‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 133 sur 163 · Éd. Moland, [, p · texte numérisé non relu

Éd. Moland, [, p

Huco, Les misérables, X, livre I, ch. X : : Elle se disait que c'était bien mal à elle et bien coupable d'avoir oublié les paroles prononcées par Marius. — GonNcouRrT, Sœur Philomène, XVIII ? : C'est mal de penser cela, je le sais bien, mais c’est plus fort que moi.

6° Un pronom :

PascaL, Lettres provinciales, XVII 3 : Mais comme j'en suis l’occasion, je me trouve engagé en quelque sorte à me servir de cette mesme occasion pour en tirer trois avantages. Car c'en est un bien considérable de faire paroïstre l'innocence de tant de personnes calomniées. C’en est un autre, et bien propre à mon sujet, de monstrer toûjours les artifices de vostre politique dans cette accusation. — MoLiÈèRE, George Dandin, I, sc. IT + : Voilà ce que c’est d'avoir voulu épouser une Demoiselle !

LESAGE, Gil Blas, V, ch. I $ : L’Arabe... est complice de mon crime, si c’en est un d'accorder les honneurs de la sépulture à un fidèle domestique, à un animal qui possédait mille bonnes qualités. — VoLTaIRE, Lettre à M®° de Bernières (13 juillet 1725) $ : Je ne lui écris point pour l’en prier ; car je compte que c’est tout un d'écrire à vous ou à lui. |

Musser, Îl ne faut jurer de rien, I, sc. [ 7 : C’est auire chose de descendre d’un beau cheval pour retrouver au fond d’un hôtel une bonne famille opulente, ou de sauter à bas d’un carrosse de louage pour grimper deux ou trois étages. — GoncourT, Sœur Philomène, Il ® : Qu'est-ce que c’est, de faire la vilaine?

. Éd. Lacroix, Il, p. 86.

. Éd. Lemerre, p. 152.

Éd. Brunschvicg, VI, p. 347.

Éd. Despois-Mesnard, VI, p. 515.

Éd. Garnier, 1, p. 370.

Éd. Moland, I, p.90.

Éd. Charpentier, p. 310-311.

Éd. Lemerre, p. 27.

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L’INFINITIF APRÈS ÊTRE SUIVI D'UN SUBSTANTIF 199 Le verbe personnel peut être supprimé :

BEAUMARCHAIS, Le mariage de Figaro, V, sc. XIV : : Bien Ja peine de crever un cheval.

Vicny, Stello, XXXVI 2 : Oh! mon Dieu! mon Dieu,

mon Dieu, non! pas la peine de faire attention à ça !

L'infinitif sujet logique peut être précédé de que de ou que sans préposition, lorsque le prédicat nominal est : 1° Un substantif :

MaLHERBE, Traité des bienfaits de Sénèque, V, ch. VII 3: C'est chose que par force il faut faire que de prouver notre utilité. — /b., VI, ch. XXX VI + : C’estla plusinfâme vergogne que sauroit avoir un médecin, que de chercher de la besogne. — 16., VE, ch. XXXI 5 : Cenes! pas un acte généreux que donner et perdre, ou bien perdre et donner: — PascaL, Pensées © : C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts ; mais c’est encore un plus grand mal que d'en étre plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c’est y ajouter encore celui d’une illusion volontaire. — La ROCHEFOUCAULD, Maximes, CXXXIX 7 : C’est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader, que de chercher si fort à se plaire à soi-même, — Mouière, Critique de l’École des femmes, sc. VI 8 : C’est le refuge ordinaire de vous autres, Messieurs les auteurs, dans le mauvais succès de vos ouvrages, que d'accuser l’injustice du siècle, le peu de lumières des courtisans. — Le bourgeois gentilhomme, 1, sc. I ? : Je tiens que, dans tous les beaux-arts, c’est un suppiice assez fâcheux que

. Éd. Lebigre, Il, p. 205.

. Éd. Nelson, p. 241.

. Éd. Lalanne, II, P. 145.

. II, p. 207.

. Il, p. 249.

. Éd. Havet, IL, 8, p. 124.

. Éd. Gilbert, I, p. 88.

. Éd. Despois-Mesnard, p. 53-354 . VIIL p. 47.

