‹ La Prophylaxie antivénérienne dans l'ArméeChapitre 14 sur 22 · AU NE · texte numérisé non relu

AU NE

des enquêtes, les résultats en sont en somme satisfaisants comme le montre le tableau ci-dessous :

Pourcentage d'enquêtes ayant abouti par rapport au nombre de contaminations constatées au Centre Dermato-Vénéréologique de Lyon

Années 1947 | 1948 | 1949 1950 1951 | 1952

Blennorragies .... |10 % |14 % |28 % |30 % |14 % 90 & Syphilis 0) 13% 32 % | 30 % |50 1% |16 % |20 %

Soit dans l’ensemble une réussit de l’ordre de 23 %.

Les chiffres obtenus sont comparables à ceux d’autres centres. La statistique du Médecin Commandant de Lestrade à. Phôpital militaire de Versailles en 1948 montre que la contaminatrice a pu être retrouvée et mise en traitement dans 22 % des cas pour lesquels était demandée une enquête. Mais les statistiques seraient bien meilleures si l’on ne tenait compte que des enquêtes qui ont pu être faites sur place. Au Val-de-Grâce, sur 213 recherches pour primo-infection syphilitique, 122 ont été assurées par le Centre et ont été positives dans 105 cas, soit 86% de succès. Par contre, sur 91 demandes d'enquêtes concernant presque toutes des contaminations hors de Paris, 9 aboutirent, 16 furent infructueuses ou impossibles et 66 restèrent sans réponses. Le pourcentage global des recherches fructueuses atteint cependant le chiffre remarquable de 53 % auquel il faut ajouter le dépistage de 17 contaminées. Cependant, si l’on rapporte le total du chiffre des enquêtes positives non pas à celui des enquêtes demandées mais au nombre des contaminations, le pourcentage de réussite ne dépasse pas 40 %.

A Lyon, en 1951, sur 75 enquêtes demandées pour blennorragie ou syphilis, neuf femmes seulement furent retrouvées malades alors que dix enquêtes faites par l’assistante sociale du service aboutirent toutes au dépistage d’une maladie vénérienne chez la partenaire. Mais il est bien certain que les recherches faites par le centre lui-même étaient les -plus faciles et que celles demandées au Service Sanitaire

> de fe = 58 —

concernaient des cas sur lesquels on avait des renseignements moins précis où qui provenaient d’autres régions.

Le succès de l'enquête est essentiellement facteur de la

qualité de l’assistante sociale. Sans pouvoir citer de chiffres,

le fait a été constaté au Centre Dermato-Vénéréologique de k

Lyon où malheureusement se succédèrent plusieurs d’entre elles qui toutes n avaient pas les qualités et la formation nécessaires. \ | L’assistante sociale doit en effet posséder des qualités exceptionnelles. Il importe qu’elle soit entraînée à mener une enquête. Elle doit connaître le milieu où elle agit et par conséquent il faut qu’elle soit spécialisée dans ce domaine. Elle doit avoir une connaissance étendue des maladies véné-

riennes et de leur épidémiologie, faire preuve de la finesse

d’esprit et posséder la patience d’un juge d’instruction pour faire aboutir ses enquêtes. Il lui faudra parfois du courage pour pénétrer dans certains milieux et beaucoup d’adresse pour éviter de déclencher des drames familiaux. Elle n’oubliera pas enfin l’influence bienfaisante qu’elle doit exercer en donnant des conseils moralisateurs discrets et adroïts,

mais fermes. Mais surtout, elle doit aimer son métier, le

pratiquer avec cœur et croire en sa mission.

La loi ne prévoit que la recherche des contaminateurs, on a vu que le médecin devait considérer comme un devoir de rechercher les contaminés à partir d’un malade atteint d’une syphilis primo-secondaire, mais il parait logique égalemerit d'étendre l’enquête chez les conjoints et les enfants des syphilitiques tertiaires ainsi que chez les parents et les frères et sœurs des syphilitiques CR Pour illustrer l'intérêt de ces faits nous ne citerons qu’un exemple, celui d’un jeune soldat atteint récemment de kératite intersticielle. L’enquête faite dans un département du Sud nous a appris que sa sœur avait été traitée deux ans auparavant pour la même affection sans qu’il soit venu à l’idée de l’ophtalmologiste de faire faire une sérologie chez les parents qui furent reconnus malades et chez le frère auquel un traitement préventif aurait probablement évité l’affection pour laquelle il vient d’être réformé,

De l’expérience acquise en milieu militaire, on peut affir-. mer, quelles que soient les critiques qui ont été faites à l’enquête épidémiologique, que celle-ci est d’une utilité incontestable ét que, si elle ne permet pas toujours de découvrir toujours l’agent contaminateur, elle permet d’en retrouver un nombre appréciable ; les résultats seront d’autant meilleurs que médecin et assistante sociale la pratiqueront avec plus de conviction et qu’ils obtiendront la collaboration sans réserves de tout le corps médical.

Collaboration avec les médecins civils

Nous avons déjà eu l’occasion de voir, à plusieurs reprises, que le médecin militaire était amené à collaborer avec le médecin civil dans la lutte contre les maladies vénériennes. Cette collaboration se fait le plus souvent officieusement par des rencontres ou des visites entre confrères ou même par des coups de téléphone, mais elle est également réglementée et une circulaire du 24 mai 1952 la précise.

Nous avons déjà vu que le malade démobilisé doit être adressé au cabinet du médecin ou à un dispensaire pour qu’il poursuive son traitement. « Par ailleurs, afin de faciliter la prise en charge du militaire libéré, malade vénérien en cours de traitément, par un organisme civil, il conviendra de communiquer le nom et le domicile de l'intéressé au Directeur de la Santé du département dans lequel il se rend ». Nous avons aussi étudié la collaboration nécessaire à la recherche de la contaminatrice, mais dans certains cas, le médecin militaire peut avoir à dépister des militaires soupconnés d’avoir contaminer des civils.

Dans chaque garnison importante, le ministre prescrit, en outre, des « réunions.mensuelles d’information groupant le Médecin-Chef de la place, le médecin du centre de dermatovénéréologie, les médecins chargés de la lutte antivénérienne dans la ville intéressée et le Directeur départemental de Ja Santé ou le médecin-chef du service départemental de la lutte antivénérienne s'ils résident dans la localité ou, à défaut, le médecin-chef du dispensaire antivénérien local ».

Ses; à DEL

Il est prévu également des réunions trimestrielles auxquelles prendront part le médecin consultant régional, l’inspecteur divisionnaire de la Santé, directeur de la Santé du : département où se trouve la ville intéressée, le directeur régional du Service de Santé Militaire ou son délégué, le médecinchef de la place ou le médecin-chef du centre régional militaire de dermato-vénéréologie s’il réside dans la localité.

Cette liaison entre civils et militaires se fait également à l'échelon supérieur entre les administrations centrales du Ministère de la Santé Publique..La direction centrale du Service de Santé des armées regroupe tous les renseignements qui lui parviennent des différentes régions et les communique pour information au Ministère de la Santé Publique.

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