‹ La Prophylaxie antivénérienne dans l'ArméeChapitre 7 sur 22 · DR A · texte numérisé non relu

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nient la virulence de la syphilis et la contagiosité des accidents secondaires. Ils abandonnent le mercure et se contentent de soumettre leurs malades à la diète et au sulfate de magnésie. En 1842, Michel Lévy, Professeur au Val-de-Grâce, dans son « Traité d'Hygiène Publique et Privée » demande aux médecins militaires de rechercher l’« agent contaminateur » du vénérien. Joseph Rollet, chirurgien-major de l'hôpital de l’Antiquaille à Lyon, énonce, en 1854, sa théorie dualiste chancreuse et démontre la contagiosité de la syphilis.

Pendant la guerre de 1870, Mauriac signale la grande fré-

quence des maladies vénériennes à Paris. On placa alors les

prostituées dans des camps spéciaux où elles furent astreintes à de durs travaux manuels.

La question de la lutte contre les maladies vénériennes fut posée en 1886 devant l’Académie de Médecine qui, deux ans plus tard, émet des vœux qui ne sont suivis d’aucun effet. En 1901, Alfred Fournier reprend et développe ces idées et fonde la Société de Prophylaxie Sanitaire et Morale. Il va indiquer la direction que suivra la prophylaxie pendant les années à venir : il demande l’éducation de la population, la lutte contre la prostitution, le dépistage et le traitement SYStématique des vénériens.

« Il s’agit de soigner, bon gré mal gré, des femmes qui, étant malades, se livrent à la prostitution et, par là, risquent de contaminer les hommes auxquels elles se donnent » écrit-il. L'influence du Grand Maître fut prépondérante et, par sa tenacité, ses conférences et ses publications, il obligea les autorités à prendre la question en considération.

pendant la guerre de 1914-1918

La circulaire ministérielle du 7 avril 1902 établissant les bases de la prophylaxie antivénérienne dans l’armée n’est que l'application à la collectivité militaire des principes édictés par Fournier. Elle comporte quatre points essentiels

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propagande, dépistage, traitement, recherche de l'agent contaminateur : ALES

1° Des conférences seront faites aux officiers, sous-officiers

et soldats sur les maladies vénériennes.

2° Le médecin militaire dépistera les vénériens par des visites mensuelles individuelles. Pour que les malades

A À LA LA @ L LU L2 ne tardent pas à se présenter au médecin, il est interdit de les punir, ce qui les inciterait à cacher leur maladie

et à ne pas se faire soigner.

3° Les vénériens seront soumis à une surveillance sanitaire. Le diagnostic de l'affection, pour rester secret, sera chiffré. Le médecin tiendra à jour un registre spé-

cial et surveillera le traitement par des visites pério-

diques.

4° Il interrogera lui-même le malade sur l’origine de sa contamination et déclarera l’agent contaminateur à la police locale en vue de l’isoler et de le traiter.

Enfin, les commandants d'armes, sur proposition du chef

de corps, pourront consigner à la troupe les maisons suspec-

tes où des militaires auraïent été infectés.

Le 23 septembre et le 16 novembre 1907, deux circulaires instituent les cabines prophylactiques.

Les critiques ne tardent pas : Petges trouve que ces cabines, ces conférences et conseils sont immoraux et qu’il vaudrait mieux prêcher la chasteté. Lafeuille pense que les conférences risquent d'entraîner la syphilophobie, que les préservatifs rendent les jeunes soldats imprudents et accroïssent le nombre des contaminations. Par contre, il regrette que l'enquête ne soit pas rendue obligatoire en pratique civile. En effet, Fournier, dans son rapport à l’Académie de Médecine, en 1903, n’avait rien prévu en ce sens parce qu’il pensait qu’il faudrait, pour que ces mesures soient applicables, éduquer d’abord le public.