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de se produire à des sots, que d'essuver sur Îles compositions la barbarie d'un stupide. — La BRUYERE, Caractères, Du Cœur : Cest foitlesse que Œaimer : c'est souvent une autre foiblesse que de guérir.

VOLTAIRE. Lettre au prince roval de Prusse (octobre 1737): : Puisque vous avez fait à la langue française l'honneur de la savoir si bien, c'est un exceilent moven de la parler avec plus d'énergie que de mettre ses pensées en vers; car c’est l'essence des vers de dire plus et mieux que la prose.

Me DE STAËL, Delphine, HT, lettre XVI 5 : Ah / c'est une existence heureuse que de saivurer ainsi les affections et leur charme; d’en jouir sans éprouver jamais une de ces inconstances du cœur qu’amenent quelquefois les splendeurs éclatantes de la tortune et les dons brillants de la nature. — HuGo, Lettre à Jules Simon (25 juin 1859) +: C’est un grand don, et vous l'avez, que de fortifier l'idée irréfutable par le style entrainant. — Dumas PÈRE, Les trois mousquetaires 5 : C'est pain bénit que de tuer un Anglais. — PRÉVOST, Lettres à Françoise, XXV © : C’est chimère que d'en réver la suppression.

L'emploi de que de se justifie surtout quand l'infinitif est fort éloigné du substantif auquel il se rapporte. 2° Un infinitif :

MaLHERBE, Leltre au roi Louis XIIIT : C’est ne savoir que c’est de perfection, que de croire qu'il y ait rien à désirer. — Les épitres de Sénèque, 8 : Ce nest pas étre pauvre que d'avoir peu, maisbien de désirer davantage que ce qu on 1. — DESCARTES, Discours de la méthode? : C’est véritablement

. Éd. Servois, E, p. 204.

. Éd. Moland, I, p. 187-188.

. Éd. Garnier, p. 297.

. Correspondance, II, p. 222.

. Éd. Nelson, IL, p. 47.

Éd. Lemerre, p. 276.

Éd. Lalanne, I,p. 353.

. II, p. 268.

. Éd. Adam-Tannerv, VI, p. 67.

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donner des batailles, que de tascher à vaincre toutes les difficultez et les erreurs qui nous empeschent de parvenir à la connoissance de la verité, et c’est en perdre une, que de recevoir quelque fausse opinion touchant une matière un peu générale et importante. — PascaL, Lettres provinciales, VIIT : : Car enfin n est-ce pas la violer, et faire tort à son prochain que de luy faire perdre son bien pour en profiter soy-mesme ? — Racine, Leltre à l'abbé Le Vasseur (juin 1661)? : Ce seroit le perdre à crédit que m'amuser à vous faire le détail de tous leurs jeux. — Leitre à J.-B. Racine (12 septembre 1698) 5 : Ceux de mes amis que j'ai consultés m'ont dit que c'éfoit vous rompre le cou, et empécher peut-être votre fortune, que de vous marier si jeune. — Mouière, Le Sicilien, sc. VI + : Ce n’est guère pour avoir le teint frais et les yeux brillants que se lever ainsi dès la pointe du jour. — LA BRUYÈRE, Caractéres, De la société ÿ : C'est créer que de railler ainsi, et faire quelque chose de rien. — Ib., 50. © : C'est pécher contre ce dernier genre, que de s'étendre sur un repas magnifique que l’on vient de faire, devant des gens qui sont réduits à épargner leur pain ; de dire merveilles de sa santé devant des infirmes; d'entretenir de ses richesses, de ses revenus et de ses ameublements, un homme qui n'a ni rentes ni domicile ; en un mot, de parler de son bonheur devant ces misérables. — 1b., Des grands7 : C'est avoir une très mauvaise opinion des hommes, et néanmoins les bien connoître, que de croire dans un grand poste leur imposer par des caresses étudiées, par de longs et stériles embrassements. — 1b., De l'hommeS : C'est se venger contre soi-même, et donner un trop grand avantage à ses ennemis que de leur smputer des choses qui ne sont pas vraies, et de mentir pour les décrier.

. Éd. Brunschvicg, V, p. 148.

. Éd. Mesnard, VI, p. 402.

. VII, p. 278.

. Éd. Despois-Mesnard, VI, p. 245-246.

