtérie et d’injecter aussitôt dans ces cas Le sérum purifié à dose curative.

En ouire, on continuera, bien entendu, les vaccinations commencées (1 cc. d’anatoxine trois semaines aprèsla première injection).

4° APRÈS LA MALADIE, enfin

— On terminera les vaccinations commencées; — On contrôlera, par un Schick, limmunité du malade et de son entourage;

— On vaccinera le malade s’il n'est pas immunisé, les enfants de 1 à 3 ans, qui m'ont reçu que du sérum purifié;

-— On conseillera aux parents de ramener les enfants plus jeunes lorsqu'ils auront atteint l’âge de 1 an, pour les vacciner: HO! ,

-— On prescrira enfin aux porteurs de germes, convalescents ou sains, qui resteront isolés, soit des lavages au sérum salé, soit des applications de rayons ultra-violets, jusqu'à ce que deux ensemencements négatifs à huit jours d'intervalle permettent de les rendre à une vie normale.

b) Il s'agitde familles pauvres, où les visites sont peu fréquentes, où, par conséquent, la surveillance médicale est difficile, où l'isolement enfin est très souvent ïllusoire.

Dans ces cas, le sérum purifié employé à titre préventif trouve ses indications les plus fréquentes.

Evidemment, il faut tenir compte avant tout de la £or fiance que l’on peut avoir dans la vigilance des parents :

1° Mais il est assez rare que la mère ou un autre membre de la famille soit capable l’examiner soigneusement la gorge des enfants, de rappeler le médecin au moindre événement anormal et de réaliser un isolement suffisant du malade. Dans de tels cas, on se comportera comme il est indiqué plus haut (voir familles aisées), l'observation quotidienne de toules les gorges étant confiée aux parents;

2° Dans la règle, on ne peut pas compter sur la famille pour apporter une aide vraiment efficace en vue de la prophylaxie.

On injectera donc immédiatement du sérum purifié à dose préventive (1.000 cc.) à tous les enfants, quelque

soti leur âge, un examen préalable ayant décelé les sujets cliniquement atteints de diphtérie, qui sont traités (sérum curatif, isolement à domicile ou envoi à Fhôpital).

L'inimunité est ainsi immédiatement réalisée; toute crainte de contagion est écartée. On peut donc s'occuper uniquement du traitement du ou des malades.

Après ‘la maladie, on soumettra à la vaccination {ec les enfants qu'une réaction de Schick préalable aura révélés réceptifs. Si le Schick ne peut être fait, on vaccinera tous les enfants (convalescents et sujets sains) sans distinction). À

Enfin, vis-à-vis des porteurs de germes, on adoptera la ligne de conduite que mous avons précédemment int: quée.

B. — Dans les collectivités La conduite à tenir varie suivant l’âge des sujets

1° Nourrissons (crèches, pouponnières) :

— Nous avons vu qu’au-dessous d’un an le vaccin n'immunise pas ou n’agit qu'à la faveur d'associations difficiles à manier.

— D'autre part, il s’agit habituellement dans ces cas de diphtérie larvée, à manifestations cliniques extrêmement frustes, oculaires ou+nasales, par exemple. L'infection se propage cependant particulièrement vite et revêt toujours un caractère de haute gravité.

— Si l'on ajoute enfin que, le nourrisson se prêtant mal aux examens, la surveillance est difficile, on comprendra que la prophylaxie de la'diphtérie dans de ‘tels milieux doive s'adresser à une méthode d'exécution facile, mais cependant sûre et dont l’action se fasse rapidement sentir.

Là encore, l'indication du séram purifié se pose nettement, à l'exclusion de tout autre procédé d'immunisation. On injectera donc d'emblée une dose de 1.000 unités à tous Les nourrissons.

Toute la prophylaxie consiste, dans ce cas, à intervenir immédiatement, à faire la sérothérapie préventive dès que le premier cas de diphtérie est constaté.

Bien entendu, on aura isolé auparavant et soumis aux injections curatives tous les nourrissons présentant le moindre. signe clinique de diphtérie.

Cm pratiquera enfin, aussitôt après la séroprévention un ensemencement de toutes les gorges, qui permettra de prendre, vis-à-vis des porteurs de germes, les mesures que nous avons signalées plus haut.

La vaccination sera pratiquée aussitôt que l’âge des enfants le pérmettra.

2° Enfants (écoles, orphelinats).

Il faut surtout dans ce cas :

— D'abord séparer les enfants suspects des enfamts normaux, Si l’on veut éviter la propagation de l'épidémie, si rapide dans de tels milieux, souvent encombrés.

— Ensuite mettre en œuvre, pour chaque groupe, les mesures spécifiques appropriées.

On agit donc de la façon suivante :

1° On fait un examen clinique de tous les enfirtl'on fait aussitôt un ensemencemennt de toutes les gorges. On interroge en même temps les enfants eux-mêmes et les personnes chargées de leur surveillance, susceptibles de donner d’utiles renseignements. es

— Un certain nombre d'enfants sont atteints d’angine diphtérique et aussitôt mis en traitement.