En 1914, les premières semaines de la guerre mondiale ne voient pas s’accroître la prostitution car, dit Lacassagne

« Les femmes se donnent par plaisir ou pour faire plaisir. »

Maïs, bientôt, l’amour vénal se développe, sous forme de prostitution clandestine le plus souvent. La zone des combats n’étant guère propice à ce genre de commerce, c’est surtout à l’arrière du front et à l’intérieur du pays qu’il prit toute

SON ampleur. A Paris, des renforts de prostituées affluaient

autour des gares de l'Est et du Nord. Elles racolaient même dans les trains. À Reims, elles rôdaient la nuit dans les décombres, munies de lampes électriques. On en arrêta 4.867 en 1916 à Paris, alors que dans les douze mois précédant la guerre, 320 seulement avaient été appréhendées. Parallèlement, les maladies vénériennes augmentent : Sabouraud voit de dix à vingt vénériens par jour à l’hôpital Saint-Louis et le chiffre total des cas recensés en 1916 s’élève à 63.678 selon les statistiques de l’armée française. Pourtant, on s’efforce de lutter contre la prostitution. Dès la déclaration de la-guerre, Balzer, Thibierge, Gougerot, Carle insistent sur la nécessité d'entreprendre l’enquête épidémiologique et celle-ci ayant tout à gagner à être rapide pour être plus efficace, la commission mixte émet le vœu d’une entente directe entre les médecins militaires et civils pour l’effectuer. Une lettre du Ministère de l’Intérieur aux préfets, datée du 22 février 1915, rappelle que la cour de cassation reconnaît à l’autorité municipale le droit d’ordonner l'inscription d'office des prostituées clandestines sur les registres de police.

Une circulaire ministérielle parue en janvier 1915 rappelle l'obligation de la visite systématique des hommes de renfort et des incorporés. Celle du 13 mars 1915 prescrit la collaboration du commandement à la lutte antivénérienne. Celle du 5 janvier 1916 autorise la fermeture des établissements suspectés d’être des lieux de débauche et enfin celle du 25 septembre 1916 règle l’entente directe entre les médecins civils et militaires pour visiter les femmes des maisons de tolérance et les autres prostituées dans les régions où sont établis les camps.

Le 25 septembre 1916, une notice du sous-secrétariat à la guerre crée les Centres de Dermato-Vénéréologie de l'Armée. Après un rappel des dernières circulaires parues, on peut y lire la description d’un centre composé de quatre services :

ë | | om 18 is ho $ NUS i hospitalisation, consultation, laboratoire équipé pour les examens microscopiques et les réactions sérologiques et une consultation dentaire. Leur création a pour but « de faire disparaître les accidents vénériens et la contagion, de rendre plus vite à son corps un homme valide, car, en guerre, il faut d’abord blanchir ». Néanmoins, 77.707 nouveaux cas de maladies vénériennies sont dépistés en 1917. Le commandement décide de prendre des mesures d’exception en vertu de la loi sur l’état de siège et, en 1918, paraissent trois circulaires, les deux premières signées Mordacq et la troisième Clémenceau, décrétant l’organisation de maisons réservées à la troupe et n’hésitant pas à confier leur gérance à d’anciens tenanciers. On lit dans une de ces circulaires : « La prostitution n’est pas un état régulier existant légalement, mais un mal qu’on ne peut abolir et qu’on est obligé de tolérer à certains égards pour éviter des dangers pires et pour sauvegarder à la fois les intérêts du bon ordre et de la décence et ceux de la santé publique ». |

Ces mesures furent, évidemment, prises un peu tardivement et il est difficile d'apprécier le degré de leur répercussion sur l’état de santé de la troupe. Mais il semble que ce fut une solution efficace, du moins dans les villes où stationnaient les troupes d’outre-mer que l’on menaïient à ces établissements, probablement après une visite médicale, à des jours spéciaux, en rangs et sous la garde de factionnaires armés.

