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d'aluminium à 2 % qui permettent un traitement ambulatoire facile de la syphilis. ;
La part prise dans la lutte contre la prostitution par le médecin et l’assistante du centre sera effective, s’ils sont choisis comme nous l’avons dit, car ils ont l’habitude du milieu et des quartiers où elle sévit en temps de paix. Mais la prostitution, comme à chaque guerre ne manquera pas de s’accroître et il faudra prendre contre elle des mesures sévères. Il serait illusoire d’espérer la supprimer en arrêtant ei en mettant dans les camps les prostituées. D’autres, plus dangereuses peut-être, se recruteraient aussitôt parmi les femmes légères attirées par un gain facile. Le but est d’obtenir que les prostituées soïent sous contrôle sanitaire effectif et d'empêcher le plus possible le racolage. Si la police civile tolère cette prostitution, il appartient au médecin de demander au commandement qu’il fasse arrêter les prostituées par la gendarmerie ou la police militaire afin que ces femmes soient inscrites au fichier sanitaire.
D’autre part, en collaboration avec le médecin chargé de la visite médicale des prostituées, la police militaire pourra contribuer avec la police civile à la recherche de celles d’entre elles qui ne se présenteraient pas à cette visite et leur interdire de changer de domicile sans autorisation. Cette surveillarice par la police militaire ou la gendarmerie s’exercera plus particulièrement autour des gares et des cantonnements. Quant à la lutte contre le proxénétisme, il serait souhaitable qu’elle soit menée d’une façon absolument impitoyable.
Il est certain que l’existence de maisons closes faciliterait la surveillance sanitaire. Il n’est pas dans notre intention de réclamer leur rétablissement en temps de guerre. Mais nous croyons qu’il serait utile dans les garnisons où il y aurait des troupes d’outre-mer, de tolérer des B.M.C. sous contrôle mitaire avec des femmes de même race, et réservées à ces troupes. Si le principe des B.M.C.-est critiquable, il vaut mieux les accepter comme un moindre mal.
Les médecins des unités renforceront la propagande en faisant des conférences plus fréquentes et en insistant sur
les dangers plus grands de contamination en temps de guerre et les conséquences familiales des maladies vénériennes mal soignées. L'autorité civile aura intérêt à contribuer à celte propagande en multipliant les causeries sur les maladies vénériennes à la radio et en demandant aux journaux de publier des articles de vulgarisation sur ce sujet.
Ainsi, les thérapeutiques modernes, lintensification de la propagande antivénérienne et le renforcement des mesures prises contre la prostitution permettront de lutter plus efficacement contre le danger vénérien. Les médecins et les assistantes des centres chargés auparavant de la lutte antivénérienne dans le milieu civil ne perdront évidemment pas de vue l'intérêt de la population en menant le même combat en milieu militaire et l’action sera d’autant meilleure qu’elle sera effectuée en plein accord entre les organismes civils et militaires.
Prophylaxie antivénérienne dans la zone des Armées
Dans la zone des armées, l’efficacité des thérapeutiques modernes doit permettre de traiter correctement les maladies vénériennes en réduisant au minimum le nombre des évacuations et la durée d’hospitalisation. Mais, s’il n’y a pas lieu d'envisager d’évacuer les syphilitiques sur les hôpitaux de l’arrière, l’organisation devra tendre à les isoler pendant la période de contagion et à permettre un traitement non seulement précoce et intensif mais le plus régulier possible tout en réduisant au minimum l’absence de ces sujets de leur unité.
Dans cette étude, il y a lieu d’opposer d’une part la blennorragie dont le traitement peut être fait partout et qui ne nécessite pas d’hospitalisation ni même d’interruption de service, et d'autre part la syphilis dont la confirmation du diagnostic et le traitement doivent se faire pendant quelques jours dans un service spécialisé.
La blennorragie pourrait être traitée par le médecin de l’unité lui-même, cependant, sauf cas exceptionnel, il nous paraît préférable que les malades soient dirigés sur le ba-
taillon médical. Nous croyons qu’il serait bon que parmi les médecins de la compagnie de triage, il y ait, daris la mesure du possible, un jeune spécialiste de dermatologie ou tout au moins un médecin ayant quelques notions de cette spécialité et capable de faire un examen de pus uréthral, de mener une enquête épidémiologique et d’organiser la prophylaxie antivénérienne dans la division. Si cerôle perd de son importance quand la division est engagée et que tous les médecins sont occupés à donner des soins urgents et à la mise en évacuation des blessés, il ne faut pas oublier que le service de santé divisionnaire a pour mission également l’application des mesures de dépistage et de prophylaxie des maladies infectieuses ou contagieuses dans la zone qu’il occupe, ceci sous la direction du service de santé de l’armée.