— D'autr?s sont suspects à quelque litre que ce soit : ils ont une gorge rouge ou un signe clinique queléonque,

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même très léger, ou ils ont été plus particulièrement en contact avec un sujet reconnu malade (voisins de classe, de dortoir). Ils sont tous groupés dans une même pièce jusqu'à la fin de l'examen. ;

— Les autres enfants n'ont pas le moindre signe pouvant faire penser à une (diphtérie. Ils ont vécu, les jours précédents, assez éloignés de tout sujet malade. Ts sont tous groupés dans une autre salle, séparée de la précédente;

.. 2° L'examen de tous les enfants étant terminé, les malades ayant été conduits à l'infirmerie, on se comporte, vis-à-vis de ceux que l'on a classés en deux groupes, de la façon suivante :

— On fait aux enfants suspects une injection préventive de sérum purifié et on des isole.

— On fait aux enfants normaux une injection de à ec. d’anatoxine:;

3° Le lendemain, les résultats des ensemencements ermettent de compléter les mesures prophylactiques. P P

a) Parmi les enfants suspects, isolés

—- Les uns n'ont pas de bacille de Lôffler dans leur gorge, Doït-on leur permettre de reprendre leur vie habituelle avec les sujets normaux ?

On peut le faire s’ils avaient éié isolés uniquement en raison de leur récente promiscuité avec des diphtériques, ou si les manifestations cliniques justifiant leur isolement paraissent vraiment de nature banale et sont en voie de guérison.

On doit au contraire garder isolés (mais en les séparant des porteurs de germes) ceux dont les signes cliniques paraissent vraiment dé nature suspecte. Une faute de technique étant toujours possible lorsque les prélèvements sont faits en grand nombre, un nouvel ensemen-

cement négatif sera nécessaire pour leur rendre leur liberté.

— Les autres sont porteurs de germes : ils restent isolés et sont quotidiennement surveillés : les symptômes de certains d’entre eux peuvent en effet se confirmer et nécessiter une sérothérapie curative.

b) Parmi les enfants normaux, non isolés :

* — Les uns ne sont pas porteurs ide germes : aucune mesure spéciale n'est à prendre pour eux : on se bornera à compléter leur vaccination par les deux injections sui- vantes d’anatoxine, aux intervalles habituels, mais en les surveillant quotidiennement. Rappelons en effet que leur immunité ne s’installera que de la quatrième à la sixième semaine de la vaccination et qu'ils sont par conséquent réceptifs pendant cette première période.

— Les autres sont porteurs de germes : on les isole avec fes porteurs du groupe précédent (suspects) et on leur fait aussitôt une injection préventive de sérum purifié (1.000 un.).

4° Les Jours suivants, on continue la surveillance de tous les sujets (aussi bien ides sujets sains que des porteurs de germes) en examinant surtout très soigneusement les sujets en cours de vaccination, qui n'ont pas reçu de sérum. Le moindre signe suspect Commande aussitôt chez eux la sérothérapie préventive et l'isolement;

° Après l'épidémie, on se trouve en présence

[ — de convalescents de diphtérie; IT — de porteurs de germes, isolés; IT — de sujets sains.

La prophylaxie, à ce moment, n’est pas terminée, bien au contraire. La partie la plus importante de la tâche reste à accomplir. I] faut :

— Immuniser les sujets qui ne le sont pas encore.

— Renidre inoffensifs les porteurs de germes.

Si une réaction de Schick peut être pratiquée, elle permettra de ne vacciner que les sujets réceptifs. Mais elle n'est pas indispensable : il est beaucoup plus pratique, vu la simplicité de la méthode, de vacciner tous les enfants (en ne faisant, bien entendu, aux enfants en cours de vaccination, que la demnière ou les deux dernières injections).

Envisageons donc, en détail, comment on doit se comporter vis-à-vis des différentes catégories d'enfants :

I. — Les convalescents de diphtérie sont tous vaccinés par trois injections d’anatoxine. On recherche en outre chez eux les porteurs de germes : deux prélèvements négatifs à 8 jours d'intervalle seront nécessaires pour leur rendre leur liberté.

IT. — Parmi les porteurs de germes :

— les uns n'ont reçu que du sérum purifié; — les autres ont reçu anatoxine le prémier Je et sérum purilié le deuxième jour.

Ils doivent tous être vaccinés, mais ceux de Ja deuxième catégorie par deux injections seulement (1 cc. et 1 à); en outre, on attendra bien entendu que l’action du sérum soit épuisée pour entreprendre la vaccination.

Enfin on continuera à les garder isolés en les traitant comme nous l'avons indiqué plus haut, jusqu'à ce que deux ensemencements mégatifs permettent de les libérer.

Il est à noter que l’isolement des porteurs, qu'il s'agisse de convalescents (1) ou de porteurs sains (IT) peut être réduit : dès que l’ensemble des enfants commence à être immunisé (4° semaine tde la vaccination), les porteurs sont inoffensifs et peuvent être remis en contact avec les au-

tres.

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