Après la guerre, la prise en maïn de la police par les militaires ne se justifie plus et la circulaire du 7 avril 1920 supprime cet état de fait : les médecins militaires ne pourront plus, désormais, que faire consigner à la troupe les établissements suspects d’étre des foyers de contamination et alerter l’autorité civile. Ils doivent, néanmoins, se tenir au courant de la façon dont est réprimée la prostitution libre ou clandestine de leur secteur et entrer en rapport avec les autorités chargées de sa surveillance.

La circulaire du 28 juillet 1921 met au point la propagande antivénérienne dans l’armée telle qu’on la pratique encore aujourd’hui. Le 10 avril 1922, le Ministère reconnaît l’échec des cabines prophylactiques et préconise l’emploi de néces-

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saires individuels. En 1922, également, paraissent les statistiques de l’armée qui permettent due PARA de LFB démie.

Dans l’armée française, y nue l’armée d'Orient, on compte :

Années 1916 1917 1918 | 1919

Syphilis primaires | 13.804 LS SE le L 2300 9.839 ÉATOCÉLES NRC 3.745.936 | 3.469.486 | 3.588.470 | 1.266.697 5 l

Lacassagne cite quelques chiffres qu’il estime bien inférieurs à la réalité : de 1916 à 1918. 111.182 blennorragies et 40.450 chancres syphilitiques auraient été contractés par les militaires à l’intérieur du pays, 18.447 biennorragies et 7.774 chancres dans la zone des combats. Si l’on considère que les armées étrangères sont atteintes dans les mêmes proportions, l'épidémie, comme il est classique, ayant continué à s’accroitre avec le retour des soldats dans leurs foyers et ’ayan atteint son point culminant en France qu’en 1920, c’est un véritable désastre mondial. Pautrier estime à environ 400.000 les vies humaines perdues pour la nation par la faute des maladies vénériennes..

Si elles n’ont pas réussi à enrayer le fléau, toutes ces mesures ont probablement réduit son ampleur et sa durée. Elles : ont constitué, pour l’armée, une solide organisation antivénérienne en même temps que la prophylaxie s’organisait dans le pays avec la création des dispensaires.

Quelques dates importantes jalonnent la lutte :

7 avril 1902 : Première organisation méthodique de la lutte antivénérienne dans l’armée.

25 septembre 1916 : Création des centres de Dermato-Vénéréologie.

28juin 1921 : Amplification de la propagande antivénérienne dans l’armée.

Entre les deux guerres, la circulaire ministérielle du 238

et

juin 1931, demande de faire appel aux < Conférenciers de

l'Hygiène Sociale ». C’est ainsi qu’à Lyon, le Professeur Nico-

las fait une conférence à l'Ecole du Service de Santé. Celui-ci

regrette, toutefois, que la FOIE ne touche pas les écoles …

d'enfants de troupe.

Une circulaire du 21 décembre 1931 rappelle la nécessité

de la liaison avec les services locaux, les dispensaires et les bureaux d'hygiène. N

Les sels de Bismuth, réservés jusqu'alors aux hôpitaux,

peuvent, depuis 1931, être utilisés dans les infirmeries régi-

mentaires, ce qui facilite les traitements d'entretien des syphilitiques sans faire interrompre le service des soldats et gradés ; mais le Centre Dermato-Vénéréologique conserve. la direction du traitement et les malades doivent encore être hospitalisés pour le traitement d’attaque fait avec des arsenicaux associés au bismuth jusqu’à la publication des résultats des travaux de MM. Gaté et Cuilleret sur le traitement au bismuth seul qui permet, sans risques, le traitement ambulatoire, la durée de l’hospitalisation étant réduite à la\période de contagion.

D’après les statistiques de l’armée, la situation, au point de vue vénéréologique, sur le territoire français, est satisfaisante.

Morbidité sur 1.000 sur le terriloire francais dans les armées métropolitaine (A.M.) et coloniale TA.C.)

MF

Années 1935| 1936| 1937! 1936] 1939 1929

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