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suffisants pour la retrouver, maïs ne peut ou ne veut pas lamener à l’hôpital. Dans ce cas l’assistante sociale militaire la recherchera ; presque toujours elle obtiendra qu’elle se fasse visiter par un médecin de son choix ou dans un dispensaire. Il est bien rare que l’assistante, si elle est intelligente et adroite, n’arrive pas à persuader la malade en brandissant, discrètement au besoin, la menace de l’intervention de l’autorité préfectorale à la suite d’une déclaration nominative.
Ce n’est que dans les cas où les renseignements sont insuffisants, dans ceux où la contaminatrice habite une localité éloignée, que l’assistante sociale renonce à faire elle-même l'enquête épidémiologique et remplit la deuxième partie du bulletin adressé au Médecin Directeur Départemental de la Santé. La recherche est alors plus longue en raison du temps perdu en correspondance et plus souvent infructueuse à cause des intermédiaires obligatoires où des renseignements imprécis. Cependant, outre l’intérêt statistique d’une telle déclaration, l’assistante sociale départementale peut, grâce à d’autres déclarations, faire des recoupements lui permettant d'identifier l’agent contaminateur.
Cette enquête n’est évidemment pas limitée à cet agent contaminateur et on doit toujours l’étendre aux contaminés possibles.
En procédant comme il est dit plus haut et en ayant la patience d’expliquer au malade de quoi il s’agit, il est très rare qu’il refuse de nous aider dans cette recherche ou qu’il essaie de nous tromper. Malheureusement, les contaminatrices des militaires sont souvent les compagnes d’un soir dont la victime se rappelle tout au plus le prénom mais dont il ignore l'adresse ou la profession. Quand il s’agit de prostituées, le malade est souvent racolé alors qu’il est ivre et il est incapable de retrouver l’hôtel où il a été conduit ; quand on retrouve l'hôtel, on s’apercçoit que la fiche n’a souvent pas été remplie.
En six anis, sur 216 enquêtes demandées par le centre de dermato-vénéréologie de Lyon sur des femmes ayant fait payer leur partenaire, 20 seulement ont abouti à une femme
és a
malade, 20 autres femmes ont ététrouvées et déclarées saines; mais il faut préciser que la moitié des prostituées avaient été rencontrée dans les villes éloignées où le militaire était de
passage : il n’a donc pu donner dans ces cas que des rensei-
gnements très vagues sur sa contaminatrice. En effet une autre cause d’échec de ces enquêtes est due à la rencontre de femmes par le soldat en déplacement ou dans une garnison
lointaine qu’il vient de quitter : certaines maladies vénériennes découvertes à Lyon proviennent de tous les points du globe ; Indochine, Corée, Djibouti, Madagascar, Iles Canaries, etc. ; nombreuses sont celles en particulier qui ont été contractées dans des ports.
Chez les Nord-Africains comme on peut le prévoir les enquêtes donnent rarement des résultats soit qu’ils ne comprennent pas ce qu’on leur demande ou ne veulent pas dénoncer
leurs partenaires, soit qu’ils ne possèdent aucun renseigne-
ment sur elles. Il faut tenir compte, quand on les interroge, de leur mentalité primitive qui leur fait donner des réponses cocasses : la lune et le vent sont parfois, à les en croire, à l’origine de leur maladie. I] faut tenir compte également de leur tempérament oriental. Ils considèrent la femme comme un être inférieur chez qui la prostitution est chose normale. Le soldat nord-africain trouve autour des camps et des casernes à se satisfaire auprès des prostituées de bas étage ou bien il va rejoindre celles qui vivent dans l’orbite des colonies de ses compatriotes civils groupés dans certains quartiers des villes. D’une enquête demandée par le Médecin Inspecteur Général Hugonot au préfet de Police M. Léonard, il résulte que les mêmes femmes fréquentent les nord-africains civils et militaires. La création de B.M.C. réservés aux tirailleurs a encore des partisans et peut se justifier car il est difficile de priver de femmes des hommes aux instincts primitifs que le refoulement peut entraîner aux pires extrémités ; c’est ce qui fait dire à Degos : « le seul moyen prophylactique qui pourrait être envisagé pour cette catégorie de citoyens est la création de maisons de tolérance ».
Malgré tous ces éléments défavorables à l’aboutissement