‹ La prophylaxie actuelle de la diphtérieChapitre 31 sur 38 · OE · texte numérisé non relu

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Rappelons pour terminer le rôle néfaste du licenciement, qui était autrefois une mesure communément pri- . Se, pour toute épidémie, quelle qu’elle soit.

« Il est inopérant et même dangereux de licencier les élèves d’une école contaminée », dit M. Lereboullet, et cela se conçoit aisément : les enfants échappent en effet à toute surveillance et, à part quelques rares familles où les précautions élémentaires sont prises, ils vont créer partout des foyers épidémiques.

3° Hôpitaux d'enfants

a) Dans les salles de médecine générale ou de chirurgie, dès l'apparition d’un cas de diphtérie, on fait, après avoir recherché et isolé les autres diphtéries : F

— une injection préventive de sérum purifié aux

voisins du lit; — une réaction de Schick aux autres.

Il s’agit en effet dans ce cas de milieux très surveillés où il est. facile d'observer minutieusement et quotidiennement les enfants. Par ailleurs, nous savons la fréquence de l’immunisation spontanée occulte : on trouvera donc vraisemblablement à l'hôpital beaucoup plus d’enfants réfractaires que dans un milieu sain. |

— Enfin, on ensemence toutes les gorges.

On peut donc, les jours suivants, muni ides renseignements biologiques et bactériologiques, réaliser la prophylaxie dans des conditions particulièrement favorables.

— Pour les sujets à Schick négatif, aucune mesure spécifique n'est à envisager. Si certains parmi eux, sont porteurs de germes, on les isolera seulement, le temps nécessaire, en leur appliquant les méthodes déjà signa-

lées.

CN D ue:

— Pour des sujets à Schick positif,

— s'ils ne sont pas porteurs de germes, on leur fait seulement une injection d'anatoxine (4 cCU re

— s'ils sont porteurs de germes, on leur fait, d’abord cette injection d’anatoxine, puis une injection préventive de sérum purifié, et on les isole.

b) Dans les servicés de médecine spéciale, en particulier dans les services de rougeole et de scarlatine, la diphtérie est redoutable, car ces maladies lui impriment un caractère de haute gravité. La séroprévention s'impose on injectera à tous les enfants uné dose préventive de sérum purifié (dose qui sera doublée chez les rougeoleux, car l’action du sérum est nettement moins marquée chez ces malades). x

En outre, on complètera, bien entendu, la prophylaxie par le dépistage et l’isolement des porteurs de germes, par une surveillance quotidienne de toutes les gorges.

4° Adultes

— Dans les hôpitaux d'adultes, on adoptera la même pratique que dans les hôpitaux d'enfants (médecine générale), étant donné le fort pourcentage habituel des adultes immunisés : ; :

— séroprévention aux voisins de lit ; — Schick aux autres; — ensemencement de toutes les gorges.

Ensuite

— isolement des porteurs de germes :

— Ja plupart ont un Schick négatif = 0; — quelques-uns ont un Schick positif : anatoxine, puis sérum préventif.

LÉTPO ME

— parmi les sujets sains (non porteurs) on vaccine ceux dont le Schick est positif.

— Dans l’armée, enfin, où les épidémies de -diphtérie sont souvent redoutables, étant donné le nombre des sujets exposés à la contagion et la promiscuité dans laquelle ïls vivent, les mêmes mesures sont à envisager. Mais alors que dans un hôpital d'adultes, on a à faire à un nombre de malades relativement restreint (une salle d’un service), dans les milieux militaires, par contre, on a toujours à s'occuper d'un groupe de sujets singulièrement plus important. Si l'on peut, à la rigueur, faire tous les ensemencements, il est pratiquement impossible de faire des Schick. t

On est donc obligé de vacciner tout le monde, en faisant, de plus, aux porteurs de germes, du sérum préventif. L'’isolement de ces derniers, qui sont parfois nombreux, apporte de plus une gêne considérable à l’instruction des recrues. 4

On conçoit done le gros avantage qu'il y aurait à vacciner systématiquement par l’anatoxine tous les jeunes soldats à leur arrivée au corps. Nous y reviendrons en étudiant la prophylaxie de la diphtérie « en dehors des épidémies ». Discns seulement ici que, grâce aux vaccins associés (union de vaccin T À B et d’anatoxine), la vaccination antidiphtérique dans l’armée serait singulièrement simplifiée, et que le problème, toujours complexe, de la prophylaxie, en temps d'épidémie, se trouverait, du fait de l'immunisation générale, complètement résolu.

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