Éd. Servois, I, p. 215.

Éd. Servois, I, p. 357.

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RoussEAU, La nouvelle Héloïse, V, lettre V' : N'est-ce pas aggraver ses chagrins à pure perte que s'ôter la douceur de les partager avec un ami ?

Mr° DE STAËL, Delphine, I, lettre VI ? : C'est peut-être blesser un peu les convenances que se méler ainsi aux entretiens les plus importants. — LaMARTINE, Histoire des Girondins, XVII, ch. VIN 5 : Était-ce nous défendre que d opposer aux soldats étrangers des forces dont l’infériorité ne laissait pas mème d'incertitude sur leur défaite ?. Ftait-ce nous défendre que d'écarter les projets tendant à fortifier l'intérieur du royaume, ou de faire des préparatifs de résistance pour l’époque où nous serons déjà devenus la proie des tyrans ? Était-ce nous défendre que de ne pas réprimer un général qui violait la constitution, et d’enchainer le courage de ceux qui la servaient ? Étaît-ce nous défendre que de paralyser sans cesse le gouvernement par la désorganisation continuelle du ministère ? — Huco, Les misérables, I, livre II, ch. VI + : Il erra deux jours en liberté dans les champs; si c’est étre libre que d'être traque; de tourner la tête à chaque instant ; de tressaillir au moindre bruit; d’avoir peur de tout, du toit qui fume, de l’homme qui passe, du * chien qui aboiïe, du cheval qui galope, de l'heure qui sonne, du jour parce qu’on voit, de la nuit parce qu'on ne voit pas, de la route, du sentier, du buisson, du sommeil.

On voit que, pour scander la période, l'emploi ‘ que de peut faire un effet heureux.

3° Un pronom ou un adverbe :

MALHERBE, Épitaphes, II 5 : Tu sais ce que c'est que d'ai- | mer. — Les épitres de Sénèque, XNI $ : Ce n'est pas tout quede le savoir. — Ib., XXII 7: Cen est rien que d'être présent pour

. Éd. Garnier, p. 506.

. Éd. Garnier, p. 17.

. Éd.Furne-Coquebert, III, p. 42-43.

. Éd. Lacroix, I, p. 206.

. Éd. Lalanne, I, p. 363.

. IL p. 346.

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la voir. — DEscaRTES, Sixième méditation * : Îl est à propos que j examine en mesme temps ce que c'est que sentir. — CorNEILLE, Mélite, Au lecteur ? : Sije ne les puis imiter en leurs grâces, je les veux du moins imiter en leurs fautes, si c'en est une que de faire imprimer. — M"®° DE SÉVIGXÉ, Leître à M°° de Grignan (8 juillet 1676) 3 : Vous savez parfaitement... ce que c'est pour moi que de vous voir et que de ne pas manger toute ma vie de la merluche. — BossuET, Discours sur l'histoire, IX, ch. VI + : C’étoit assez pour tenir les peuples dans le devoir que de leur montrer seulement dans le voisinage cette milice invincible. — La BRUYÈRE, Caractères, Des esprits forts 5 : Si Dieu avoit donné le choix ou de mourir, ou de toujours vivre ; après avoir médité profondément ce que c'est que de ne voir nulle fin à la pauvreté, à la dépendance, à l’ennui, à la maladie, ou de n'essayer des richesses, de la grandeur, des plaisirs et de la santé, que pour les voir changer inviolablement, et par la révolution des temps, en leurs contraires, et être ainsi le jouet des biens et des maux, l’on ne sauroit guère à quoi se résoudre.

VOLTAIRE, Lettre à M. le marquis d'Albergati Capacelli (1° mai 1761)$ : Figurez-vous ce que c’est que d'avoir à défricher des déserts et à faire bâtir des maisons à l'italienne par des Allobroges, d’avoir à finir l'Histoire du Czar Pierre et d'ajuster un théâtre pour des gens qui se portent bien dans le temps qu’on n’en peut plus.

FLAUBERT, M Bovary,.I, ch. I 7 : Mais ce n était pas tout d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer : il lui fallait une femme. — SCHÈRER, Études critiques 8 : Qu'est-ce d’ailleurs que vivre, si ce n'est se développer. — PRÉVOST, Leltres à

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