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COMMENT ADAPTER LA LUTTE ANTIVENERIENNE A LA PERIODE DE GUERRE

Une épidémie de maladies vénériennes est apparue en France à la suite de la guerre de 1939, bien qu’à la déclaration des hostilités, l’état sanitaire de la population était excellent. |

Il y a lieu de penser qu’une nouvelle guerre, comme les précédentes et pour les raisons que nous avons vues, entraînerait une recrudescence de ces affections. On peut seulement affirmer être mieux outillé pour. limiter et retarder l'importance de l’épidémie ; encore faut-il, pour que notre action soit efficace, la préparer à l’avance et intensifier la lutte avant même que le fléau n’aît pris de l’ampleur. L’intérêt social de cette lutte est évident. Son intérêt militaire, pour n’être pas de premier plan, ne peut-être nié, et s’il n’y a pas lieu de craindre comme pendant les guerres de la Révolution « que les maladies vénériennes détruisent dix fois plus de monde que l’ennemi >» nous contribuerons par cette action à conserver au commandement un effectif maximum.

Nous étudierons, d’une part, les modifications qui seront apportées à l’organisation de la lutte antivénérienne dans l'armée à l’intérieur du pays du fait de l’arrivée massive des réservistes et, d'autre part, comment cette lutte peut être menée dans la zone des armées.

Prophylaxie antivénérienne à l'intérieur

Dans les régions de l’intérieur, le Centre de Dermato-vénéréologie sera toujours le « noyau » de la lutte antivéné-

rienne. Il fonctionnera comme en temps de paix en prenant seulement plus d'expansion.

Il y aura intérêt à ce que les médecins de réserve appelés à le faire fonctionner soient choisis parmi les spécialistes les plus éminents de la ville où le centre est installé car, connaissant les foyers de prostitution, ils pourront plus facilement lutter contre ceux-ci. Il sera bon de recruter pour les centres spécialisés des assistantes sociales exerçant aussi précédemment dans la ville même, afin que, d'emblée, leur activité aît une efficacité maximum, habituées qu’elles seraient au milieu dans lequel elles auraient à mener leurs enquêtes. Elles tiendront à jour le fichier dont l'importance sera accrue non seulement du fait de l'effectif plus élevé, mais surtout à cause des mutations plus fréquentes. Il importera de ne pas perdre la trace d’un malade en traitement et d’avertir le médecin de sa nouvelle unité.

Il y aura intérêt, chaque fois que ce sera possible, à créer dans les villes importantes des sous-centres dotés de peu de lits et qui fonctionneraient comme de véritables dispensaires sous la direction d’un médecin qualifié. Quand ce ne sera pas possible, pour éviter des retards de traitements et de longs déplacements et pour faciliter les enquêtes, il y aura lieu de charger le spécialiste civil, chef du dispensaire, d’y recevoir les militaires de la garnison envoyés par le médecin de leur corps.

Le pays sera ainsi couvert d’un véritable « Réseau prophylactique » parfois confondu avec l’organisation civile qui permettra, au moindre frais, en réduisant au minimum les journées d’incapacité, un traitement rapide et correct.

De plus les antibiotiques, permettant le traitement ambulatoire de la blennorragie et limitant à une quinzaine de jours la durée de l’hospitalisation des syphilitiques, contribueront à la conservation maximum des effectifs et les lits des hopitaux pourront être ainsi réservés à d’autres catégories de malades. On pourra même traiter les officiers, Îles sous-officiers et égaleirent les soldats spécialisés dont la présence est indispensable en temps de guerre par des pénicillines retard du type pénicilline procaïne au monostéarate

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