Le malade atteint d’uréthrite non compliquée pourrait donc, après confirmation bactériologique, recevoir un gramme de streptomycine et regagner son unité dont le médecin vérifierait la guérison. On évitera de faire de la pénicilline qui pourrait décapiter une syphilis éventuelle et nécessiter de ce fait une surveillance sérologique. La syphilis pourrait, elle aussi, en dehors des périodes où la division est engagée, être diagnostiquée et même traitée au bataillon médical, les couchettes sous tente étant à ce moment disponibles ou tout au moins partiellement occupées par de petits malades récupérables en quelques jours. L'utilisation de la pénicilline procaïne au monostéarate d'aluminium simplifiant le traitement peut même permettre d'envisager un traitement ambulatoire. Cependant, s’il y a intérêt à agir ainsi avec les officiers ou les sous-officiers spécialisés dont l’éloignement même transitoire a des inconvénients sérieux, nous croyons qu’il vaut mieux évacuer les primo-contaminations sur les hôpitaux spécialisés de la zone des armées.
Mais le rôle du médecin spécialisé du bataillon médical reprendra, quand après quinze jours de traitement pémicilliné, les malade seront de retour à leur corps,
La division, unité essentiellement mobile, forme un tout qui se déplace d’une armée. à l’autre, suivant les circonstances militaires, mais ne se dissocie jamais. Le médecin spé-
dahite du ri Halreal pourrait être un Véritable médecin de € dispensaire mobile > dont la clientèle se recrute parmi les quinze ou vingt mille ‘hommes de la division.
Il surveillerait les malades et prescrirait les traitements
Een pratique, des séries bismuthiques) qui seront faits sous
. sa direction par les médecins des unités. Des carnets de trai- = tement seront donnés aux malades. Sans espérer obtenir la même régularité qu’en temps de paix, ces traitements pourraient être pratiqués pendant les périodes de repos. Un fichier permettrait la convocation des malades en temps voulu. Les mutés ou évacués seraient signalés à leur nouveau corps ou aux formations de l'arrière.
Chancres mous et maladies de Nicolas-Favre pourraient être également suivant les circonstances, traités soit à la division soit à l’hôpital de la zone des armées.
Mais là ne s’arrêterait pas la contribution que pourrait apporter un médecin ru en Dermato-Vénéréologie à l’échelon division.
Sans parler des services qu’il rendrait pour la prévention et le traitement des maladies de peau en période de calme (surveillance de la propreté corporelle, lutte contre les poux, prophylaxie de la gâle) il organiserait la prophylaxie antivénérienne dans la division.
Il ferait des conférences antivénériennes à la troupe et aux officiers pendant les périodes de repos. H rechercherait dans la zone de la division, contaminées et contaminatrice, aidé du médecin de l’unité et parfois du malade lui-même. Il agirait le plus rapidement et le plus directement possible, tout en sachant être discret, essayant par la persuasion d’obtenir des femmes de se faire examiner volontairement en leur laissant entendre que, si elles étaint récalcitrantes, il pourrait faire appel à la police militaire. Si contaminées cu contaminatrice n’étaient pas dans la zone de la division, il transmettrait sans retard et le plus directement possible les résultats de son enquête à l’échelon supérieur ou au meédecin Directeur départemental de la Santé, si l’affection a été contractée en dehors de la zone des Armées. :
Enfin, il aurait à surveiller la prostitution dans les locali-
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tés occupées par la division, en collaboration avec l’autorité
sanitaire locale auprès de laquelle il se documentera. Ce
rôle de surveillance est plus spécialement important en pays ennemi où l'autorité sanitaire civile peut être défaillante.
Il aurait au point de vue de la prophylaxie des maladies cutanées et vénérienries, la charge de veiller à l’application des mesures prescrites par le médecin spécialiste de l’armée.
Ce rôle qui l’occuperait surtout pendant les périodes où la division n’est pas engagée ne le distrairait en rien de sou rôle de médecin de la compagnie de triage en période de combat.
Sur la lutte antivénérienne à l’échelon de l’armée nous serons brefs, non parce que son rôle est secondaire mais parce qu’elle ne comporte pas de particularités qui aient modifié son aspect général depuis la dernière guerre.
Cependant, si un « Dispensaire divisionnaire » peut fonctionner au bataillon médical, les hôpitaux spécialisés de la zone des armées pourront être relativement réduits. Ils recevront surtout des dermatoses chroniques et subaïgues et des syphilis primo-secondaires, comme le fait actuellement le centre de Dermato-Vénéréologie de l’armée. Le médecin
spécialiste de l’armée aura en outre un rôle de conseiller
technique, celui de diriger et de coordonner la lutte antivénérienne avec l’aide du commandement et la collaboration des autorités sanitaires civiles.
Telle est, d’après une conception basée sur l'efficacité rapide des thérapeutiques actuelles, l’organisation la plus logique de la lutte antivénérienne dans la zone de l'avant. Suffisamment souple pour ne pas risquer de gêner le fonctionnement du bataillon médical en période de combat, elle permettrait, d’une part, un traitement rapide et correct des malades qui seraient récupérés dans un bref délai, d’autre part, une prophylaxie méthodique et efficace sans exiger de persopnel suplémentaire.