‹ La Prophylaxie antivénérienne dans l'ArméeChapitre 10 sur 22 · PR LL · texte numérisé non relu

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vénérienne. En outre, elle prescrit l'inscription au fichier de tout individu condamné pour racolage et atteint de maladie vénérienne exception faite des mineurs que l’on mettra au régime de la liberté surveillée.

Nous allons voir quelle est l'incidence de cette législation sur la lutte antivénérienne dans l’armée.

LA PROPHYLAXIE ANTIVENERIENNE DANS L'ARMEE SUR LE TERRITOIRE METROPOLITAIN = EN TEMPS DE PAIX

Le centre de Dermato-Vénéréologie est la « cheville ou-

vrière » de l’organisation de la prophylaxie antivénérienne

dans la région militaire.

En temps de paix, simple service d’un hôpital, il est, es principe, dirigé par un Spécialiste des Hôpitaux Militaires secondé par une assistante sociale spécialisée de l’Armée menant les enquêtes épidémiologiques et chargée de surveiller la régularité des traitements des malades. À côté de son rôle de médecin traitant, le médecin-chef du centre est chargé d’une importante mission de prophylaxie. Il est le Conseiller technique du Directeur du Service de Santé de la région + et le renseigne sur l’état sanitaire des troupes.

En principe, tous les vénériens de la région sont envoyés au centre pour confirmation du diagnostic, ils y sont isolés tant qu’il sont contagieux. UHérieurement , le spécialiste garde la direction du traitement des syphilitiques qui recoivent leurs injections à l’infirmerie de leur unité. Le médecin de celle-ci a néanmoins un rôle primordial, d’une part dans le dépistage précoce des maladies vénériennes, d’autre part, dans l’éducation des jeunes soldats et des cadres. :

Après une étude du centre en tant qu’organe de diagnostic et de traitement, nous verrons comment se fait le dépistage des vénériens à l’unité, comment y sont organisées la propagande et la prophylaxie individuelle et la part que le médecin peut prendre à la lutte contre la prostitution. Nous montre-

a ne

rons ensuite comment est conduite une enquête épidémiologique dans un centre et les résultats obtenus. Nous insisterons sur l'intérêt d’une étroite liaison entre le Centre Dermato-Vénéréologique de l’armée, les dispensaires antivénériens et les autorités sanitaires civiles chargées de la prophylaxie antivénérienne afin que la lutte aît une efficacité maximum.

Le centre : organe de diagnostic et de traitement

« La caractéristique essentielle de la nouvelle législation est de donner la prééminence à l’épidémiologie. Le vénérien contagieux ne se différencie pas des autres porteurs de germes ; il doit être recherché et mis dans l'obligation de se soigner pour cesser d’être dangereux pour la collectivité ».

Tels sont les termes d’une instruction ministérielle récente, datée du 24 mai 1952.

Comme dans toute affection contagieuse, la première règle de prophylaxie est l’isolement et le traitément du malade afin de le « blanchir » le plus vite possible et le rendre inoffensif pour la collectivité. S’il appartient aux médecins d’unité de dépister les affections suspectes, c’est le centre de dermato-vénéréologie qui est outillé pour faire, ou du moins confirmer le diagnostic par l’examen bactériologique et sérologique.

Tout porteur d’excoriation génitale ou d’éruption suspecte doit être mis en observation au centre. De même, si à l’occasion d’un examen sérologique systématique, le médecin d’unité découvre un sérum positif, il est de règle qu’il adresse l'intéressé au spécialiste qualifié pour interpréter cette sérologie. C’est là une manière prudente d’agir en matière de sérologie systématique qui a un intérêt particulier dans l’armée du fait du grand nombre de coloniaux ou de militaires revenant d'outre-mer atteints d’affections qui donnent de « fausses réactions » souvent difficiles à interpréter, tout au moins jusqu’à ces dernières années où nous n’avions pas encore à notre disposition la réaction d’immobilisation des tréponèmes. Quand le Test de Nelson ne peut être pratiqué chez de tels malades, il est souvent nécessaire de les garder en observation

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pendant un temps assez prolongé avant de conclure à la spé- |

cificité. ,

L2 L La ! . A A î, Li 1 , Si nous insistons sur l'importance de ce point, c’est que, depuis plusieurs années, les syphilis primaires et secondaires

deviennent de plus en plus rares et que le nombre de syphilis :

sérologiques s’accroît. Dans le service de Dermato-Vénéréo-

logie de l'Hôpital Militaire Des Genettes, à Lyon, sur 57 nou-

veaux malades mis en traitement antisyphilitique depuis

trois ans, on a 26 syphilis sérologiques, confirmées, pour celles observées ces dernières années, par une réaction d’immobilisation des tréponèmes positive. En 1952, sur 24 syphilis, 16 sont des découvertes sérologiques.

Peut-être faut-il voir dans l’augmentation de ces « syphilis

inapparentes », en partie la responsabilité des pommades

prophylactiques qui peuvent empêcher l’éclosion du chancre sans enrayer le développement de la maladie ; maïs il ne fait pas de doute que c’est une conséquence de l’utilisation très large des antibiotiques et, en particulier, de la pénicilline qui a décapité bien des syphilis. Des rapatriés d’Indochine ont reçu souvent de la pénicilline à l’occasion d’une blennorragie, d’une uréthrite à germes banaux, d’une blessure de guerre ou d’une amibiase. Comme ïils sont fréquemment atteints de paludisme, l'interprétation de la sérologie est, chez eux, particulièrement difficile.

Le diagnostic établi, le malade sera gardé au centre tant

qu’il sera contagieux. Cette période de contagion dans la blennorragie est actuellement pratiquement réduite à quelques heures et, de ce fait, l’hospitalisation ne s’imposera pas. L’antibiotique choisi est la streptomycine, ce qui permet de traiter le malade en une seule injection. Les résultats sont excellents. On n’a pas habituellement, comme avec la pénicilline, un petit suintement persistant dans la quinzaine qui suit. D’autre part, la streptomycine eétant inactive contre le tréponème, on évite le risque d’une syphilis décapitée et la nécessité d’une surveillance sérologique qui oblige à faire revenir le malade à plusieurs reprises pendant quelques mois. Celui-ci, guéri en 24 heures, oublie très rapidement son affection et, dans la pratique, il faut engager une correspondance

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